Brûlures d’estomac : les médicaments IPP ne doivent pas être banalisés

Publié le 21 Décembre 2018 par Claire Ménage, journaliste santé
Une étude, publiée le 19 décembre 2018, a permis à l’Agence nationale de santé et du médicament (ANSM) de montrer que les inhibiteurs de la pompe à protons (IPP), médicaments prescrits en cas de brûlures d’estomac ne doivent pas être utilisés n’importe comment.
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© IstockL’Agence nationale de santé et du médicament (ANSM) a réalisé une étude sur l’utilisation des inhibiteurs de la pompe à protons (IPP) en France depuis 2015. Selon les résultats publiés le 19 décembre 2018, l’utilisation très importante des IPP en France ne semble pas toujours en adéquation avec les recommandations. Ils seraient très souvent initiés en prévention de brûlures d’estomac dues aux anti-inflammatoires non stéroïdiens (AINS) chez des patients ne présentant pas de facteur de risque justifiant une protection gastrique systématique. Ce traitement par IPP utilisé de façon inapproprié et massive peut être potentiellement problématique en raison du risque de survenue d’effets indésirables, en particulier chez les patients âgés, notamment d’ordre cardiovasculaire, rénal, ou de tumeurs gastriques.

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16 millions de personnes ont utilisé des IPP en France

Un quart de la population française, soit près de 16 millions de personnes, ont bénéficié d’au moins un remboursement par l’Assurance maladie pour une délivrance d’IPP sur prescription médicale en France en 2015. Pour 8 millions d’entre elles, il s’agissait d’une initiation de traitement. Parmi eux, le traitement par IPP étaient associés à un traitement par AINS dans plus de la moitié des cas. Les IPP et les AINS étaient presque toujours prescrits ensemble, suggérant alors une protection gastrique à visée préventive. Cependant, dans 80% des cas, aucun facteur de risque justifiant l’utilisation systématique d’un IPP en association avec un AINS n’était identifiée.

L’ANSM souhaite rappeler qu’à ce jour, l’intérêt de la prévention des brûlures d’estomac en cas de prise d’AINS, chez l’adulte, n’est établi qu’en présence des facteurs de risque suivants :

  • Être âgé de plus de 65 ans
  • Avoir un antécédent d’ulcère gastrique ou duodénal
  • Être traité par antiagrégant plaquettaire, anticoagulant ou corticoïde.

L’ANSM rappelle qu’il est important de ne pas banaliser l’utilisation des IPP. En effet, bien que les IPP soient généralement bien tolérés à court terme, leur utilisation au long cours n’est pas sans risque.

Les IPP : c’est quoi ?

Les inhibiteurs de la pompe à protons n’agissent pas directement sur l’ulcère. Ils protègent la muqueuse de l’estomac en réduisant l’acidité gastrique. Ces médicaments anti-sécrétoires sont aussi indiqués dans le traitement du reflux gastro-œsophagien, des brûlures d’estomac (dyspepsies) et du syndrome de Zollinger-Ellison (des ulcères à répétition). Les inhibiteurs de la pompe à protons sont généralement bien tolérés. Ils entraînent parfois des troubles digestifs (diarrhées, douleurs abdominales), des maux de tête, des vertiges et des troubles cardiaques (palpitations). Il existe également un risque d’inflammation du rein (néphrite) et d’insuffisance rénale chronique. Si une infection bactérienne est à l’origine de l’ulcère, des antibiotiques sont prescrits au patient. Une intervention chirurgicale s’impose si de graves complications surviennent, par exemple, une hémorragie ou une perforation digestive. La chirurgie est aussi parfois proposée si le traitement médical ne permet pas d’obtenir les résultats attendus.

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