Définition : qu’est-ce qu'une extrasystole ?

L’extrasystole est un trouble du rythme cardiaque qui ne présente généralement aucune gravité. « Il s’agit d’une impulsion électrique qui entraîne une contraction prématurée du cœur », explique le Pr Alain Furber, cardiologue. Dans son mécanisme habituel, le myocarde se contracte à la suite d'un influx électrique qui nait dans une zone particulière, appelée nœud sinusal, et située au niveau de l’oreillette droite. Le flux électrique se propage à l’ensemble du cœur, ce qui déclenche la contraction cardiaque.

Lorsque l’influx électrique nait dans un autre foyer que le nœud sinusal, il se transmet aussi à l’ensemble du myocarde qui effectue alors une contraction supplémentaire : l’extrasystole. Elle peut provenir d’une oreillette, d’un ventricule, ou encore de la jonction entre oreillette et ventricule.

Les différents types d’extrasystoles : auriculaires, ventriculaires et jonctionnelles

On distingue 3 types d’extrasystoles :

  • Les extrasystoles auriculaires, ou atriales, se produisent lorsque le battement surnuméraire du myocarde nait dans une oreillette.
  • Les extrasystoles ventriculaire s prennent naissance dans un ventricule.
  • Les extrasystoles jonctionnelles décrivent les prématurités qui surviennent à la jonction entre les oreillettes et les ventricules.

Chiffres : ces problème de rythme cardiaques sont-ils fréquents ?

Les extrasystoles sont un phénomène banal qui augmente avec l’âge. Les extrasystoles ventriculaires sont les plus fréquentes, quand les extrasystoles jonctionnelles sont rares. Des études ont montré que des extrasystoles ventriculaires pouvaient être retrouvées chez 40 % à 75 % des personnes n’ayant aucun problème cardiaque par ailleurs.

Quels sont les symptômes des extrasystoles ?

Les extrasystoles passent souvent inaperçues et peuvent n'être découvertes qu’à l’occasion d’un électrocardiogramme. Mais elles créent aussi parfois des symptômes désagréables :

  • Des palpitations, avec une impression de battement de cœur dans la gorge.
  • L’impression que le cœur s’arrête, avec une sensation de pause trop longue avant le battement suivant.
  • Un sentiment d’inquiétude, voire d’anxiété ou de panique.
  • Des douleurs dans la poitrine.
  • Une sensation de détresse respiratoire.
  • Des maux d’estomac, des nausées.
  • Des maux de tête.

D'où vient cette impression d'un coup dans la poitrine ?

L'explication du Pr Alain Furber :

« L’extrasystole est parfois suivie d’une pause qui a pour conséquence d’augmenter l'efficacité du remplissage cardiaque. La contraction suivante est donc plus forte, ce qui donne parfois l’impression d’un choc dans la poitrine. »

Les causes des extrasystoles

La grande majorité des extrasystoles se produisent sur un cœur sain, sans qu’aucune raison particulière ne puisse être retrouvée, à part certains facteurs de risques. Lorsque le cœur est malade, par contre, la pathologie du myocarde peut être la cause d’extrasystoles. Il peut s’agir d’une maladie coronarienne, d’une inflammation du muscle cardiaque, d’un défaut valvulaire, ou encore d’une insuffisance cardiaque. Dans certains cas, l’hyperthyroïdie est aussi associée à des extrasystoles.

ECG montrant une extrasystole ventriculaire

ECG montrant une extrasystole ventriculaire

© CC - by User:Brighterorange; original Autor:Kalumet, selbst erstellt, 01.12.2005 - Licence : https://creativecommons.org/licenses/by-sa/3.0/

Quelles sont les conséquences de ces troubles et présentent-ils un danger ?

Lorsqu’elles sont isolées et apparaissent sur un cœur sain, la plupart des extrasystoles n’ont pas d’impact sur la santé. « Avoir beaucoup d’extrasystoles ventriculaires peut cependant entrainer une atteinte de la fonction cardiaque », complète le Pr Furber. « Mais la cardiopathie rythmique reste rare ».

Sur un cœur malade, les extrasystoles ventriculaires présentent aussi un risque de déclencher un trouble du rythme grave pouvant aller jusqu'à l'arrêt cardiaque.

Quels sont les facteurs de risques ?

S’il est difficile d’identifier une cause dans la plupart des cas d’extrasystoles, les facteurs de risques, eux, sont bien connus :

  • La consommation d’alcool, de tabac ou de drogues.
  • La fatigue, due notamment à des problèmes de sommeil.
  • Une consommation très importante de caféine. Si son rôle est controversé, sa suppression peut amener à la disparition des extrasystoles.
  • Un taux de potassium ou de magnésium bas.
  • Une exposition importante aux particules fines a aussi été récemment évoquée.

Quelles sont les personnes à risque ?

Tout le monde peut faire des extrasystoles. Cependant, les personnes âgées et les personnes souffrant d’une pathologie cardiaque, respiratoire ou de la thyroïde, ont plus de risques d’y être sujettes.

