Selon l’agence de surveillance sanitaire Rospotrebnadzo, l’explosion a été provoquée par un cylindre de gaz qui a provoqué un incendie au sein du laboratoire de recherche géré par l'État russe. Des fenêtres ont été brisées, mais la structure du bâtiment a résisté. L’explosion a fait un blessé parmi les employés.

Le centre de recherche en question est dédié à la recherche sur les virus et les biotechnologies. Les infrastructures se trouvent à Koltsovo dans la région de Novossibirsk, et renferment notamment le virus de la variole et la fièvre Ebola. C’est l’une des seules structures au monde abritant la variole. Koltsovo est la troisième ville la plus peuplée de Russie avec plus de 1,5 million d'habitants.

Indéniablement, le doute plane : quels sont les risques de contamination ? La variole et le virus Ebola, étant tout deux à l’origine de maladies graves, les questions se posent. Le Pr Stéphane Gayet, infectiologue et hygiéniste au CHU de Strasbourg nous éclaire.

"La minimisation du risque de la part des Russes ne doit pas nous rassurer trop vite"

Aucune substance dangereuse n’était présente dans les pièces touchées par l’accident, semblent expliquer les autorités russes. En effet, la Russie a démenti publiquement toute menace de contamination après cette explosion suivie d’un incendie.

Mais selon le Pr Gayet, cet incident n’est pas à prendre à la légère. "Le virus de la variole est un Poxvirus. Cette famille de virus à ADN regroupe plusieurs pathogènes responsables de nombreuses maladies reconnues comme dangereuses pour la santé humaine. Comme tous les virus de cette famille, la variole est particulièrement résistante dans l’environnement, explique l’hygiéniste. Il est difficile de faire une estimation du risque de cette explosion sans en connaître les circonstances, mais avec le virus de la variole, le risque n’est probablement pas négligeable".

Quant au virus Ebola, il s’agit d’un Filovirus. Les virus appartenant à cette catégorie sont relativement vulnérables et ne résistent pas à l’environnement. "En revanche, on connaît la grande virulence d’Ebola, met en garde l’expert. On sait qu’il en faut peu pour contaminer dangereusement une population".

"Nous avons affaire là, à deux espèces de virus redoutables, puisque les deux maladies sont graves. La minimisation du risque, qui est habituelle avec les Russes, ne doit pas nous rassurer trop vite", estime le Pr Gayet

Variole : elle générait des dizaines de milliers de morts chaque année en Europe

"La variole est une grave maladie à l’origine de fièvre, de pustules disséminées sur toute la surface du corps et d’une altération de l’état général", décrit le spécialiste. Ce dernier évoque aussi des vomissements, douleurs dorsales et abdominales.

"La variole provoque fréquemment des hémorragies. C’est une infection virale généralisée, qui touche presque la totalité de vos organes et conduit très souvent au décès du patient. L’incubation est d’un peu moins de 15 jours".

Cette maladie a été responsable de dizaine de milliers de morts par an rien qu’en Europe, jusqu’au 18 e siècle. Cette infection d’origine virale est très contagieuse. La variole avait été totalement éradiquée le 26 octobre 1977, grâce à une campagne de vaccination massive organisée par l’OMS (Organisation Mondiale de la Santé). Seules deux structures au monde ont conservé des échantillons de cette maladie pour faire avancer la recherche : l’une d’elle est celle qui a subi l’explosion en Russie.

Ebola : mortelle dans 70 à 90 % des cas

"L’infection Ebola se caractérise par une fièvre hémorragique africaine, détaille le Pr Gayet. Elle se manifeste par de la fièvre, une altération de l’état général et une atteinte sévère de tous les organes vitaux [reins, foie…ndlr]".

Comme c’est le cas avec la variole, Ebola est une infection virale grave généralisée qui entraîne souvent la mort par défaillance multi-viscérale. Concrètement, plusieurs organes se détériorent rapidement. "L’incubation est d’une à deux semaines, mais elle peut aussi être plus courte [quelques jours, ndlr] ou au contraire aller jusqu’à trois semaines", poursuit l’hygiéniste.

La maladie à virus Ebola (auparavant appelée fièvre hémorragique à virus Ebola) est, en effet, souvent mortelle : son taux de létalité peut atteindre 90 %.

"La plupart des cas surviennent à la suite de la transmission interhumaine qui se produit lorsque du sang, des liquides biologiques ou des sécrétions (selles, urine, salive, sperme) de sujets infectés pénètrent dans l’organisme d’une personne saine par l’intermédiaire d’une lésion cutanée ou des muqueuses", décrit l’OMS

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Sources

Merci au Pr Stéphane Gayert, infectiologue et hygiéniste au CHU de Strasbourg

Maladie à virus Ebola: questions-réponses, OMS, mai 2017