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Point de vue du médecin du sport

Cette affection particulièrement fréquente du coude est retrouvée dans tous les sports de raquette, mais aussi dans tous les sports on l’on saisit un manche, un guidon ou quoi que ce soit d’autres. C’est une pathologie de la préhension.

Le tennis-elbow regroupe en fait plusieurs entités, qui présentent comme caractère commun une douleur de la face externe du coude (on parle d’épicondylalgie).

Le tennis-elbow tendineux

C’est le plus fréquent (90% des cas). Il s’agit en fait d’une tendinite des muscles épicondyliens[78] , sollicités par toute activité nécessitant le maintien du poignet en légère extension (cf photo «tennis elbow 2», tiré de «technopathies du tennis» de Parier, référence à la fin de l’article)

L’apparition des douleurs est le plus souvent progressive, et coïncide souvent avec un changement de matériel ou de technique. Les douleurs, diurnes, mécaniques[79] , irradiant peu, sont réveillés par la mise en contraction statique[80] des muscles impliqués (essentiellement l’extenseur commun des doigts et le 2éme radial), l’étirement passif et la palpation de leur tendon commun.

Anatomiquement, cette pathologie microtraumatique regroupe diverses lésions distinctes, qui peuvent être associées:

  • Des microfractures de l’insertion osseuse du tendon conjoint (on parle d’enthésopathie).
  • Des microdéchirures du tendon, pouvant s’étendre à l’ensemble du tendon, qui , lorsqu’elles évoluent depuis un certain temps, conduisent parfois à la formation d’un nodule cicatriciel[81] (on parle de tendinopathie nodulaire).

La radiographie du coude reste le plus souvent muette (tout au plus rencontre t’on quelques minuscules calcifications au sein du tendon, témoin d’un processus ancien).

L’échographie, en revanche, montre nettement l’aspect pathologique du tendon ou de la surface osseuse d’insertion.

Toutefois, le diagnostic de cette affection est avant tout clinique.

Le tennis-elbow articulaire

Dans ce cas, la douleur est liée à une altération de l’articulation elle-même. Il peut s’agir d’une fissuration d’un ménisque inconstant situé dans l’articulation du coude (entre radius et humérus), d’une maladie du cartilage telle que l’on peut en rencontrer chez l’enfant et l’adolescent (ostéochondrite[82], maladie de Panner), d’une inflammation ou d’une maladie de la membrane synoviale[83] (ostéochondromatose, synovite villo-nodulaire,...).

Les douleurs sont plus souvent d’apparition brutale, avec une limitation de la mobilité du coude fluctuante. La mise en tension des muscles épicondyliens est en revanche indolore.

La radiographie met en évidence des signes de souffrance articulaire.

Le tennis-elbow neurologique

Le nerf radial, innervant la main, passe juste en avant de l’épicondyle, et peut être comprimé par des formations anatomiques anormales (cf photo «tennis elbow 3» tiré de l’ouvrage «DE BISSCHOP G., DE BISSCHOP E., COMMANDRE F. Les syndromes canalaires. Masson Ed., Paris 1997, 126 p.).

La douleur ressemble alors à une brûlure, irradiant vers le haut ou le bas, souvent nocturne. Des fourmillements peuvent être retrouvés sur le dos de la main.

La palpation de la zone comprimée réveille la même douleur, avec ses irradiations caractéristiques.

La radiographie est normale, et c’est l’étude des nerfs par électromyographie qui confirme le diagnostic.

Le tennis-elbow intriqué

Fréquemment, nous retrouvons des formes vieillies comportant plusieurs atteintes parmi les lésions suscitées.

Sources

PARIER J. Technopathies du tennis. Printel Ed., Paris, 1992, 160p.

COUSTEAU J.-P. Médecine du tennis. Masson ed., Paris, 1999, 288p.

mots-clés : Tendinite, Corticoide
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