Les moustiques piquent encore plus quand ils ont soif

Pendant les périodes de sécheresse, les moustiques déshydratés seraient plus avides de repas sanguins et donc plus à même de transmettre les maladies qu’ils véhiculent. Explications.

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© Adobe StockQuand il fait chaud et sec, vous ressentez le besoin de vous désaltérer fréquemment. Et vous n’êtes pas les seuls : les moustiques, eux aussi, ont plus soif par temps chaud. Mais dans leur cas, le grand verre d’eau fraîche laisse place au repas de sang. Selon des chercheurs en Sciences biologiques de l’université de Cincinnati (Etats-Unis), les moustiques femelles ne piquent pas que pour nourrir leurs œufs mais également pour s’hydrater. Ils publient une étude sur le sujet dans la revue Scientific Reports.

Plus il est déshydraté, plus le moustique pique

Pour arriver à cette conclusion, les chercheurs ont mené des expériences en laboratoires. Ils se sont concentrés sur deux espèces de moustiques : Culex pipiens, le moustique commun présent en abondance dans l’hémisphère Nord et Aedes aegypti, un moustique cousin du moustique tigre (Aedes albopictus) et vecteur comme lui de la fièvre jaune, de la dengue ou du Zika. Les scientifiques ont alors soumis les insectes contenus dans des tubes à différents environnements en faisant varier l’humidité relative de 0 à 75% jusqu’à obtenir des pertes hydriques variables : 10 à 15% ou 20 à 25%. En parallèle, des groupes de moustiques restaient totalement hydratés et avaient un accès libre à l’eau. Résultat : les conditions de déshydratation augmentaient la propension des moustiques à piquer un hôte pour se nourrir, hôte mimé ici par une fine membrane imitant de la peau animale et imbibée de sang de poulet. De leur côté, les moustiques ayant un accès facile à l’eau ne recherchaient pas autant les repas sanguins que les moustiques déshydratés. Plus précisément, la déshydratation a poussé 30% des moustiques femelles à rechercher un repas sanguin alors que sans pression de déshydratation, seulement 5 ou 10% des moustiques femelles se nourrissaient à un instant donné.

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Fièvre jaune, Zika, paludisme et dengue

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Cette étude qui devrait contribuer à comprendre et à anticiper les besoins hydriques des moustiques devrait également aider les médecins à combattre les maladies véhiculées par les moustiques. En effet, à titre d’exemple, Elise Didion, étudiante et co-auteure de l'étude constate dans un communiqué de l'université de Cincinnati : "nous avons trouvé les plus hauts taux de transmission du virus de la fièvre du Nil occidental pendant les épisodes de sécheresse car les moustiques peuvent utiliser les repas de sang pour compenser l’eau qu’ils perdent." La compréhesion des réactions comportementales des moustiques à la sécheresse pourrait permettre de limiter le nombre de piqûres et donc le nombre de contamination potentielle. En effet, les différentes espèces de moustiques présentes dans le monde sont porteuses de plusieurs maladies parfois mortelles : le paludisme, la fièvre jaune, la dengue, l’encéphalite, le chikungunya ou encore le Zika.

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