Buzyn appelle à ne pas banaliser la consommation d'alcool

"On ne peut pas banaliser la consommation d'alcool", a réagi vendredi la ministre de la Santé Agnès Buzyn, après les déclarations de son homologue de l'Agriculture pour qui le vin n'est pas "un alcool comme les autres".

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"On ne peut pas banaliser la consommation d'alcool", a réagi vendredi la ministre de la Santé Agnès Buzyn, après les déclarations de son homologue de l'Agriculture pour qui le vin n'est pas "un alcool comme les autres".

"Si le vin fait partie de notre patrimoine, et qu'en cela on peut considérer qu'il n'est pas un alcool comme un autre et qu'il fait partie de la culture nationale, la molécule d'alcool contenue dans le vin est exactement la même que celle contenue dans n'importe quelle boisson alcoolisée", a dit Mme Buzyn sur Franceinfo, indiquant en avoir discuté avec son collègue.

Le ministre de l'Agriculture Didier Guillaume avait jugé sur BFMTV que le vin n'est pas "un alcool comme les autres". "L'addiction à l'alcool est dramatique (...) mais je n'ai jamais vu, malheureusement peut-être, un jeune qui sort de boîte de nuit et qui est saoul parce qu'il a bu du côtes-du-rhône", avait-il ajouté.

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Pour Agnès Buzyn, "on ne peut pas banaliser la consommation d'alcool, qui tue en France près de 50.000 personnes, et ce n'est pas que (du fait) des boissons alcoolisées fortes".

Interrogée sur le poids du lobby viticole, elle a estimé qu'"il y a du lobbying partout, et des intérêts partout, dans le monde du tabac, de l'alcool... Le devoir d'un politique est de décider ce qui est bon pour les Français, le seul intérêt est l'intérêt général".

A propos de la position même du président Emmanuel Macron, qui en marge du Salon de l'agriculture avait annoncé l'an dernier qu'il n'y aurait pas de durcissement de la loi Evin, "j'imagine qu'il fait un choix entre les intérêts de l'agriculture française et les intérêts de santé publique", a-t-elle répondu. "Ça ne m'empêchera pas d'informer les Français qu'il est nécessaire de réduire sa consommation d'alcool. L'alcool est, quel qu'il soit, la deuxième cause de mortalité en France".

Les propos de Didier Guillaume ont soulevé un tollé parmi les médecins, qui avaient déjà fortement critiqué le nouveau plan gouvernemental sur les addictions, dépourvu de mesures concrètes contre l'alcool.

Mme Buzyn a expliqué vendredi avoir pris des mesures en mars 2018, à destination des jeunes et des femmes enceintes.

avec
Publié le Vendredi 18 Janvier 2019 : 10h44

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