Paralysie du sommeil : peut-on l’éviter ?

Certifié par nos experts médicaux MedisiteLa paralysie du sommeil a déjà frappé 20 % des Français. Ce trouble survient au réveil et empêche la victime de faire le moindre mouvement. Saviez-vous qu’il existait certains moyens de prévenir ce phénomène ? Explications avec le Dr Anne-Christine Della Valle, médecin généraliste.
Paralysie du sommeil : peut-on l’éviter ?Istock
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Impossible de parler, de bouger ou même de cligner des paupières pendant plusieurs secondes. Ce phénomène terrifiant, qui survient au réveil, a un nom : la paralysie du sommeil. Il s’agit d’un trouble du sommeil qui peut survenir à l’endormissement (on parle alors d’un état hypnagogique) ou au réveil (état hypnopompique). Il dure en principe quelques secondes, voire plusieurs minutes.

Ce trouble est relativement fréquent puisque 20 % de notre population en aurait déjà fait l’expérience, selon CIRCEE (Centre d’informations, de recherches, et de consultations sur les expériences exceptionnelles).

"Caractérisé par l ’impossibilité de bouger ou de parler, la paralysie du sommeil est souvent associée à une sensation de présence inquiétante et à des hallucinations, partage CIRCEE. Dans ces conditions, le dormeur qui se réveille se sent complètement paralysé, incapable de bouger les membres, de parler ou de crier. L’expérience est souvent d’autant plus mal vécue que, dans les deux tiers des cas, elle s’accompagne d’hallucinations hypnagogiques visuelles ou tactiles. Ainsi, elle est souvent associée à une intense sensation d’épouvante et de terreur".

"La paralysie peut survenir quelle que soit la position, mais a lieu fréquemment quand le dormeur est allongé sur le dos", nous expliquait le Dr Sylvie Royant-Parola, psychiatre, spécialiste du sommeil, auteure de Comment retrouver le sommeil par soi-même (éd. Odile Jacob), et présidente du Réseau Morphée (réseau consacré à la prise en charge des troubles chroniques du sommeil) au cours d’une précédente interview.

Que faire si vous êtes victime ? Y a-t-il des moyens d’éviter que ce phénomène ne se reproduise ? C’est ce que nous allons aborder.

Paralysie du sommeil : essayez la méditation

La paralysie du sommeil pourrait être traitée en utilisant une technique de méditation-relaxation, suggère une nouvelle étude scientifique publiée le 12 août 2020 dans la revue Frontiers in Neurology.

Les chercheurs ont travaillé avec 10 patients atteints de narcolepsie, qui souffraient tous de paralysie du sommeil. Ces derniers ont été invités à pratiquer une thérapie répartie sur quatre axes :

  • La réévaluation de la signification de l’attaque : elle consiste à se souvenir que l’expérience est commune, bénigne et temporaire. Le patient prend également conscience que les hallucinations sont un sous-produit typique du rêve.
  • Distanciation psychologique et émotionnelle : le patient doit se rappeler qu’il n’y a aucune raison d’avoir peur et de s’inquiéter. La peur ne fera qu’aggraver le phénomène.
  • Méditation : le patient doit se focaliser sur un souvenir positif (le souvenir d’un être cher ou d’un évènement).
  • Relaxation musculaire : le patient détend ses muscles et évite de contrôler sa respiration. Il ne doit en aucun cas tenter de bouger.

Paralysie du sommeil : une baisse de 54 % avec la méditation

Les participants ont été invités à tenir un journal quotidien pendant quatre semaines pour évaluer l'occurrence, la durée et les émotions liées à la paralysie du sommeil.

Au cours des quatre premières semaines de l’étude, les participants qui ont testé la méditation ont subi une paralysie du sommeil en moyenne 14 fois sur 11 jours. La perturbation rapportée causée par leurs hallucinations de paralysie du sommeil était de 7,3 (évaluée sur une échelle de dix points avec des scores plus élevés indiquant une plus grande gravité), notent les experts.

Or, après huit semaines de thérapie, le nombre de jours où la paralysie du sommeil est survenue est tombé à 5. Le phénomène n’est survenu que 6 fois (baisse de 54 %). "Il y avait également une tendance notable à la réduction des perturbations causées par les hallucinations, les évaluations passant de 7,3 à 4,8", relayent les chercheurs.

"Bien que notre étude n'ait impliqué qu'un petit nombre de patients, nous pouvons être prudemment optimistes quant à son succès, a déclaré le Dr Jalal, l’un des chercheurs à l’origine de l’étude. La thérapie de méditation-relaxation a conduit à une chute spectaculaire du nombre de paralysies du sommeil, et les patients ont eu tendance à trouver les hallucinations moins terrorisantes".

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Source(s):

Meditation-relaxation therapy may offer escape from the terror of sleep paralysis, Medical X Press, 12 août 2020

Merci au Dr Anne-Chrisine Della Valle, médecin généraliste