"Je me sentais invincible": une jeunesse secouée, après la mort de Julie A., 16 ans

"Là, ça fout un gros coup": le décès, à 16 ans, de Julie A., contaminée par le Covid-19, secoue une partie de la jeunesse française jusque-là épargnée par l'épidémie de coronavirus, réputé toucher principalement les personnes âgées ou vulnérables.
"Je me sentais invincible": une jeunesse secouée, après la mort de Julie A., 16 ans

"Là, ça fout un gros coup": le décès, à 16 ans, de Julie A., contaminée par le Covid-19, secoue une partie de la jeunesse française jusque-là épargnée par l'épidémie de coronavirus, réputé toucher principalement les personnes âgées ou vulnérables.

"Avant, je me disais, nous on est jeunes! Il n'y a que les vieux qui peuvent en mourir: je me sentais invincible", raconte Emma Tubery, 20 ans, proche de la sœur de Julie.

La mort de Julie, qui venait chez elle dans sa maison de banlieue pour jouer avec sa petite sœur, lui a "remis les idées en place", avoue-t-elle.

Maintenant, la jeune étudiante parle de "prise de conscience", "du bien de tous" et même des recommandations sur le confinement d'Emmanuel Macron.

Au milieu de la nuit, entre mardi et mercredi, Julie, 16 ans, originaire de l'Essonne en banlieue parisienne, est morte du coronavirus dans un hôpital parisien, faisant d'elle la plus jeune victime française de la pandémie.

Parti d'une simple toux, l'état de santé de la jeune lycéenne s'est dégradé en l'espace de quelques jours.

"Je sais que ce n'est pas une maladie comme une autre", dit Nolwenn, 17 ans, qui vit dans la banlieue rouennaise.

Observant le compteur du nombre de morts s'emballer jour après jour, la jeune fille refuse l'idée d'avoir peur mais respecte strictement le confinement depuis quinze jours.

De son côté, Jean-Lou à Bordeaux, se dit "serein" face au virus en ce qui le concerne. Juste peut-être, un drôle d'état d'esprit: "Je ne sais pas comment le virus peut m'attaquer et comment mon corps peut réagir, c'est un sentiment bizarre", décrit le lycéen de 17 ans.

La préoccupation du jeune homme est surtout de ne pas être un porteur sain du virus et risquer de contaminer les membres de sa famille.

Mais cette inquiétude est loin de dépasser la petite angoisse liée aux épreuves du bac qui, à cause de l'épidémie et de la fermeture de tous les établissements scolaires, pourraient être repoussées ou modifiées.

- "Pas grand'-chose" -

Pour une autre partie de la jeunesse, en revanche, c'est encore l'insouciance qui l'emporte sur les principes de précaution.

"Je ne risque pas grand-chose, je suis jeune", maintient obstinément Titouan, 16 ans, qui habite à Saint-Lunaire en Bretagne.

Entre deux cours en ligne, il continue le footing, les balades avec son chien.

"Moi, je n'arrive pas à me sentir directement menacé. Comment se sentir concerné par une maladie à 18 ans ?", interroge Côme, en terminale à Rouen.

Inquiet en revanche pour ses parents et ses grands-parents, il respecte "à la lettre" le confinement et n'a de contact physique "avec personne".

Selon le dernier bilan vendredi, la pandémie du nouveau coronavirus a tué plus de 25.000 personnes dans le monde, 1.696 en France.

Au moins, 547.034 cas d'infection ont été officiellement diagnostiqués depuis fin décembre.

Vendredi, les autorités ont mis en garde contre la vague extrêmement élevée" qui "déferle sur la France". Le confinement a été prolongé jusqu'au 15 avril.

"Ce virus, c'est pas à truc à prendre la légère", met en garde Emma.

avec
Publié le Vendredi 27 Mars 2020 : 23h58