Combien de temps dure ce problème cardiaque ?

L’extrasystole en elle-même se produit en une fraction de seconde, et il est possible d'en avoir plusieurs à la suite. Le phénomène peut perdurer tout au long de la vie, le plus souvent sans symptôme ou presque.

Est-ce contagieux ?

Les extrasystoles n’ont rien à voir avec une pathologie virale ou bactérienne, elles ne sont donc pas contagieuses.

Qui, quand consulter ?

Il vaut mieux consulter son médecin dès que l’on ressent des palpitations ou une sensation désagréable au niveau du cœur, afin d’éliminer tout risque de pathologie cardiaque sous-jacente. Celui-ci redirigera son patient vers un cardiologue pour effectuer les examens nécessaires à la pose du diagnostic.

Quelles sont les complications ?

Chez une personne sans atteinte cardiaque, les extrasystoles sont bénignes. Elles ne présentent le plus souvent aucun risque et n’ont aucune conséquence si elles demeurent des épisodes isolés. Elles peuvent altérer la fonction cardiaque dans de rares cas si elles se répètent trop souvent, mais elles sont surtout responsables de complications cardiaques chez les personnes déjà atteintes d’une maladie cardiaque ou coronarienne.

Quels sont les examens et les analyses à pratiquer ?

Plusieurs examens sont pratiqués par le cardiologue pour poser et préciser le diagnostic :

L’électrocardiogramme (ECG)

Il permet de repérer les extrasystoles, à condition qu’il s’en produise au moment où il est pratiqué. L’ECG donne la possibilité de définir s’il s’agit d’extrasystoles auriculaires ou ventriculaires, et de vérifier la présence ou non d’une pathologie cardiaque sous-jacente.

L’examen Holter

Il est pratiqué si les extrasystoles étaient absentes au moment de l’ECG. Il s’agit d’un électrocardiogramme en continu, qui enregistre les battements cardiaques pendant 24h à 48h. Le patient porte des électrodes posées sur sa poitrine et reliées à un enregistreur portable. Le Holter offre un état des lieux des extrasystoles : leur nombre, leur importance, et la présence éventuelle d’arythmie.

L’échographie cardiaque

Elle peut être proposée pour compléter le diagnostic et détecter la présence ou non d’une pathologie cardiaque.

L’épreuve d’effort

Elle vient compléter les autres examens pour s’assurer que le cœur est en bonne santé, et que les extrasystoles ne sont pas le symptôme d’une affection plus grave.

Quel est le traitement des extrasystoles ?

La prise en charge des extrasystoles dépend des symptômes et de la présence d’une atteinte cardiaque sous-jacente.

Le traitement des extrasystoles sans complication

Les extrasystoles qui se produisent sporadiquement chez des personnes en bonne santé ne nécessitent pas d’autre prise en charge que la suppression des éléments favorisants, comme le tabac, l'alcool ou le stress. Une surveillance régulière reste nécessaire, surtout si la personne présente des facteurs de risques cardiovasculaires par ailleurs, comme un diabète, une obésité ou un taux de cholestérol problématique.

Comment diminuer les extrasystoles ?

La réponse du Pr Alain Furber :

« On peut réduire les extrasystoles en essayant de bien dormir, d’éviter les excitants, d’arrêter de fumer, mais aussi par l’activité physique, qui semble avoir un réel impact positif. »

La prise en charge des extrasystoles fréquentes et gênantes

Le cardiologue peut proposer la prise de médicaments si le patient ressent une gêne importante. Les bêta-bloquants sont prescrits en première intention. Ils limitent les troubles du rythme cardiaque et les manifestations de l’anxiété.

D’autres molécules contre l’arythmie peuvent être envisagées, mais avec précaution car l’un de leurs effets secondaires possibles est justement de provoquer des troubles du rythme.

La prise en charge des extrasystoles persistantes

L’ablation des foyers cardiaques responsables des extrasystoles peut être envisagée lorsque les symptômes sont problématiques et persistants, malgré les traitements médicamenteux.

La destruction de ces foyers d’irritation peut être pratiquée par une application de chaleur, grâce à l’utilisation de la radiofréquence, de froid, avec la cryoablation, ou via l’introduction d’un cathéter.

Un défibrillateur peut enfin parfois être implanté lorsqu’il existe, dans certaines cardiopathies, un risque de tachycardie ou de fibrillation ventriculaire.

Peut-on prévenir les extrasystoles ?

La meilleure façon de réduire les risques d’extrasystoles reste de supprimer les facteurs favorisant, en arrêtant de fumer et en adoptant un mode de vie sain qui fait la part belle à l’exercice physique.

Sites d’informations et associations

Sources

Extrasystoles supra-auriculaires et ventriculaires,  SWISS MEDICAL FORUM – FORUM MÉDICAL SUISSE www.medicalforum.ch/docs/smf/2017/09/fr/fms-02870.pdf