AVC: une prise en charge immédiate est indispensable

Publié le 24 Octobre 2013 par
La prise en charge immédiate des accidents vasculaires cérébraux (AVC) est indispensable pour réduire la mortalité et les handicaps liés à cette pathologie qui touche une personne toutes les 4 minutes en France, rappellent les spécialistes.
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Une ambulance au service des urgences de l'hôpital de Montauban

La prise en charge immédiate des accidents vasculaires cérébraux (AVC) est indispensable pour réduire la mortalité et les handicaps liés à cette pathologie qui touche une personne toutes les 4 minutes en France, rappellent les spécialistes.

"Chaque minute perdue, c'est deux millions de neurones détruits. La prise en charge doit intervenir idéalement dans les 90 minutes suivant l'AVC et au grand maximum dans les 4 heures et demie", souligne le Pr Thierry Moulin, président de la Société française Neuro Vasculaire (SFNV) avant la Journée mondiale des AVC (World Stroke Day) le 29 octobre.

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Avec 150.000 personnes touchées chaque année et 62.000 décès dans les 6 mois qui suivent, l'AVC est la 3e cause de mortalité chez les Français - la première chez les femmes - et la seconde cause de démence après la maladie d'Alzheimer. Il touche surtout les personnes âgées, même s'il peut survenir chez de jeunes adultes et exceptionnellement chez des enfants.

Pour les survivants, les séquelles peuvent être importantes et le risque de récidive élevé. "Plus de la moitié des 800.000 patients qui ont eu un AVC en France ont notamment des séquelles motrices ou intellectuelles et 40% souffrent de dépression", précise le Pr Mathieu Zuber, chef du service de neurologie à l'hôpital Saint-Joseph à Paris.

Longtemps négligée, la prise en charge s'est nettement améliorée depuis une dizaine d'années grâce aux progrès thérapeutiques mais surtout à la création d'un réseau d'unités neurovasculaires (UNV), spécialement dédiées à la prise en charge rapide des AVC et à la mise en place d'une rééducation cérébrale.

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Il en existe aujourd'hui plus de 120 à travers la France - sur les 140 à 150 prévues dans le plan AVC 2010-2014 - et elles ont déjà, selon le Pr Moulin, "fait preuve de leur efficacité en réduisant la mortalité et la dépendance d'environ 40%".

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Pour l'instant, déplore-t-il, seulement un AVC sur deux est traité dans ces structures performantes (contre un sur cinq il y a cinq ans), alors que l'objectif est d'accueillir 80 à 90% des cas à terme. Dans certains cas, un service d'urgence relié à une UNV par la télémédecine peut être amené à dispenser les premiers soins.

Reconnaître un AVC et appeler le 15

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Mais avant tout, la population doit apprendre à identifier un AVC et appeler d'urgence le 15 : parmi les symptômes les plus fréquents, le Pr Zuber cite la paralysie ou l'engourdissement d'un côté du corps, des troubles du langage, une diminution brutale de la vision d'un oeil, des vertiges ou des troubles de l'équilibre, plus rarement de fortes migraines.

L'AVC survient brutalement quand le circulation sanguine est interrompue par un caillot (AVC ischémique qui représente 80% des cas) ou par l'éclatement d'un vaisseau provoquant une hémorragie (20% des cas).

Le traitement de référence de l'AVC ischémique est depuis une dizaine d'années la thrombolyse intraveineuse consistant à injecter un médicament capable de désagréger le caillot.

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Son efficacité a été prouvée scientifiquement, mais elle reste peu efficace sur les grosses artères, comme les carotides et comporte un risque hémorragique non négligeable, ce qui la contre-indique par exemple chez les patients traités par des anti-coagulants, relève le Pr Zuber.

Elle doit de surcroît impérativement être pratiquée dans un délai de 4h30 après la survenue de l'attaque cérébrale.

Des essais sont en cours pour étudier l'intérêt d'une nouvelle technique, la thrombectomie mécanique qui consiste à introduire une sonde dans l'artère fémorale du patient (au niveau de l'aine) et d'amener un dispositif permettant d'ouvrir l'artère cérébrale obstruée.

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Selon le Pr Christophe Cognard, chef du service de neuroradiologie interventionnelle au CHU de Toulouse, cette méthode, déjà testée dans plusieurs hôpitaux, pourrait permettre de rouvrir 80% des artères bouchées, sans risque hémorragique, mais son efficacité n'a pas encore été prouvée par une grande étude scientifique.

Elle est pour l'instant réservée aux patients sur lesquels la thrombolyse est restée sans effet.

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Publié le Jeudi 24 Octobre 2013 : 7h40
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