Le secret de l'ovule dévoilé

Publié le 16 Avril 2014 par
Un spermatozoïde s'apprêtant à pénétrer l'intérieur d'un ovocyte à l'aide d'une pipette
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Un spermatozoïde s'apprêtant à pénétrer l'intérieur d'un ovocyte à l'aide d'une pipette

L'élément-clé de l'ovule qui permet au spermatozoïde de le reconnaître et de venir s'ancrer à lui, première étape de la fécondation, a été identifié au terme d'une dizaine d'années de recherche, selon des travaux publiés mercredi dans la revue scientifique Nature.

Cette découverte pourrait déboucher sur l'amélioration du traitement de l'infertilité ou le développement de nouveaux contraceptifs, estiment les chercheurs.

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Pour qu'il y ait fécondation, il faut que l'ovule et le spermatozoïde s'amarrent l'un à l'autre.

Cette reconnaissance réciproque et leur capacité à s'attacher l'un à l'autre, premier pas vers leur fusion et la formation de l'embryon, dépendent de la présence de protéines et de leur interaction.

Des chercheurs japonais avaient découvert en 2005, la protéine en jeu chez le spermatozoïde, baptisée Izumo (par allusion à un sanctuaire japonais célébrant le mariage), mais son pendant sur l'ovule restait un mystère. Il vient d'être levé.

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En effet, des chercheurs du Wellcome Trust Sanger (Grande-Bretagne) font état de la découverte de la protéine située sur la membrane de l'ovule, qu'ils ont surnommée Junon (Juno en Anglais), du nom de la déesse de la fertilité.

Les souris mâles, dont le sperme n'est pas porteur d'Izumo, sont infertiles.

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Les souris femelles dénuées de la protéine-récepteur Junon sont également stériles, leurs ovules déficientes étant incapables de fusionner avec du sperme normal pour former un oeuf, selon l'étude de Gavin Wright et ses collègues.

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Les observations indiquent que l'interaction entre Junon et Izumo est essentielle à la fécondation normale chez les mammifères.

Les chercheurs suggèrent en outre que la protéine Junon, qui disparaît rapidement après l'ancrage, joue un rôle dans le blocage qui prévient la fusion avec un spermatozoïde supplémentaire.

"Comme d'autres avancées en biologie, cette découverte soulève des questions et crée des nouvelles pistes", relève un spécialiste, Paul Wassarman (Mount Sinai Medical School, New York) dans un éditorial de la revue. Il souligne qu'il reste à déterminer la part éventuelle du défaut de fonctionnement de la protéine dans l'infertilité féminine.

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Izumo s'est révéle un bon candidat pour le développement d'un vaccin contraceptif, d'après lui. Mais, ajoute-t-il, la connaissance détaillée de la structure en trois dimensions du complexe formé par Junon et Izumo faciliterait la mise au point de petites molécules susceptibles d'empêcher leur attachement dans un but contraceptif.

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Publié le Jeudi 17 Avril 2014 : 0h53
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