5 médicaments qui peuvent vous donner du psoriasisAdobe Stock
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Comment un médicament peut-il entraîner du psoriasis ?

Certaines substances médicamenteuses peuvent générer le processus cellulaire conduisant au psoriasis.

"Ces substances vont entraîner une multiplication plus importante que la normale de certaines cellules de la peau. Cette multiplication excessive est à l’origine d’un déséquilibre cutané et un psoriasis va pouvoir apparaître sous forme d’une plaque grandissante de peau rouge qui s’épaissit puis qui desquame", nous explique Martial Fraysse, docteur en pharmacie.

Qui est concerné ? "Le psoriasis peut apparaitre comme effet secondaire d’un médicament même chez quelqu’un qui n’a jamais eu de psoriasis ou qui n’a eu que des légères poussées de psoriasis dans le passé", précise le pharmacien. "Cet effet secondaire peut survenir même à de faibles doses thérapeutiques, mais après une durée de traitement relativement longue, de l’ordre de 20 à 48 semaines", ajoute-t-il.

Les bêtabloquants, médicaments contre l'hypertension

Le psoriasis est un effet secondaire connu des bêtabloquants, des médicaments prescrits contre l’hypertension. "C’est surtout le timolol utilisé pour traiter le glaucome (hypertension oculaire) qui est suspecté", précise le docteur en pharmacie.

Que faire ? "En cas d’apparition de psoriasis sous bêtabloquant, il faudra remplacer le médicament concerné par un autre traitement antihypertenseur", dévoile Martial Fraysse. Il pourra par exemple s’agir de traitements diurétiques, d’inhibiteurs calciques ou encore d’inhibiteurs de l’enzyme de conversion.

Le lithium, médicament contre la bipolarité

Le lithium est un régulateur d’humeur prescrit notamment contre les troubles bipolaires.

Que faire ? "En cas de poussée de psoriasis sous lithium, il faudra évaluer la lithiémie du patient pour vérifier son bon usage, il est possible d'ajouter de l'inositol qui semble donner de bons résultats pour contrôler la poussée. En cas d'échec, il faudra orienter le patient vers un autre traitement moins délétère pour normaliser les humeurs", détaille Martial Fraysse.

Des anti-inflammatoires non stéroïdiens

Les anti-inflammatoires non stéroïdiens (AINS) sont à la fois des traitements du psoriasis et des facteurs de risque de cette maladie de peau. Certains d’entre eux peuvent créer des réactions inflammatoires à l’origine de poussées psoriasiques. Dans ce cas, il faudra s’orienter vers un autre AINS.

Les immunodépresseurs, médicaments utilisés contre le psoriasis

Le psoriasis est répertorié comme effet secondaire de certains médicaments immunodépresseurs, notamment les anti-TNF alpha, comme le rappelle la revue médicale Prescrire.

"Ce type de traitement est utilisé contre le psoriasis lui-même ; il est donc difficile dans ce cas de savoir si le psoriasis est dû au médicament ou non", relève Martial Fraysse. Les anti-TNF alpha sont également prescrits contre la polyarthrite rhumatoïde, la spondylarthrite ankylosante ou encore la maladie de Crohn.

Chloroquine et Plaquenil, des médicaments contre le paludisme

La chloroquine et le plaquenil sont des traitements antipaludéens susceptibles de provoquer une poussée de psoriasis "mais dont l’implication n’est pas encore prouvée", tempère Martial Fraysse.

"Ces substances ne sont plus beaucoup prescrites de nos jours dans la prévention du paludisme, mais si vous savez que vous avez une susceptibilité ou que vous avez déjà eu des poussées de psoriasis, mieux vaut tout de même prévenir le médecin à qui vous demandez un traitement antipaludéen en cas de voyage dans une zone tropicale", conseille le docteur en pharmacie.

Apparition d’un psoriasis : que faire ?

"Si vous observez une poussée de psoriasis - souvent au niveau des coudes ou des mains -, la première chose à faire est de vérifier qu’elle est bien liée au traitement que vous prenez", précise Martial Fraysse. "Pour cela, déclarez l’effet secondaire en pharmacovigilance pour voir s’il existe d’autres cas répertoriés. Vous pouvez réaliser cette démarche seul.e en ligne sur le site signalement-sante.gouv.fr ou en vous rapprochant de votre médecin ou de votre pharmacien", poursuit le docteur en pharmacie.

Et après ? "Votre médecin prescripteur vous aidera ensuite à trouver une solution thérapeutique équivalente" dévoile le spécialiste. "Si le psoriasis est un effet secondaire qui n’apparait que par période, et qu’un simple traitement local sous forme de crème permet de nettes améliorations, vous pouvez discuter avec lui la poursuite de votre traitement. Mais si les poussées sont graves, il faut réagir et trouver une alternative médicamenteuse", affirme-t-il.

Car, "de manière générale, il ne faut pas continuer à prendre un traitement qui occasionne des effets secondaires, mais la décision d'arrêt doit toujours être prise avec le médecin, jamais seul.e", rappelle enfin le pharmacien.

Sources

Merci à Martial Fraysse, docteur en pharmacie.
Dictionnaire Vidal – Base de données des prescripteurs libéraux
Revue médicale indépendante Prescrire 

Vidéo : Psoriasis : les signes pour le reconnaître