Allaitement : le Parlodel, c'est fini !

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Médicament autorisé pour stopper la lactation après l'accouchement ou l'arrêter après un allaitement, la bromocriptine (Parlodel® et Bromocriptine Zentiva®) ne doit plus être prescrit dans cette indication, selon une décision publiée par l'Agence du médicament le 25 juillet.

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allaitement parlodel© Fotolia Beaucoup de femmes se sont vus prescrire de la bromocriptine pour prévenir ou arrêter la lactation. Or, aujourd'hui, ce médicament est associé à un trop grand nombre d'effets indésirables graves pour continuer d'être utilisé dans cette indication. Dans un communiqué du 25 juillet 2013, l'Agence du médicament annonce cette décision estimant "que le rapport bénéfice/risque de ces médicaments n'est plus favorable".

Des conséquences trop graves

Comme l'explique l'Agence du médicament, "l’utilisation de la bromocriptine a été associée à la survenue d’effets indésirables rares mais parfois graves, cardiovasculaires (notamment accident vasculaire cérébral, infarctus du myocarde et hypertension artérielle), neurologiques (principalement convulsions) et psychiatriques (hallucinations, confusion mentale), chez des femmes prenant ces médicaments pour prévenir ou interrompre la montée laiteuse après un accouchement ou une interruption de grossesse". Ces effets indésirables sont connus et mentionnés dans le résumé des caractéristiques du produit (RCP) depuis 1994 en France mais persistent en trop grand nombre. Après une demande de l'ANSM en juillet 2013, l'Agence européenne du médicament (EMA) a réévalué le médicament et confirmé en août 2014 qu'il ne devait plus être utilisé pour prévenir ou arrêter la production de lait chez la jeune maman.

Que prendre à la place ?

L’ANSM rappelle que l’utilisation d’un médicament inhibant la lactation doit être réservée aux situations où l’inhibition de la lactation est souhaitée pour raison médicale . La prise systématique d’un médicament inhibant la lactation pour prévenir ou traiter l’inconfort ou l’engorgement pouvant survenir lors de la montée laiteuse n’est pas recommandée. "Il n’y a pas de justification à utiliser des médicaments dans le sevrage de l’allaitement au-delà de un mois après l’accouchement" ajoute l'Agence. Pour cause, la glande mammaire devient progressivement autonome et le taux de prolactine retourne à son niveau de base.

Lorsque l’inhibition médicamenteuse de la lactation est souhaitée, d’autres spécialités sont autorisées dans cette indication : le lisuride (Arolac® 0,2 mg, comprimé sécable) et la cabergoline (Cabergoline Sandoz® 0,5 mg, comprimé sécable, non encore commercialisée). Jusqu'à ce jour, ces médicaments qui sont des agonistes dopaminergiques (comme la bromocriptine) n'ont pas montré d'effets indésirables graves. Si la montée laiteuse occasionne un inconfort trop important, il est possible d’utiliser un antalgique comme le paracétamol.

Ce qu'il faut éviter pour arrêter la lactation : la dihydroergocryptine (Vasobral®) utilisée hors AMM, les diurétiques, le bandage des seins (l’inconfort engendré peut être plus important que celui lié à la montée laiteuse).

A noter : Le rapport bénéfice risque n’a été jugé défavorable que dans l’indication de l’inhibition ou de la prévention de la lactation. Les bénéfices attendus dans ses autres indications, notamment dans le traitement de la maladie de Parkinson, restent toujours supérieurs aux risques.

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