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Débat sur la dépénalisation de l'avortement en Belgique

Pratiquer un avortement et être poursuivi par la justice est un scénario toujours envisageable en Belgique. Les législateurs s'interrogent donc sur la possibilité de dépénaliser l'IVG, l'interruption volontaire de grossesse. Actuellement plusieurs conditions doivent être remplies pour ne pas entraîner de poursuites judiciaires: l'acte doit se faire au cours des 12 premières semaines de grossesse, il faut respecter un délai de 6 jours entre la première visite médicale et l'IVG et il faut aussi la reconnaissance par un médecin de l'état de détresse chez la femme enceinte.

Chloé est mère d'un enfant. Elle a décidé par la suite d'avorter pour des raisons financières. Selon elle la pénalisation de cet acte rend plus difficile le parcours des femmes qui veulent interrompre leur grossesse. "Je pense que ça reste toujours un tabou, c'est toujours considéré comme quelque chose de négatif", explique-t-elle. Chloé assure qu'elle n'aurait pas été capable d'élever deux bébés.

70% des Belges ne savent pas que l'avortement est toujours un délit. En cas de dépénalisation, l'IVG serait alors considérée comme un acte de santé publique souligne le député fédéral Olivier Maingain. "Ce n'est pas un acte que doit être apprécié sur le plan pénal, c'est plutôt un acte de la santé, de la préservation de la santé de la femme. En sortant ces dispositions du code pénal, on en fait plutôt un acte de confiance entre la femme et le médecin", défend-il.

Si l'avortement est un droit dans la majorité des pays européens, certains Etats comme la Pologne veulent restreindre l'interruption volontaire de grossesse.

La Fédération humaniste européenne dénonce d'ailleurs l'activisme des groupes religieux conservateurs auprès des institutions européennes. "On sent vraiment une volonté organisée de remettre en cause, et les efforts d'organisation de ces mouvements conservateurs chrétiens sont des plus en plus importants", précise Hervé Parmentier. Depuis deux ans, six propositions de loi ont été déposées devant le Parlement belge pour sortir l'avortement du code pénal.

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Publié le: 08/05/2018
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