Vulvite : comment soulager les démangeaisons de la vulve ?

Certifié par nos experts médicaux MedisiteLa vulvite est une inflammation de la vulve, infectieuse ou non, qui peut atteindre les femmes adultes comme les petites filles. C'est une maladie gynécologie bénigne mais fréquente et qui doit être rapidement traitée, compte-tenu de l’inconfort qu’elle génère.

Définition : qu'est-ce que la vulvite ? 

La vulve est la partie externe de l'appareil génital féminin. Elle est constituée des petites et des grandes lèvres, jusqu’à l'entrée du vagin. La vulvite est une inflammation des parties génitales externes féminines, d’origine infectieuse ou non. Elle est particulièrement inconfortable en raison des démangeaisons fréquentes qu’elle occasionne.

Cette inflammation de la vulve est-elle fréquente ? 

La mycose vulvaire est la plus fréquente ds vulvites, sans pour autant en être la seule cause. Les mycoses vulvaires atteindraient 70-75 % des femmes au moins une fois durant leur vie, 5 à 8 % auraient au moins quatre infections annuelles. Mais cette atteinte est souvent sous-diagnostiquée. De plus, de nombreuses femmes sont porteuses saines. 

Quels sont les symptômes de la vulvite ?

Les principaux symptômes de la vulvite sont :

  • des démangeaisons ;
  • des douleurs spontanées ou lors des rapports sexuels ;
  • des sensations de brûlure ;
  • des gonflements au niveau des lèvres ;
  • des rougeurs ;
  • des sécrétions blanchâtres ou jaunâtres, en cas d’infection bactérienne.

La vulvite de la petite fille

La vulvite a pour origine principale des irritations, car chez la petite fille, la peau de la vulve est très sensible, plus mince et plus sèche, en raison d’un niveau d'œstrogènes inférieur à celui d’une femme adulte. La vulvite peut être causée par des irritations, des réactions allergiques, des chocs et des infections. L’humidité et la sueur favorisent la vulvite.

Quelles sont ses causes ?

Les principales causes de la vulvite sont :

  • les mycoses à candida albicans, qui peuvent être récidivantes chez certaines femmes ;
  • des infections qui font partie des maladies sexuellement transmissibles, comme l’herpès génital, les streptocoques, les gonocoques ou les staphylocoques ;
  • une infection parasitaire par Trichomonas vaginalis, qui constitue une infection sexuellement transmissible courante à travers le monde ;
  • une pathologie dermatologique (dermatite, lichen, eczéma…) ;
  • le stress ;
  • une fatigue importante ;
  • une hygiène intime excessive ;
  • des réactions allergiques à des substances en contact avec la vulve comme les gels lavants, savons, bains moussants, tissus et parfums ;
  • une pédiculose pubienne (infestation par des morpions) ;
  • une irritation due à l’urine ou aux selles en cas de contact avec la vulve, en cas d’alitement ou d’incontinence urinaire, par exemple ;
  • le cancer de la vulve, relativement rare.

Chez les petites filles, les infections vaginales peuvent également contaminer la vulve. Les principales causes de la vulvite de la petite fille sont :

  • des irritations dues à l’utilisation de papier toilette contenant des parfums ou des produits chimiques ;
  • une irritation causée par une exposition prolongée au chlore de l’eau de piscine ;
  • le port de sous-vêtements synthétiques. Il est toujours préférable que les petites filles portent des culottes en coton, qui doivent être changées chaque jour ;
  • une irritation due au savon qu’elle utilise pour ses parties intimes ;
  • la pratique du vélo pendant plusieurs heures ;
  • conserver trop longtemps un maillot de bain mouillé après une baignade ;
  • une mauvaise hygiène après être allée aux toilettes.

Les démangeaisons de la vulve après un rapport sexuel doivent faire rechercher une infection sexuellement transmissible chez la femme et chez son partenaire.

Les démangeaisons de la vulve pendant la grossesse sont souvent dues à une mycose, plus fréquentes chez la femme enceinte.

Chez la femme ménopausée, les démangeaisons de la vulve sont souvent dues à la sécheresse vulvaire, en raison de l’absence d'œstrogènes. C’est la vulvite atrophique.

Quels sont les facteurs de risques ?

Les facteurs de risque de développer une vulvite sont le diabète, la prise d’antibiotiques chez des femmes qui ont tendance à développer des mycoses, le port de vêtements trop serrés, une hygiène excessive ou insuffisante ou encore l’épilation totale.

