Hépatite B

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Pourquoi se faire vacciner ?

L’hépatite B est une maladie inflammatoire du foie causée par un virus très contagieux qui se transmet par voie sexuelle et sanguine (comme le sida), mais aussi probablement par la salive. C’est une maladie grave qui peut conduire à la cirrhose et au cancer du foie.

L’hépatite B constitue un des principaux problèmes de santé publique dans le monde.

Plus de deux milliards de sujets vivants aujourd’hui sont ou ont été infectés par le virus de l’hépatite B (1).

Chaque année, plus de 4 millions de cas d’hépatite B aiguë sont recensés dans le monde (1). On dénombre à l’heure actuelle près de 350 millions (5% de la population mondiale) de porteurs chroniques du virus de l’hépatite B (1,2) et 1 million de morts par an (1,3).
Prévalence du portage de l’Ag HBs dans le monde en 1997
(d’après l’OMS)

Zones d'endémie Taux de portage de l'Ag HBs

Forte

> 8%

Moyenne

2-7%

Faible

Le virus de l’hépatite B constitue la deuxième cause identifiée de décès par cancer après le tabac (1).

Le virus est retrouvé dans la plupart des liquides biologiques des personnes infectées. On le retrouve en particulier en quantités importantes dans le sang et les sécrétions sexuelles (sperme, sécrétions vaginales) et en moindre quantité dans la salive (4).

On peut être contaminé : (4)

Lors de relations sexuelles avec une personne infectée par le virus de l’hépatite B. L’hépatite B est une maladie sexuellement transmissible (MST). C’est le mode de contamination le plus fréquent dans notre pays.

Par contact à travers la peau avec le sang d’une personne contaminée :
- piqûre accidentelle avec une seringue souillée,
- partage de seringue, d’aiguilles, de rasoir, de brosse à dent,
- tatouage, percing...

- Par contact direct du sang infecté sur une muqueuse : éclaboussure de sang sur l’oeil ou les muqueuses du nez ou de la bouche par exemple.

- Par transfusion de sang ou de dérivés sanguins. Ce risque est quasiment nul en France. Un risque persiste néanmoins dans les pays où les produits sanguins ne sont pas encore contrôlés (3).

- Par contact physique intime. Même en l’absence de rapports sexuels, les contacts avec un porteur du virus de l’hépatite B constituent un risque de transmission. Le rôle de la salive, des excoriations cutanées, de l’échange d’objets personnels (rasoir, brosse à dent, linge de toilette ...) a été évoqué.

Enfin, les femmes enceintes infectées par le virus peuvent le transmettre à leur enfant à la naissance. Dans la majorité des cas la contamination a lieu au moment de l’accouchement par contact direct avec le sang maternel (3).

Le risque de contamination est très élevé :

Comparativement, le risque de contamination par le VHB à la suite d’une exposition au sang est 10 fois supérieur à celui du virus de l’hépatite C (VHC) et 100 fois supérieur à celui du virus du sida (VIH) (30 % pour le VHB, 3 % pour le VHC et 0,3 % pour le VIH) (4).

De même, le risque de contamination par voie sexuelle peut varier de 30 % à 80 % pour le VHB, contre 0,1 % à 10 % pour le VIH (4).

Le voyageur se trouve exposé de façon non négligeable à cette maladie, surtout lorsqu’il séjourne de manière répétée et/ou prolongée dans un pays de forte endémicité

Les modes de contamination peuvent être variés :

contamination accidentelle, consécutive à une blessure ou une piqûre,

contamination au décours de soins (petite chirurgie, transfusions) ou de pratiques particulières (tatouages ...)

contamination par voie sexuelle
contamination par contacts rapprochés avec la population locale.

D’après une étude de Steffen (9), par mois de séjour, le risque de développer une hépatite B symptomatique est d’environ 1/2 500 pour un sujet séjournant dans un pays de forte endémicité.

Il s’écoule en moyenne 10 semaines entre la pénétration du virus dans l’organisme et le début des symptômes (5,6).

Chez 1/3 des personnes contaminées la maladie passe complètement inaperçue,

Chez un autre 1/3 elle prend l’aspect d’une grippe (fatigue, perte de l’appétit, fièvre, maux de tête, douleurs musculaires et articulaires) parfois accompagnée de troubles digestifs (naussées, vomissements,douleurs abdominales et quelque fois diarrhée). Elle est alors rarement diagnostiquée comme une hépatite B.
Le dernier 1/3 enfin, présente une hépatite virale typique dont la sévérité dépend de l’étendue de la destruction des cellules du foie : après un début d’allure grippale, l’hépatite virale se caractérise par l’apparition graduelle d’une jaunisse (peau et blanc de yeux jaunes) parfois accompagnée de fièvre. Les urines sont foncées, les selles décolorées. La perte de l’appétit et la fatigue s’intensifient au fur et à mesure que la jaunisse progresse (3,5). Il n’existe pas de traitement de l’hépatite B aiguë.

