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Première tentative de "convergence des luttes"

Près de 120.000 personnes, dont de nombreux cheminots, ont défilé jeudi partout en France sous le soleil pour appeler à une "convergence des luttes" face à Emmanuel Macron, avec notamment des dégradations et des heurts entre forces de police et manifestants constatées dans le cortège parisien.

La CGT, qui a comptabilisé près de 190 mobilisations sur le territoire, a recensé 300.000 manifestants. C'est moins que lors de la dernière journée de mobilisation des cheminots et fonctionnaires du 22 mars, où le syndicat avait annoncé 500.000 manifestants et la police 323.000.

A Marseille, Occurrence a dénombré 5 700 personnes. La police comptabilisait aussi 4.400 manifestants à Lyon, 4 500 à Rennes, 3 500 à Lille, 2 400 à Toulouse autour de 2 000 à Bordeaux et Strasbourg et un millier ou plus à Perpignan, Montpellier, Nice ou Saint-Etienne.

Dans la capitale, Philippe Martinez (CGT) en tête, les manifestants ont défilé entre Montparnasse et place d'Italie derrière une banderole affirmant: "Public + privé + étudiants, ensemble, stoppons les régressions sociales".

Des heurts ont éclaté en fin d'après-midi entre des manifestants et la police. Les forces de l'ordre ont essuyé des jets de projectiles et ont répliqué avec des gaz lacrymogènes. La façade d'un hôtel et de nombreuses vitrines ont été endommagées, de même que du mobilier urbain.

Grèves et manifestations s'accompagnaient aussi de perturbations, notamment à la SNCF, où le taux de grévistes était plus important jeudi (22,7%) que la veille, avec 66,4% de conducteurs à l'arrêt.

Les cheminots en sont à leur huitième journée de grève depuis début avril contre la réforme ferroviaire. La grogne monte également dans le secteur de la santé, les hôpitaux et les maisons de retraite médicalisées (Ehpad), chez l'ensemble des fonctionnaires. Et le conflit salarial chez Air France est dans l'impasse.

Des facultés sont en outre occupées ou bloquées par des opposants à la réforme "Parcoursup", accusée d'instaurer une "sélection" à l'entrée à l'université.

La CGT et Solidaires espèrent construire un front unique à partir de ces colères. Une "coagulation" des "mécontentements" à laquelle ne croit pas le président Emmanuel Macron.

Mais la "convergence des luttes" ne fait pas l'unanimité chez les syndicats. Pour Laurent Berger (CFDT), ce mode d'action "ne fonctionne pas". Elle "nuit à l'efficacité syndicale", a jugé aussi la CFE-CGC.

AFP

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Publié le: 19/04/2018
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