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Le Portugal se prononce sur l'euthanasie, 89 % des Portugais seraient contre

89 % des Portugais seraient contre l'euthanasie et pour un développement des soins palliatifs, c'est ce qu'indique un récent sondage. Rien d'étonnant donc à cette mobilisation la semaine dernière. Et d'autres sont prévues, car c'est aujourd'hui que les parlementaires doivent approuver ou non un projet de loi en faveur de l'euthanasie.

Fer de lance de ce combat, Ana Figueiredo a perdu son père en 2014. Atteint d'un cancer des os incurable, douloureux et dégradant, il s'est suicidé, il avait 72 ans, c'était un héros de guerre. Il avait demandé un suicide assisté à ses médecins en 2007.

"Se tuer ainsi d'une balle dans la tête pour stopper sa propre douleur, mettre un terme à un calvaire qu'il ne pouvait endurer plus alors qu'il n'avait plus d'espoir malgré une belle vie passée, je pense que ce n'est digne pour personne."

Le résultat du vote est incertain et risque d'être serré. Quatre projets de loi sont présentés par des partis politiques de gauche. Le projet du parti socialiste couvre les patients portugais qui "se trouvent dans une situation de souffrance extrême, avec une blessure incurable ou une maladie mortelle et incurable". Deux médecins, dont au moins un spécialiste de la maladie, et un psychiatre doivent signer la demande de mort.

Selon le projet de loi, une fois la demande approuvée par un Comité de vérification et d'évaluation, les médecins peuvent encore refuser d'exécuter la procédure pour des raisons morales. La surveillance est assurée par l'Inspection générale de la santé. Le processus est reporté s'il est contesté devant la justice ou si le patient perd conscience.

L'activiste Sara Sepulveda est contre l'euthanasie, elle avance cet argument :

"Les législateurs veulent que nous devenions des professionnels de la santé bourreaux qui administrent la mort à ceux qui souffrent. C'est ce qui est en jeu et nous ne le voulons pas."

Après le parlement, ce sera au président portugais Marcelo Rebelo de Sousa de se prononcer. En cas de veto présidentiel, le projet de loi reviendra au parlement où il lui faudra la majorité des deux tiers pour passer.

Actuellement, l'incitation ou l'assistance à l'euthanasie sont passibles de trois ans de prison.

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Publié le: 29/05/2018
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