Dans moins de 1% des cas l’hépatite B aiguë est gravissime et met en jeu la vie du patient (hépatite fulminante). La transplantation hépatique est alors le seul recours.

La plupart des adultes guérissent spontanément. Mais 5 à 10% d’entre eux et 90% des bébés qui rencontrent le virus de l’hépatite B vont demeurer porteur de ce virus pendant toute leur vie (on les appelle porteurs chroniques) et risqueront de développer une cirrhose ou un cancer du foie (3).

Qui doit se faire vacciner ?

Actuellement, en France, l’objectif principal de la vaccination contre l’hépatite B en dehors des groupes à risque est de réduire l’incidence de l’infection dans les prochaines années. La stratégie vaccinale adoptée consiste en la vaccination des nourrissons et un rattrapage pendant 10 ans de la vaccination chez les préadolescents (7). Ce programme devrait entraîner une diminution de 90% de l’incidence de la maladie dans les vingt années à venir et, à long terme, son éradication (8).
Chez l’adulte, la vaccination est réservé aux personnes appartenant à un groupe à risque. Les voyageurs à destination de pays de moyenne ou de forte endémie sont considérés comme un groupe à risque pour lequel la prévention vaccinale anti-hépatite B est recommandée, particulièrement en cas de séjours fréquents ou prolongés, ou d’activités exposant à un risque de contamination par le virus de l’hépatite B (10).
Le risque doit être évalué au cas par cas par le médecin vaccinateur en fonction de la durée et des conditions du voyage, du type d’activités et d’éventuels risques iatrogènes.

En attendant que tout le monde soit protégé grâce à la vaccination systématique des nourrissons et adolescents, il est recommandé aujourd’hui que les voyageurs non protégés (n’ayant jamais été infectés par le VHB ou n’ayant pas bénéficié de la vaccination contre l’hépatite B),

Se rendant à destination de pays de moyenne ou de forte endémie (essentiellement l’Afrique sub-saharienne, l’Asie, certains pays de l’Amérique centrale et du nord de l’Amérique du Sud),

Pour des séjours fréquents ou prolongés,
Ou en cas de comportement ou d’activités exposant à un risque de contamination par le virus de l’hépatite B,
Soient en l’absence de contre-indications, dûment vaccinés contre l’hépatite B.

Qui ne doit pas se faire vacciner ?

La vaccination est contre-indiquée en cas :

d’infections fébriles sévères

d’hypersensibilité connue à l’un des constituants du vaccin ou réaction allergique apparue après une injection antérieure du vaccin.

Une controverse sévit dans notre pays autour d’une association éventuelle entre la vaccination contre l’hépatite B et la sclérose en plaques. Les journaux et la télévision ont parlé que le risque d’une vaccination contre l’hépatite B entraîne des complications graves, comme une sclérose en plaques. Que peut-on en penser ?

Pour résumer : en l’état actuel des connaissances scientifiques, aucune étude française ou internationale ne démontre la réalité de ce risque. L’examen des effets indésirables de la vaccination contre l’hépatite B qui se répartissent sur plus de quinze années, n’a pas permis d’établir à ce jour un lien de causalité entre la vaccination contre l’hépatite B et la sclérose en plaques.
Néanmoins, la surveillance se poursuit et les autorités de santé demeurent vigilantes.
Le Secrétariat d’Etat à la Santé rappelle que l’information médicale "objective" préalable du sujet à vacciner, par le médecin, qui reste maître de l’indication, est une nécessité.
Voici quelques liens pour "éclairer" le lecteur :

Vaccination contre l’hépatite B : réponses aux questions les plus fréquentes - Dr. Claire-Anne Siegrist, Centre O.M.S. de Vaccinologie et d’Immunologie Néonatale, Université de Genève - Cet article paru dans la revue "Médecine et Hygiène" du 2 septembre 1998 répond avec des termes simples et précis aux principales questions que nous nous posons sur l’inocuité de la vaccination contre l’hépatite B :

Qu’est-ce que la sclérose en plaques ?

Qu’est-ce qui cause la sclérose en plaques ?

Est-il vrai qu’il y a en France des centaines de personnes avec une sclérose en plaques qui ont été vaccinées contre l’hépatite B ?