Quelles sont les personnes à risque ?

La vulvite peut toucher toutes les femmes, y compris les petites filles. Les femmes les plus à risque sont :

  • les diabétiques ;
  • les femmes qui ont une hygiène intime excessive ou insuffisante ;
  • les femmes qui portent des vêtements trop serrés ;
  • les femmes qui font des mycoses vulvo-vaginales à répétition.

Combien de temps dure une vulvite ?

La durée des vulvites dépend de leur cause et du délai de mise en route du traitement. Les causes infectieuses durent quelques jours. Les vulvites allergiques cèdent avec l’éviction de l’allergène.

La vulvite est-elle contagieuse ?

Les vulvites peuvent être contagieuses en fonction de leur origine. Les causes infectieuses sont transmissibles au partenaire sexuel, surtout en cas de pédiculose pubienne, de mycose ou d’herpès génital, pathologies qui peuvent se transemttre malgré l'utilisation d'un préservatif.

Qui, quand consulter ?

Lorsque des symptômes de vulvite apparaissent, que ce soit chez une femme ou chez une petite fille, il est nécessaire de consulter le médecin traitant qui, après un examen clinique va proposer un traitement, une consultation chez un gynécologue ou des examens complémentaires en fonction de la cause qu’il soupçonne.

Qui, quand consulter ?© Istock

Il est aussi important de noter que, dans de nombreux cas, les démangeaisons sont souvent l’un des premiers symptômes de la vulvite. Il est important de prendre ce signe au sérieux.

Mon conseil de médecin généraliste : 

"Il est fortement déconseillé de faire de l’automédication ou d’appliquer des crèmes sans avis médical. Les symptômes pourraient en être aggravés."

Quelles sont les complications de cette maladie gynécologique ?

Les principales complications de la vulvite sont :

  • les lésions de grattage ;
  • la surinfection bactérienne ;
  • la vaginite.

Quels examens et analyses doivent être réalisés ?

Le diagnostic de vulvite est principalement établi lors de l’examen clinique. En cas de doute sur une infection et de présence de pertes blanchâtres ou jaunâtres, le médecin ou le gynécologue peut réaliser un prélèvement à l’aide d’un écouvillon, à la recherche d’une infection.

Le prélèvement vaginal et le frottis cervico-vaginal sont souvent réalisés, à la recherche d’infections sexuellement transmissibles.  L’examen cytobactériologique des urines peut être demandé à la recherche d’une infection urinaire associée. Aucun autre examen complémentaire n’est a priori nécessaire.

Quels sont les traitements de la vulvite ?

Le traitement de la vulvite est le traitement de sa cause :

  • la mycose est traitée par l'application d'une crème antifongique et la mise en place d’ovules, sur une durée allant de 1 à 3 jours. Certains traitements anti-fongiques sont en vente libre en pharmacie et les femmes qui ont l’habitude d’avoir des mycoses peuvent se traiter sur les conseils du pharmacien ;
  • les irritations demanderont de limiter les facteurs irritants (vêtement trop serré, hygiène trop rigoureuse, éviter l'épilation complète…) ;
  • les infections nécessitent un traitement par antibiotiques locaux ou rarement par voie générale ;
  • un traitement anti-viral contre l’herpès peut être proposé en cas de lésion herpétique, sachant que les crises herpétiques guérissent spontanément et récidivent. La prise ne charge de la douleur peut être nécessaire en cas d’herpès génital ;
  • l’éviction allergène en cas d’allergie ;
  • le gel d’Aloe vera est connu pour ses propriétés hydratantes et peut soulager les démangeaisons.

Chez les femmes ménopausées qui souffrent d'une vulvite atrophique, un traitement hormonal local peut être appliqué.

Comment prévenir cette pathologie ?

Les moyens pour prévenir l’apparition d’une vulvite sont :

  • la prise d’un antimycosique lors d’une antibiothérapie prescrite pour une autre cause, pour éviter l’apparition d’une mycose ;
  • éviter la douche vaginale ou une toilette intime excessive ou insuffisante ;
  • éviter l’épilation totale ;
  • éviter les vêtements trop serrés et les sous-vêtements en matière synthétique ;
  • se protéger contre les infections sexuellement transmissibles.

À noter : le préservatif ne protège pas contre la transmission de l’herpès génital.

Sites d’informations et associations

Des sites d’informations et des associations sur les affections gynécologiques sont consultables sur internet. Il s’agit :