Définition : qu’est-ce que le genu varum ?

Le genu varum est une déviation de la jambe vers l’intérieur par rapport à la cuisse : « les deux genoux sont très éloignés lorsque le sujet debout rassemble ses deux jambes en collant ses chevilles. Nous parlons de jambes arquées », précise le spécialiste. La déformation siège dans l’articulation du genou tout comme son inverse : le genu valgum ou « jambes en X ».

Le genu varum est fréquent et normal chez l’enfant en bas-âge (avant 3 ans) : il est dit « physiologique ». Il se corrige avec le temps pour disparaître complètement avant l’adolescence. Si celui-ci ne régresse pas après 3 ans, il convient de rechercher une atteinte du système osseux : « mais dans la majorité des cas, un genu varum persistant même à l’âge adulte est constitutionnel et familial. Il devient pathologique lorsqu’il est associé à des douleurs (arthrose du genou) ou à une gêne à la marche », selon le docteur Lippmann, chirurgien orthopédiste.

Photo : radiographie d'un enfant de 2 ans avec un genu varum 

 Définition : qu’est-ce que le genu varum ?

© Mrich (Michael L. Richardson)- Licence CC BY SS 3.0 : https://creativecommons.org/licenses/by/3.0/

Chiffres : quelle est la fréquence des "jambes arquées "?

À la naissance et jusqu’à 3 ans, le genu varum physiologique est fréquent. «En outre, le genu varum est commun lorsqu’il est constitutionnel ou chez les patients qui ont une arthrose interne du genou : nous l’appelons genou varum d'usure.», ajoute le chirurgien. En dehors de ces cas de figure le genu varum est plus rare.

Mon bébé a un genu varum : dois-je m'inquiéter ? 

Les axes des membres inférieurs se modifient depuis le stade fœtal jusqu’à la fin de la croissance. Jusqu’à l’âge de 2 ans, les enfants ont généralement un genu varum physiologique. Il est lié à une courbure des tibias et favorisé par la position assise ou couchée sur le ventre. Lorsque l’enfant apprend la marche, l’anatomie s’adapte progressivement pour faciliter cette dernière. La déformation régresse par une inversion de l’axe avant 3 ans. « Si le genu varum ne régresse pas après 3 ans, il convient de consulter afin de rechercher une éventuelle pathologie osseuse. Toutefois, la plupart du temps cette particularité morphologique est constitutionnelle et sans gravité », rassure le praticien.

Quels sont les symptômes du genu varum ?

Les symptômes divergent selon que le genu varum est physiologique, constitutionnel ou pathologique.

Les symptômes du genu varum physiologique et constitutionnel

Le genu varum physiologique touche l’enfant de moins de 3 ans. Il se caractérise par un écart supérieur à 0 cm entre les genoux. Il devient constitutionnel s’il persiste à l’âge adulte sans être associé à un trouble osseux. Il est généralement :

  • symétrique et bilatéral ;
  • souvent régressif s’il est physiologique ;
  • associé à une courbure interne des tibias;
  • asymptomatique : sans douleur, ni gêne à la marche.

Les symptômes du genu varum pathologique 

Le genu varum peut être pathologique s’il ne régresse pas (voir s’aggrave) après l’âge de 3 ans et s’il est associé à des douleurs et à une gêne à la marche :

  • l’écart entre les genoux est supérieur ou égal à 3 cm;
  • la déformation peut être très marquée et peut visiblement s’aggraver;
  • il peut être asymétrique et/ou unilatéral;
  • il est accompagné de douleurs et d’une arthrose du genou ;
  • il est associé à une gêne fonctionnelle (lors de la marche notamment).

Quelles sont les causes de ce problème de genoux ?

La recherche de la cause est orientée en fonction du caractère unilatéral ou bilatéral du genu varum.

Les causes du genu varum bilatéral

Dans ce cas, le genu varum peut être d’origine :

- physiologique : il atteint l’enfant de moins de 3 ans et se révèle régressif ;

- constitutionnel : lorsqu’il persiste après 3 ans et jusqu’à l’âge adulte. Il n’est pas accompagné de troubles osseux, de douleurs ou de gêne à la marche.

- pathologique : s’il s’aggrave après 3 ans, s’accompagne de douleurs ou d’une gêne à la marche. Son origine est alors :

  • rachitique : liée à une carence d’apport ou à une mauvaise assimilation de la vitamine D (vitamino-résistance) ;
  • dysplasique : liée à une anomalie du développement des tissus osseux. On distingue : les maladies causées par des anomalies du squelette telles que la maladie de Marfan, l’ostéogenèse imparfaite et les mucopolysaccharidoses ; l es chrondrodysphasies (la maladie des exostoses multiples, l’achondroplasie qui est responsable d’un nanisme important, la dysplasie polyépiphysaire…) ; la maladie de Blount ou « tibia vara » : maladie rare caractérisée par un trouble de la croissance du tibia.
  • liée à une arthrose du genou

Les causes du genu varum unilatéral

Il peut s’agir d’une atteinte bilatérale mais asymétrique avec une atteinte mineure d’un seul côté. Un genu varum strictement unilatéral peut être dû à :

  • une épiphysiodèse tibiale (c’est-à-dire un trouble de la croissance du cartilage) d’origine multifactorielle : un traumatisme (fracture), une infection, une tumeur… ;
  • une maladie cartilagineuse constitutionnelle ;
  • une dysplasie cartilagineuse focale

Quels sont les facteurs de risques ?

