Devant une clinique d'Alabama, face-à-face tendu entre pro et anti-avortement

Publié le 21 Mai 2019 par afp medecine
Margaux Hartline, une Américaine défendant le droit à l'avortement, a vécu une semaine éprouvante mais elle continue à déployer son parapluie afin de préserver l'anonymat des femmes venues se faire pratiquer une IVG dans une clinique ciblée par les conservateurs religieux dans l'Etat de l'Alabama.
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Un militant anti-avortement regarde une femme se préparant à recevoir une IVG, dont l'anonymat est préservé en étant escortée et cachée derrière un parapluie, dans une clinique à Montgomery, dans l'Etat de l'Alabama, le 20 mai 2019

Margaux Hartline, une Américaine défendant le droit à l'avortement, a vécu une semaine éprouvante mais elle continue à déployer son parapluie afin de préserver l'anonymat des femmes venues se faire pratiquer une IVG dans une clinique ciblée par les conservateurs religieux dans l'Etat de l'Alabama.

Depuis que cet Etat du sud-est des Etats-Unis a adopté la semaine dernière la loi anti-avortement la plus restrictive du pays, le "harcèlement" commis par les militants anti-IVG qui manifestent en face de la clinique a redoublé de vigueur, dit-elle.

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"C'est l'escalade et je suis très inquiète qu'il y ait bientôt plus de monde", dit la jeune femme de 25 ans.

Vêtue d'une veste aux couleurs arc-en-ciel, elle accompagne et protège avec son parapluie les femmes entre la "Power House", le QG d'une association de défense du droit à l'avortement, et la clinique située juste à côté, l'une des trois qui pratiquent encore les IVG dans l'Alabama.

L'avortement est l'un des sujets de société les plus sensibles aux Etats-Unis, où les militants pro et anti-IVG s'invectivent quotidiennement devant les établissements le pratiquant.

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Aux cris de "ne tue pas ton enfant", les "pro-vie" tentent de convaincre les femmes de ne pas avorter, une tactique considérée par les "pro-choix" comme agressive et qui use du harcèlement ou de l'humiliation.

"S'ils trouvent une information quelconque, comme un autocollant d'école sur votre voiture, ils feront tout pour vous identifier et ils appelleront votre école, votre église, votre famille, votre travail... Ils essaient de détruire la vie des gens", affirme Margaux Hartline.

- "Le bébé est innocent" -

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Mais pour Susan Decker-Bunce, 61 ans, qui manifeste devant la clinique, ce qui se passe à l'intérieur est un meurtre.

"Si vous regardez l'échographie, si vous entendez un battement de coeur, vous savez que c'est vivant", dit-elle à l'AFP.

"Si vous voyez que ça ressemble à un bébé, ce n'est pas seulement un tas de cellules. Vous voyez la tête, les bras, les jambes, les petits doigts de pied", continue la militante.

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La nouvelle loi adoptée par l'Alabama interdit la quasi-totalité des IVG, même en cas d'inceste ou de viol. Elle punit de 10 à 99 ans de prison les médecins pratiquant un avortement, sauf en cas d'urgence vitale pour la mère ou d'"anomalie létale" du foetus.

Le texte, qui entrera en vigueur en novembre, devrait être bloqué par les tribunaux après des recours d'associations de défense du droit à l'avortement.

Au-delà de cette bataille judiciaire, l'objectif des "pro-vie" est de faire revenir le sujet à la Cour suprême, en espérant que le temple du droit américain casse l'arrêt emblématique "Roe v. Wade", qui a légalisé l'avortement en 1973 dans tous les Etats-Unis.

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Mme Decker-Bunce défend cette nouvelle loi, estimant que "l'enfant est innocent". En cas d'inceste par exemple, "ce n'est pas de la faute de l'enfant, c'est celle du père violeur".

Entre les deux groupes, c'est un dialogue de sourds.

"Ils ne veulent rien entendre car ils sont obnubilés par des fausses informations médicales", dit Candace O'Brien, responsable de l'association Yellowhammer Fund, qui finance les frais - transport, logement... - pour les femmes se faisant pratiquer un avortement.

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"Ils disent qu'à trois semaines de grossesse, il y a déjà dix doigts, dix doigts de pied, mais le foetus ne se développe pas comme cela", explique-t-elle.

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Publié le Mardi 21 Mai 2019 : 17h48
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