Est-il donc vrai que la vaccination contre l’hépatite B augmente le risque d’avoir une sclérose en plaques ?

Pourquoi des médecins français ont-ils demandé à ce que les campagnes de vaccination contre l’hépatite B soit arrêtées ?

Mais est-il vrai que la vaccination contre l’hépatite B peut parfois déclencher une poussée de sclérose en plaques ?

Il parait pourtant qu’un tribunal a donné raison à 2 patientes et condamné un producteur de vaccin à leur payer des indemnités !

Il y a un cas de sclérose en plaques dans ma famille : est-ce que je devrais ne pas me faire vacciner contre l’hépatite B ?

Est-il vrai qu’il y a un test qui permet de dire si quelqu’un a un risque génétique élevé de SEP, mais qu’il n’est pas utilisé parce qu’il est trop cher ?

S’il n’y a aucun risque, pourquoi accuse-t-on le vaccin contre l’hépatite B plus que les autres vaccins ?

Si la vaccination contre l’hépatite B n’augmente pas le risque de sclérose en plaques, pourquoi les médecins et scientifiques n’en apportent-ils pas la preuve définitive ?

Faut-il attendre le résultats des études en cours pour se faire vacciner ou faire vacciner ses enfants adolescents ?

Point sur la vaccination contre l’hépatite B - sur le site internet du Ministère de l’emploi et de la solidarité. Vous trouverez ici, présentées sous forme de cinq questions quelques données pratiques concernant la vaccination contre l’hépatite B. Les communiqués de presse du Secrétariat d’état à la santé et à l’action sociale complètent ces informations.

L’avis de l’Organisation Mondiale de la Santé : La suspension de la vaccination contre l’hépatite B ne se justifie pas sur le plan scientifique, communiqué de presse du 2 octobre 1998 de l’OMS.

Il convient de rappeler que toute stimulation immunitaire comportant le risque d’induire une poussée chez les patients atteints de sclérose en plaques, il est recommandé de faire avec prudence toute vaccination, y compris celle contre l’hépatite B, chez les patients qui ont déjà eu une poussée de sclérose en plaques. Le bénéfice de la vaccination devra être évalué chez ces personnes en fonction des risques d’exposition au virus et du risque encouru.

Comment se faire vacciner ?

Le schéma recommandé est un schéma à 3 injections (0,1,6 mois) : deux injections à au moins un mois d’intervalle suivies d’une troisième à six mois (7) (10).

Un schéma incluant 3 doses rapprochées et une quatrième dose un an plus tard : schéma à 4 injections (0,1,2,12 mois), peut être proposé lorsqu’une immunité doit être rapidement acquise (étudiants des filières médicales et para-médicales non vaccinés, départ imminent pour un séjour prolongé en zone de moyenne ou de forte endémie (7) (10)
Un rappel n’est pas nécessaire sauf cas particulier (7) (10).

A partir de quand suis-je protégé ?

L’immunité apparaît 1 à 2 mois après la troisième injection.

Références

  1. L’hépatite B. Vaccins et vaccination : la situation mondiale. OMS-UNICEF, Genève 1996 :80-6.
  2. D.G.S. Comité technique des vaccinations. Hépatite B. Dans : Guide des vaccinations Edition 1995 : 106-13.
  3. Grosheide P, Van Damme P. Prevention and control of hepatitis B in the community. Communicable Disease Series, n°1 WHO-VHPB. 1996.
  4. Hépatite B. Dépistage, prévention . Expertise collective INSERM Les éditions INSERM 1997 ;13-5.
  5. Marcellin P. Histoire naturelle et traitement de l’hépatite virale B. Dans : Trépo C., Valla D. Hépatites virales. Progrès en hépato-gastroentérologie 9. Editions Doin 1993:33-49.
  6. APPIT. 83 Hépatites virales. In : Maladies infectieuses, ed. E. PILLY. Montmorency : 2M2 ; 1996 :378-389.
  7. Avis du Comité Technique des vaccinations et du Conseil Supérieur d’Hygiène Publique de France, séances du 17 et du 23 juin 1998.
  8. Margolis H, Alter M, Krugman S. Strategies for controlling hepatitis B in the United States. In : Hollinger FB, Lemon SM, Margolis H (ed) Viral Hepatitis and disease. Baltimore : William and Wilkins, 1991:720-4
  9. Steffen R. Imported hepatitis. Travel Med Int 1989 ;7(1):3-8.
  10. Avis du Conseil Supérieur d’Hygiène Publique de France (section des maladies transmissibles) du 16 avril 1999. Calendrier vaccinal 1999

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