Un patient sur 20 serait victime d’une erreur médicale

Publié le 25 Juillet 2019 à 15h10 par Emmanuelle Jung, journaliste santé
Une étude sur la prévalence des préjudices que subissent les patients dans les établissements de soins vient de partager des résultats alarmants. Un patient sur 20 serait victime d’erreurs médicales. Dans 12% de cas les dommages seraient graves !

Une analyse menée sur plus de 330 000 patients vient de démontrer que les erreurs médicales sont particulièrement nombreuses. En effet, un patient sur 20 en serait victime. Et 12 % de ces erreurs auraient conduit à un état grave ou au décès du patient. Selon les chercheurs, la moitié de ses erreurs pourraient être évitées. Un phénomène qui hélas, n’est pas sans gravité.

En effet, l’étude précise que 49 % des dommages rapportés sont considérés comme légers, 36 % comme modérés et 12 % comme graves (souffrance, handicap, mort). Des incidents préjudiciables pour les patients, mais qui représentent aussi un fardeau financier majeur pour les systèmes de santé du monde entier. "On estime que 10 à 15 % des dépenses de santé sont consommées par les séquelles directes des dommages causés aux patients par les soins de santé", estiment les auteurs de l’étude.

Quelles sont les erreurs médicales les plus fréquentes ?

Les erreurs les plus fréquentes seraient liées au choix des traitements, semble-t-il. "Les incidents liés aux médicaments (49 %) représentent la plus grande proportion des préjudices évitables subis par les patients", révèle l’étude. Et contre toute attente, ce sont dans les soins intensifs ou services de chirurgie que surviennent le plus souvent les incidents.

Si en principe, l’objectif idéal serait zéro dommage, il n’est pas réalisable. "Certains dommages ne peuvent être évités en pratique clinique, détaillent les experts. Par exemple certaines réactions indésirables aux médicaments se produisent en l’absence d’erreur dans le processus de prescription. Ces dernières années, la reconnaissance du fait qu’il est impossible d’éviter une partie des dommages causés aux patients a attiré l’attention sur la notion de préjudice évitable".

Ainsi, les préjudices dits "évitables" résultent d’une cause identifiable et modifiable lorsqu’il aurait été possible d’éviter qu’ils surviennent. Les préjudices sont donc considérés comme évitables s’ils sont dus aux actions des professionnels de la santé, des défaillances du système de santé ou à une combinaison de plusieurs erreurs commises par des individus et des défaillances du système.

Victime d’une erreur médicale : quelles démarches ?

Toute personne victime d'une erreur médicale peut tenter d'obtenir réparation. Si vous avez la sensation d'avoir été mal soigné et que vous en souffrez aujourd'hui, le premier réflexe est de retourner voir le médecin que vous tenez pour responsable des faits et de lui faire part de vos griefs. Vous pouvez également au besoin contacter le médiateur de l'établissement de santé où vous avez été soigné.

Si le médecin reconnaît avoir commis une erreur, il pourra avoir recours à son assurance-responsabilité professionnelle et lui faire parvenir sa déclaration. Après examen du rapport, un médecin-expert, pourra juger de la faute et de l’importance du préjudice à votre égard. L’assureur vous proposera alors ou non, une conciliation et une indemnisation.

Mais dans le cas, où votre médecin n’admettrait pas avoir fait une erreur, vous devrez réclamer une copie de votre dossier médical. Celui-ci vous servira en cas d’action en justice. Si vous optez pour cette option, vous devrez être représenté par un avocat. Il est alors obligatoire.

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