Les facteurs de risques du genu varum pathologique sont :

  • le fait d’avoir un proche parent atteint d’un genu varum (facteur génétique) ;
  • des carences nutritionnelles touchant l’enfant en bas-âge (notamment en vitamine D) ;
  • un surpoids : « puisque le surpoids est un facteur de risque d’arthrose du genou et donc de genu varum », selon le chirurgien.
  • une maladie ou une atteinte du système osseux ou cartilagineux (une dysplasie, la maladie de Blount, une épiphysiodèse…) ;

Quelles sont les personnes à risques ?

Les personnes à risques de genu varum sont :

  • les personnes en surpoids ;
  • les personnes ayant eu des carences nutritionnelles importantes pendant la petite enfance (notamment vitamine D) ;
  • les personnes ayant une prédisposition héréditaire ;
  • les personnes touchées pas une maladie du système osseux ou cartilagineux ;
  • un traumatisme susceptible d’interférer dans la croissance des cartilages.

Quelle est la durée du genu varum ?

  • le genu varum physiologique débute à la naissance et régresse pour disparaître aux alentours de 3 ans ;
  • le genu varum constitutionnel est définitif sans aggravation ;
  • le genu varum pathologique s’aggrave au fil des années. Il peut être corrigé grâce à la chirurgie.

Est-il contagieux ?

Le genu varum n’est pas contagieux.

Qui, quand consulter ?

Si vous constatez une aggravation du genu varum, l’apparition de douleurs ou d’une gêne fonctionnelle, il est recommandé d’en parler à votre médecin (ou pédiatre pour un enfant). Un suivi orthopédique pourrait être nécessaire.

Quelles sont les complications du genu varum ?

À terme, un genu varum pathologique peut conduire à une destruction du cartilage provoquant une arthrose du genou (gonarthrose) : « Les deux pathologies sont associées. Le genu varum s’accompagne d’arthrose mais parfois l’arthrose précède l’apparition du genu varum. », explique l’expert.

Quels sont les examens et analyses du genu varum ?

Le diagnostic repose sur un examen clinique par le médecin. Ce dernier mesure :

  • l’angle fémoro-tibial,  c’est-à-dire l’angle entre la cuisse et le tibia ;
  • la distance inter-condylienne, c’est-à-dire la distance qui sépare les genoux.

Le diagnostic est ensuite complété par des examens d’imagerie médicale et éventuellement un dosage de la vitamine D.

Quels sont les traitements du genu varum ?

Le genu varum n’est traité qu’en cas d’aggravation et de douleurs. Les traitements peuvent consister en :  

  • une supplémentation en vitamine D;
  • une intervention orthopédiste consistant à la pose d’un plâtre constitué de deux cruro-pédieux rigidifiés ;
  • une chirurgie appelée ostéotomie qui corrige l’anomalie : « cette intervention ne se pratique que chez l’adulte » ;
  • une désépiphysiodèse : intervention chirurgicale permettant de réduire une épiphysiodèse ;

Le traitement est parfois complété par :

  • des séances de kinésithérapie
  • des équipements orthopédiques (semelles, attelles, prothèses…)
  • un traitement antalgique et anti-inflammatoire en cas de douleurs.

Comment prévenir le genu varum pathologique ?

En cas de maladie osseuse ou de prédisposition génétique, il n’est pas possible de prévenir la survenue du genu varum. Toutefois en l’absence de telles causes, il est possible de prévenir cette affection par :

  • une alimentation suffisamment riche en vitamine D dès la naissance ;
  • une alimentation équilibrée évitant un surpoids chez l’enfant en bas âge.

J’ai de l’arthrose au genou, dois-je craindre un genu varum ?

Réponse du Dr. Stenley Lipmann, chirurgien orthopédiste :

«  L'arthrose du compartiment interne du genou est la plus fréquente. Elle entraîne une usure du cartilage interne ( du fémur et du tibia ) et est à l'origine d'un genu varum d'usure Il est necessaire d’avoir un suivi médical pour éviter les complications. »

 

Sites d’informations et associations

Association française de pédiatrie ambulatoire

Assedea

Société française de chirurgie orthopédique

Sources

Entretien avec le Docteur Stenley Lippmann, chirurgien orthopédiste

Genu varum chez l’enfant : approche diagnostique et thérapeutique, Bennis Mounia, 2017, Maroc

Modulation de la croissance comme solution thérapeutique aux désaxassions du genou chez l’enfant, Dimitri Ceroni and al. (pdf disponible en ligne)