Dépression : courir pourrait être aussi efficace que des antidépresseursAdobe Stock
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L’Organisation mondiale de la santé (OMS) estime que 3,8% de la population souffre de dépression, dont 5% des adultes (4% des hommes et 6% des femmes) et 5,7% des personnes de plus de 60 ans. À l'échelle mondiale, environ 280 millions de personnes seraient touchées par la dépression.

Dépression : course et antidépresseurs, même combat ?

Certaines personnes atteintes par cette pathologie doivent prendre des antidépresseurs, et la France est l'un des plus gros consommateurs de ce médicament. Comme l’indiquait le journal Libération en 2019 : “En France, la consommation totale de médicaments atteint 37,8 milliards d'euros en 2017. Le marché pharmaceutique a été multiplié par trois entre 1990 et 2017, selon les données de la Direction de la recherche, des études, de l'évaluation et des statistiques (Drees). Une augmentation qui a conduit la France à afficher ‘une consommation de médicaments supérieure à la moyenne européenne’ au début des années 2000, selon le Leem, l'organisation professionnelle des entreprises du médicament.”

Aussi certains patients sont-ils aujourd’hui désireux de consommer moins d’antidépresseurs, ou du moins de savoir quels changements opérer dans leur vie quotidienne pour ne pas en avoir autant besoin. Dans ce contexte, des chercheurs d’Amsterdam se sont intéressés à l’effet de la course sur le moral, et plus particulièrement sur la dépression. Leur étude a été publiée le 15 mai 2023 dans la revue scientifique The Journal of Affective Disorders.

D’après les auteurs de cette étude, la pratique régulière de la course pourrait être aussi efficace pour lutter contre la dépression que les médicaments antidépresseurs. Pour arriver à ces conclusions, ils ont recruté plus de 100 personnes.

Dépression : courir aide à aller mieux

Les scientifiques ont divisé ces volontaires en deux groupes : pendant 16 semaines, les personnes du premier groupe ont pris des antidépresseurs et celles du second groupe ont couru régulièrement. Les chercheurs ont ensuite analysé les effets de ces 16 semaines de thérapie sur les symptômes dépressifs et l’anxiété des participants. Résultats : après 16 semaines, chaque groupe notait des améliorations similaires.

Plus précisément : les chercheurs ont recruté 141 personnes qui souffraient d’anxiété ou de dépression. Celles-ci avaient le choix entre prendre un antidépresseur - de l’escitalopram ou de la sertraline - et rejoindre un groupe de course (pour une pratique trois fois par semaine).

Antidépresseurs : des améliorations plus rapides

Les volontaires ont ensuite fourni des échantillons sanguins, ont passé une évaluation psychiatrique et ont complété des questionnaires afin de faire le point sur leur état mental. Leur âge moyen était de 38,2 ans et 58,2% d’entre eux étaient des femmes. Le “groupe course” était constitué de 96 personnes, tandis que le “groupe antidépresseur” était constitué de 45 personnes.

À la fin de l’étude, 41,3% des personnes du “groupe course” étaient en rémission de leur dépression, contre 44,8% pour le “groupe antidépresseur”. Cependant, les améliorations étaient plus rapides chez les personnes médicamentées. En revanche, les volontaires ayant choisi de courir constataient, elles, une amélioration de leur état de santé global.

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