Saint-Quentin: un patient reste 6 jours aux urgences, une décision "médicale" selon la direction

Un patient âgé de 70 ans est resté six jours dans une unité des urgences de l'hôpital de Saint-Quentin (Aisne), "un record" dénonce vendredi le collectif Inter-Urgences, la direction affirmant pour sa part qu'il s'agissait d'une décision "médicale" et non d'organisation.

Un patient âgé de 70 ans est resté six jours dans une unité des urgences de l'hôpital de Saint-Quentin (Aisne), "un record" dénonce vendredi le collectif Inter-Urgences, la direction affirmant pour sa part qu'il s'agissait d'une décision "médicale" et non d'organisation.

Dans un communiqué, le collectif Inter-Urgences, à l'origine d'un mouvement de grève inédit, a affirmé que "le record de Saint-Etienne a été battu hier (jeudi), avec un patient de 70 ans stagnant aux urgences pendant six jours et 12 heures. Un record dans un contexte où la direction fait la sourde oreille sur les revendications du personnel."

"La rentrée arrive à grand pas et nous appelons encore et toujours ensemble des soignants (...) à se mobiliser pour remodeler un système de santé arrivé à son terme", a-t-il ajouté.

Selon les recommandations de la Société francophone de médecine d’urgence, l'unité d’hospitalisation de courte durée (UHCD), dans laquelle le patient est resté, fait "partie intégrante des services d’urgence", "pour laquelle il est recommandé que la durée moyenne de séjour soit inférieure à 24 heures".

"C'est une question médicale, pas d'organisation, il y avait des lits vacants dans tous les étages de l'hôpital", s'est défendu vendredi auprès de l'AFP le directeur de l’établissement François Gauthiez. "On n'a pas lésiné sur les moyens, on n'a pas abandonné le patient", a-t-il ajouté, soulignant qu'il a séjourné dans une chambre individuelle, sans salle de bain toutefois, sur un lit et non un "brancard".

Selon la direction, ce patient, qui se serait empoisonné involontairement chez lui, a été vu par un médecin 35 minutes après son arrivée à l'accueil des urgences le 8 août. Il est ensuite resté "pour affiner son diagnostic avec plusieurs avis de spécialistes" et "il n'y a pas eu de demande des urgences de l'admettre dans un autre service".

"Les services d’action sociale de l’hôpital ont rencontré la famille afin de garantir un retour à domicile le 15 août dans de bonnes conditions", ajoute la direction sur son site.

Cinq mois après le début du mouvement, la grève des urgences n'a jamais été aussi étendue.

Mercredi, le ministère de la Santé a annoncé avoir recensé 195 services d'accueil des urgences en grève, un nombre proche des 220 revendiqués par le collectif Inter-Urgences à l'origine de ce mouvement social, pour lequel "Agnès Buzyn annoncera dès la rentrée de nouvelles mesures".

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Publié le Vendredi 16 Août 2019 : 18h43