Infarctus du myocarde

Infarctus du myocarde : Définition

Le myocarde, le muscle du cœur, est une sorte de pompe qui active la circulation du sang dans l'organisme. Lorsqu'une artère coronaire (qui irrigue ce muscle) est obstruée, les cellules du myocarde privées d’oxygène meurent.

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Deux phénomènes peuvent s'observer:

- Soit l'interruption du courant sanguin est brève et c'est l'angine de poitrine qui se manifeste par une douleur fugace au niveau du coeur. C'est un véritable signal d'alarme.

- Soit l'interruption est totale et durable et c'est l'infarctus du myocarde, qui se traduit par la mort définitive d'une partie plus ou moins étendue du muscle cardiaque privée d'oxygène. Si celle-ci est étendue, le fonctionnement de la pompe cardiaque ne se fait plus correctement et il en résulte une insuffisance cardiaque, avec des contractions du coeur anormales ou anarchiques.

L'infarctus du myocarde touche plus souvent les seniors et concernent chaque année près de 120 000 Français, dont plus d'un tiers en décèdent. Il représente la deuxième cause de décès en France, devant les cancers (la première pour les femmes). Il touche généralement les personnes entre 40 et 60 ans, et plus les hommes que les femmes.

C'est une urgence médicale.

Infarctus du myocarde : Causes

Tous les organes ont besoin de sang oxygéné pour assurer leurs fonctions. Le myocarde, le muscle qui forme la paroi du coeur, ne fait pas exception. Ce sont les artères coronaires qui le vascularisent.

Parfois, des dépôts graisseux à base de cholestérol se forment sur la paroi interne de ces artères, et réduisent leur diamètre et leur capacité de véhiculer le sang vers le coeur. On parle de plaques d'athérosclérose. Lorsqu'une de ces plaques se décroche, le sang forme alors un caillot qui peut bloquer partiellement ou complètement le débit sanguin. Si l'obstruction est importante, les cellules du myocarde commencent à mourir, détruisant définitivement une partie du muscle cardiaque.

Les facteurs favorisants ces dépôts graisseux sont connus: l'hypertension artérielle qui fragilise le système artériel, entraîne ou aggrave l'athérosclérose, le tabac, le diabète, l'obésité, l'hypercholestérolémie (taux de cholestérol supérieur à 2,40g dans le sang), le stress, l'hérédité, l'hypothyroïdie, la sédentarité, la contraception orale...

D'autres causes plus rares peuvent être à l'origine de l'infarctus du myocarde. On retrouve un exercice sportif violent, l'embolie coronarienne (migration d'un caillot de sang formé dans une autre partie du corps et véhiculé par le sang), une électrocution, une polyglobulie (un excès de globules rouges dans le sang)...

Infarctus du myocarde : Symptomes

La majorité des victimes d'un infarctus du myocarde ressentent certains symptômes avant la crise. Le signe le plus fréquent et le plus caractéristique est une douleur thoracique qui survient lorsque le muscle cardiaque ne reçoit pas suffisamment d'oxygène. Si la douleur ne dure pas, il s'agit d'une angine de poitrine qui doit inciter à une consultation médicale rapidement. Si la douleur persiste, une douleur qui serre, brûle ou écrase, c'est l'infarctus du myocarde. On retrouve aussi des signes comme une grande fatigue, un essoufflement, une anxiété (la personne a l'impression qu'elle va mourir), une sudation, une sensation d'oppression thoracique. La douleur thoracique peut gagner le dos, la mâchoire, l'épaule et le bras (surtout le bras gauche) et dure, plus de 15 à 20 minutes. Les battements de coeur peuvent s'accélérer et devenir irréguliers (arythmie). On peut également observer des nausées et des vomissements, des modifications temporaires de la vision.

Infarctus du myocarde : Prévention

La prévention consiste à freiner les facteurs de risque comme le tabagisme, l'obésité, un taux de cholestérol élevé et une mauvaise alimentation trop riche en graisses. Le traitement de l'hypertension artérielle et d'un diabète est indispensable.

Une activité physique modérée (cyclisme, marche...) est conseillée. Pour les personnes anxieuses et stressées, la pratique d'une activité de relaxation (yoga...) et le fait de dormir suffisamment peut prévenir sa survenue.

Infarctus du myocarde : Examens

En urgence, le médecin prend la tension, ausculte le cœur et surtout réalise un électrocardiogramme. C’est de son résultat que dépend la suite des évènements…

Il s'agit d'un examen où des électrodes sont attachées sur le thorax. Les signaux électriques émis par le coeur sont enregistrés et donnent un tracé qui permet de compléter le diagnostic.

Une analyse de sang est demandée qui révèle notamment en cas d'infarctus la présence d'une protéine libérée lorsque des cellules cardiaques meurent. Une coronographie permet de confirmer le diagnostic et de rechercher d'éventuelles complications. Cet examen radiologique sous anesthésie locale (on introduit dans l'artère fémorale au niveau de l'aine une petite sonde que l'on pousse jusqu'aux artères coronaires. Un produit de contraste est ensuite injecté par la sonde) permet de voir les artères coronaires et de fournir un bilan de leur état. D'autres examens complémentaires comme une échographie cardiaque permettent d'évaluer la taille du coeur et le retentissement de l'infarctus sur la fonction cardiaque.

Infarctus du myocarde : Traitements

Il s'agit d'une urgence médicale. Toute personne qui éprouve des symptômes évocateurs d'un infarctus du myocarde devrait appeler le Samu (15) sans délai (et non pas son médecin habituel).

Le premier objectif du traitement est d'obtenir le plus rapidement possible le retour du sang dans l'artère coronaire bouchée. Deux techniques sont utilisées, selon le délai possible de réalisation (pour atteindre les structures hospitalières ad hoc): l'administration de thrombolytiques (dans le véhicule d’urgence) en injectant une substance qui vise à détruire le caillot ou l'angioplastie (à l’hôpital) qui consiste à introduire une sonde à ballonnet dans la coronaire afin de la dilater manuellement, sonde qui est assortie d’un stent, une sorte de ressort que l'on place à l'intérieur de la coronaire pour qu'elle conserve un calibre normal.

D'autres médicaments sont utilisés comme les anticoagulants pour fluidifier le sang, les béta-bloquants qui réduisent la tension artérielle, etc.

L'urgence passée, une surveillance médicale et régulière, l'adoption d'une meilleure hygiène de vie, et la reprise d'une activité physique modérée dans un centre de rééducation spécialisée pour se réadapter à l'effort, sont mises en place. Il est souvent nécessaire d'effectuer un séjour en maison de repos.

Les traitements à long terme sont à base de médicaments améliorant l'irrigation et l'oxygénation et diminuant la fatigue du coeur.

Infarctus du myocarde : Evolution

L'évolution est plus ou moins favorable en fonction des antécédents (s'il y a déjà eu un infarctus du myocarde), de l'âge, de la rapidité de la prise en charge médicale... Si le muscle cardiaque est trop atteint (la zone nécrosée est supérieure à 40% du muscle), l'évolution est la plus souvent fatale. Les complications sont aussi nombreuses comme une insuffisance cardiaque, un anévrisme ventriculaire qui peut se constituer quelques semaines après l'infarctus et provoquer des troubles du rythme, des embolies, une insuffisance cardiaque, des lésions d'une valve...

Après un infarctus, certaines personnes souffrent de dépression, d'anxiété. Des programmes de réadaptation ou un suivi psychologique peut aider à retrouver une vie normale.

Infarctus du myocarde : Sources

Vulgaris medical

Société française de cardiologie

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