Une amibe “dévoreuse de cerveau” tue un américain en train de se baigner

Un Américain de 59 ans, qui se baignait dans un parc aquatique, a succombé à une infection rarissime provoquée par la présence d'une amibe "dévoreuse de cerveau".

Connaissez-vous la "Naegleria fowleri" ? Ce micro-organisme, inoffensif lorsqu’il est avalé par la bouche, s’avère mortel lorsqu’il est absorbé par le nez. Il se trouve naturellement dans les eaux douces et chaudes (plus de 25°C) dont le niveau est bas, et peut pénétrer dans le cerveau en remontant le nerf olfactif et détruire le tissu cérébral : c'est la méningo-encéphalite amibienne primitive.

Un microorganisme qui dévore le cerveau

Courant juillet, la Naegleria fowleri a fait une nouvelle victime : cette amibe a pénétré dans le nez d'Eddie Gray, un Américain âgé de 59 ans, alors qu'il se baignait dans un parc aquatique du comté de Cumberland, en Caroline du Nord.

Selon l’ANSES, depuis 50 ans, 310 cas ont été recensés dans le monde, et seulement 11 personnes ont survécu. Cette infection mortelle, qui engendre une méningo-encéphalite amibienne primitive (MEAP) est peu fréquente mais mortelle dans 95 % des cas.

À ce jour, un seul cas de MEAP a été déclaré en France en 2008. Un garçon de 9 ans est décédé d’une méningite foudroyante suite à une baignade et des plongeons dans un bassin alimenté par une source d’eau chaude, en Guadeloupe, où la présence de Naegleria fowleri a été détectée.

Des analyses ont mis en évidence la présence de cette amibe dans le liquide céphalo-rachidien de la victime et confirmé le diagnostic de MEAP.

Conformément aux recommandations du Conseil supérieur d’hygiène publique de France (CSHPF), la baignade est interdite lorsque le seuil de 100 N. fowleri par litre d’eau est dépassé.

Naegleria fowleri : un risque d’infection rare

L'amibe est détectée souvent dans les eaux douces, principalement en été et en automne, dans les différentes régions du globe et dans l’ensemble des types de baignade :

  • Baignade aménagée en eau libre.
  • Piscines, bains à remous.
  • Sites naturels de baignade alimentés par des eaux d’origine géothermale.(Aucun cas de MEAP n’a, à ce jour, été recensé à la suite d’une baignade en France dans une baignade artificielle.)

Au vu du très faible nombre de cas recensés de MEAP dus à N. fowleri en France et dans le monde (310 cas depuis 50 ans, dont un seul en France) et des modalités très spécifiques d’exposition (eau chaude, inondation de la fosse nasale à l’occasion de plongeons, par exemple), l’Anses estime que l’infection par cette bactérie reste un événement rare.

Ainsi, le risque pour la santé publique est faible par rapport à celui d’autres maladies infectieuses liées à la baignade.

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Source(s): "Un Américain meurt d'une amibe "dévoreuse de cerveau" attrapée lors d'une baignade", BFMTV, 29 juillet 2019. 
"Naegleria fowleri dans les eaux de baignade : des infections graves mais rares", ANSES, 12 mars 2014.