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Les isoflavones de soja sont des hormones

Les isoflavones de soja sont des hormonesVrai. Les isoflavones sont des phyto-oestrogènes, c’est-à-dire des substances naturelles végétales qui présentent une structure chimique proche de l’œstradiol, l’une des principales hormones féminines… Ils ne sont pas tout à fait semblables aux substances que synthétise l’organisme, mais selon l’Afssaps (Agence française de Sécurité sanitaire des produits de santé), ils possèdent une activité oestrogénique démontrée en laboratoire. Et le Dr Arnal Schnebelen, gynécologue phytothérapeute, d’ajouter qu’ils "permettent de mimer l’action ovarienne, dès qu’elle commence à diminuer à la ménopause".

Compléments alimentaires= risque nul

Compléments alimentaires= risque nulFaux. Les compléments alimentaires ne sont pas des médicaments. Ils n’ont besoin d’aucune autorisation de mise sur le marché (AMM). Peu d’entre eux ont été évalués par une agence sanitaire avant leur commercialisation, et ils ne bénéficient pas de la même surveillance que les produits thérapeutiques. D’après les enquêtes de l’Afssaps, les compléments alimentaires contenant des phyto-oestrogènes apportent généralement des doses journalières inférieures à 40 mg d’isoflavones, mais les concentrations varient d’un fabricant à l’autre… A noter : acheter sur le Web est déconseillé. Les produits en ligne peuvent dépendre de la législation d’autres pays.

Il peut y avoir des surdosages

Il peut y avoir des surdosagesVrai. Selon un rapport Afssaps/Afssa (Agence française de sécurité sanitaire des aliments), il y a des risques de surdosage ! La concentration d’isoflavones varie selon les compléments alimentaires et les produits dérivés. Le rapport peut aller de 1 à 10 pour les jus et de 1 à 100 pour les desserts ! En moyenne, une crème à base de soja contient 35 mg d’isoflavones pour 100 g… Or l’Agence française de sécurité sanitaire des produits de santé recommande de ne pas dépasser 1 mg par kilo de poids corporel au quotidien (60 mg pour une femme de 60 kg)… "En avalant 2 yaourts de soja par jour, 1/2 l de jus, du tofu et 50 mg d’isoflavones en complément alimentaire, on peut presque doubler la dose autorisée", explique le Dr Arnal Schnebelen.

L’avis d’un médecin s’impose…

L’avis d’un médecin s’impose…Vrai. Quoi qu’en dise la publicité, ne prenez pas d’isoflavones de soja sans avis médical ! Seul un médecin (si possible phytothérapeute) peut réellement évaluer leurs effets. "Non seulement, je les prescrits sous des formes complexes, mais jamais seules", explique le Dr Arnal Schnebelen. "Je les donne avec des phytoprogestagènes. Il faut respecter les mêmes contre-indications que pour les produits de synthèse (THS classiques)… Les isoflavones sont proscrites en cas de tumeur hormono-dépendantes (sein, endocol, endomètre, ovaire) ou d’antécédents (récents ou familiaux), et d’accident thrombo-embolique. Elles sont également déconseillées avec des problèmes de thyroïde."

Les effets sont prouvés

Les effets sont prouvésVrai et faux. Des études ont montré l’activité oestrogénique des isoflavones. On sait aussi que chez les femmes ménopausées asiatiques, une consommation de soja 50 à 60 fois supérieure à la nôtre est associée à une faible fréquence des bouffées de chaleur, à une rare incidence du cancer du sein et à une densité minérale osseuse élevée (peu de risques d’ostéoporose). Compte tenu du manque d’enquête, l’Afssaps reste prudente. Mais, pour le Dr Arnal Schnebelen, "les experts de l’Agence ont travaillé sur des phyto-oestrogènes d’origine alimentaire. Et ils ne se sont exprimés que d’après des revues bibliographiques. Moi, c’est la médecine de terrain, expérimentale peut-être, mais qui fait ses preuves chaque jour, qui m’intéresse !"

Gare aux interactions médicamenteuses !

Gare aux interactions médicamenteuses !Vrai. Les isoflavones de soja (génistéine et daidzéine) peuvent provoquer des interférences médicamenteuses lorsqu’elles sont prises en parallèle de certaines spécialités pharmaceutiques. C’est le cas avec le tamoxifène utilisé dans le traitement du cancer du sein, de la warfarine, un anticoagulant prescrit dans le traitement préventif et curatif des thromboses (caillots sanguins). C’est aussi le cas de la lévothyroxine, médicament administré en cas d’insuffisance thyroïdienne.

Le soja peut remplacer le THM

Le soja peut remplacer le THMVrai et faux. Face au peu d’études, l’Afssaps reste prudente. Pour elle, les isoflavones ne peuvent se substituer à un THM. Mais ce n’est pas l’avis du Dr Arnal Schnebelen : "A condition d’être prescrites par un médecin spécialiste, les isoflavones sont souvent suffisantes pour traiter les troubles de la ménopause, si elles sont associées à d’autres phyto-oestrogènes (sauge, houblon…) et à des phyto-progestagènes (gattilier, achillée…). Un THM en complément n’est vraiment nécessaire qu’en cas de bouffées de chaleur invalidantes - à des doses minimales et pour une durée la plus courte possible". Côté ostéoporose, certains travaux montrent que les isoflavones augmentent la densité minérale osseuse. Mais attention, elles ne sont utiles qu’en prévention.

Il y a des phyto-oestrogènes ailleurs

Il y a des phyto-oestrogènes ailleursVrai. L’alimentation occidentale contient des phyto-oestrogènes en petites quantités dans les légumineuses (lentilles, haricots blanc…), les fruits et les céréales (d’où une consommation quotidienne n’excédant pas 1 mg en général). Par ailleurs, beaucoup de plantes utilisées en phytothérapie en contiennent aussi. Parmi elles : la sauge, la cimicifuga, le houblon, le kudzu, le lin. Attention, comme le soja, elles doivent faire l’objet d’une prescription médicale.

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