Advil®, Nurofen® : l’ibuprofène pourrait rendre impuissant les hommes

Une étude française épingle une nouvelle fois les effets indésirables de la prise soutenue d'ibuprofène. Selon les chercheurs de l'Inserm, la substance présente dans de nombreux anti-inflammatoires entraînerait un déséquilibre hormonal chez les hommes jeunes avec à la clé les mêmes symptômes qu'une andropause.

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© Adobe StockIl est vendu sans ordonnance comme molécule active de nombreux médicaments* recommandés contre le rhume ou le mal de dos mais prenez garde à l'ibuprofène. Outre les dégâts qu'il peut causer à l'estomac, il pourrait aussi être préjudiciable à la santé sexuelle des hommes. Dans une étude menée par des chercheurs de l'Inserm, on apprend que "la prise soutenue d’ibuprofène induit chez de jeunes hommes sportifs un déséquilibre hormonal habituellement rencontré chez l’homme âgé et appelé « hypogonadisme compensé »". Cela à cause des "effets négatifs de l’ibuprofène sur la production de testostérone, et sur la production de deux autres hormones testiculaires" précisent les auteurs dans un communiqué du 8 janvier 2018.

Aidé des scientifiques du CHU de Rennes, de David Moberg Kristensen au Danemark et de chercheurs du LABERCA de Nantes, les auteurs ont mené un essai clinique impliquant 31 hommes volontaires sportifs âgés de 18 à 35 ans dont la moitié a pris de l’ibuprofène, analysé des cultures de fragments de testicules humains exposés à l’ibuprofène et des cultures d’une lignée immortalisée de cellules humaines.

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Des effets similaires aux perturbateurs endocriniens

Ils ont alors constaté que la prise de 1200 mg/jour d'ibuprofène pendant 6 semaines agissait comme des perturbateurs endocriniens. En détails :

- lorsque les hommes ont été exposés à l’ibuprofène, les niveaux d’hormone hypophysaire appelée l’hormone lutéinisante (LH) s’élèvent fortement, cette hormone jouant un rôle clé dans le contrôle de la production de testostérone.

- des effets directs sur la production de testostérone ont pu être mis en avant.

- la production des prostaglandines testiculaires est bloquée par l’ibuprofène lors des tests menés ex vivo et in vitro.

"Des conclusions à prendre au sérieux"

L'état d'hypogonadisme traduit un défaut de fonctionnement des testicules et entraîne une sécrétion anormalement faible de testostérone. Il se caractérise entre autres par unebaisse de la libido, des troubles de l'érection, une diminution des facultés physiques, une modification de l'humeur. Chez l'homme de plus de 50 ans, cet état est associé à l'andropause ou "déficiti androgénique lié à l'âge". L'association Urofrance rappelle que "d'une manière générale, la testostéronémie moyenne diminue après l'âge de 50 ans à un taux d'environ 1% par an". Le problème c'est que l'ibuprofène pourrait entraîner une sorte d'andropause précoce chez les hommes qui en prenent trop. Pour Bernard Jégou, directeur de recherche à l’Inserm et directeur de la recherche de l’école des hautes études en santé publique, qui est le coordinateur de cette étude, ainsi que pour Christèle Desdoits-Lethimonier, ingénieure de recherche de l’université de Rennes 1, qui est co-première auteure, les conclusions de ce travail sont à prendre au sérieux : "Il existe des sous-populations d’hommes qui prennent de façon continue de l’ibuprofène, notamment des hommes ne souffrant d’aucune maladie chronique comme des athlètes de haut niveau. Si cet état d’hypogonadisme compensé s’installe, le risque pour eux est d’accroître les risques déjà liés à ce médicament, mais aussi d’altérer leur condition physique (muscles et os), d’hypothéquer leur santé reproductive et même psychologique."

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*Par exemple : Advil®, Antarene®, Nureflex®, Intralgis®, Nurofen®, Rhinadvil®, Spifen®, Spedifen®, Rhinureflex®.

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