Dysfonction érectile : un nouveau traitement indolore et régénérateur s’avère prometteur

Publié le 21 Novembre 2018 par Morgane Garnier, Journaliste Santé
Validé par : Dr Ludovic Ferretti, urologue
Lors du 112ème congrès français d'urologie qui s'est déroulé du 21 au 24 novembre 2018 à Paris, l'Association française d'urologie (AFU) a rapporté les premiers résultats plutôt prometteurs d'une étude sur les ondes de choc de faible intensité, utilisées dans le traitement des troubles de l'érection. L'avantage : elles seraient régénératrices, et pas seulement palliatives. Medisite était présent à l'événement et fait le point sur cette technique susceptible d'intéresser les quelque 3 millions de Français touchés par cette condition.
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La dysfonction érectile (ou trouble de l'érection) est loin d'être exceptionnelle puisqu'on estime qu'elle touche 40% des Français âgés entre 50 et 70 ans. Maladies cardiovasculaires, troubles prostatiques, diabète... Les causes sont nombreuses, et les traitements reposent essentiellement sur la prise de médicaments ou la pose d'un implant pénien. Mais des études récentes présentées lors d'une conférence de presse donnée dans le cadre du 112ème congrès français d'urologie qui s'est déroulé du 21 au 24 novembre 2018 à Paris, semblent mettre en avant les bénéfices d'une nouvelle technique beaucoup moins contraignante : celle des ondes de choc à faible intensité.

Dysfonction érectile : une thérapie par ondes de choc, indolore et régénératrice

La thérapie par ondes de choc extracorporelles à faible intensité (TOCEFI) consiste à induire des microtraumatismes sur six points clés de la verge afin d'accélérer la réparation et améliorer la vascularisation des tissus cellulaires, les troubles de l'érection étant une conséquence de l'endommagement des cellules. Totalement indolore, la TOCEFI a l'avantage d'être considérée comme un "traitement régénérateur car actuellement, les traitements sont palliatifs", a expliqué le Dr Ludovic Ferretti, membre du Comité d'andrologie et de médecine sexuelle de l'Association française d'urologie (AFU), lors de la conférence de presse.

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Les effets de cette thérapie "naturelle" sont visibles trois mois après

Déjà utilisée notamment en cardiologie et en orthopédie, cette méthode est testée dans le domaine de l'urologie dans plusieurs centres français depuis 2015. L'essai clinique, baptisé Shock-ED et instauré à l'initiative du Pr Stéphane Droupy, chef de service du CHU de Nîmes et président du conseil scientifique de l’AFU, prend en charge sur trois semaines et suit pendant un an 154 patients traités pour des troubles de l'érection à raison d'une à deux séances hebdomadaires de seulement 30 minutes, "afin de valider l'efficacité de la technique et le dosage idéal mais également en vue d'identifier les patients qui bénéficieront le plus de cette technique", explique l'AFU.

Et dans le monde, les premiers retours semblent concluants : une méta-analyse de 2017 a montré que l'effet de la TOCEFI a pu être observé trois moisaprès chez les patients. A noter qu' "aucun effet secondaire n'a été identifié à ce jour" selon l'AFU, qui affirme qu'il s'agit d'un "traitement simple et sans risque", où l' "on rétablit la fonction de manière naturelle".

Mais les ondes de choc ont leurs limites

Mais cette méthode révolutionnaire semble également avoir ses limites : la toute première étude menée à ce sujet par des chercheurs israéliens en 2010 indique que l'effet de la TOCEFI est certes significatif, mais seulement "pour les dysfonctions érectiles légères", précise le Dr Ferretti. De plus, il ne durerait que deux ans pour une grande partie des patients, ce qui fait de ce traitement un "coup de boost" plus qu'une véritable solution à long terme. Enfin, la TOCEFI ne serait réellement efficace que sur les patients dont les troubles érectiles découlent de troubles d'origine vasculaire.

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Il est donc encore trop tôt pour tirer des conclusions, notamment car les résultats de l'étude française ne sont pas encore parus. Si la TOCEFI semble toutefois prometteuse pour une certaine population, en attendant, "les résultats des études hétérogènes ne permettent pas de proposer une recommandation" officielle à l'échelle européenne, a conclu le Dr Ferretti.

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