Magasins U : rappel de fruits de mer contaminés par des norovirus

Les magasins U procèdent actuellement au rappel de coques, d’huîtres et de palourdes, potentiellement contaminées par des norovirus. Les eaux rejetées en mer seraient à l'origine de cette propagation.
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Avis aux amateurs de fruits de mer. Plusieurs types de coquillages, produits par la société Les Viviers de Saint Colomban et Keroman, et commercialisés dans les Magasins U, font actuellement l’objet d’un rappel. Ils seraient contaminés par des norovirus.

Coques, huîtres et palourdes sont concernées par ce rappel

Les produits incriminés sont des huîtres fines bretonnes, des coques d’élevage françaises, des coques pêchées en Atlantique et des palourdes d’élevage japonaises. Tous les lots compris entre 19…350 et 19…364 sont potentiellement contaminés, avec des dates de conditionnement allant du 16 au 31 décembre 2019. Ces fruits de mer portent l’estampille sanitaire FR 56.034.009 CE.

Des huîtres de Bretagne, commercialisées par la société Mytilimer Production, font également l'objet d'un rappel, pour contamination par des norovirus. Elles portent le numéro de lot 19122019 et l'estampille sanitaire FR 35.132.018 CE, et ont été conditionnées le 19 décembre 2019.

Il est recommandé aux personnes qui auraient acheté les produits mentionnés ci-dessus de ne pas les consommer et de les détruire, ou de les rapporter en magasin pour se faire rembourser. Pour plus d’information, vous pouvez contacter le Service Consommateur des Magasins U au 09.69.36.69.36 ; la société Les Viviers de Saint Colomban et Keroman au 02.97.52.26.66 ; ou l'entreprise Mytilimer au 0.801.800.820 (appel gratuit).

Des arrêtés dans sept zones en Bretagne

Pour faire face à ce problème, la préfecture d’Ille-et-Vilaine a mis en place quatre arrêtés danssept zones comprises entre le golfe du Morbihan et la baie du Mont Saint-Michel (Manche). Ils font état de “cas humains groupés” d'intoxications suite à la consommation d'huîtres.

Tous les coquillages en provenance des zones “sont donc interdits de pêche, de ramassage, d’expédition et de commercialisation, jusqu’à nouvel ordre ”, a indiqué dans un communiqué la préfecture d’Ille-et-Vilaine.

Les eaux rejetées en mer à l’origine de la propagation du virus

À l'origine de cette contamination, le Comité régional de conchyliculture (CRC) de Bretagne Sud dénonce la pollution de rejets côtiers et estime à 150 le nombre d’entreprises ostréicoles concernées dans le Morbihan, sur un total de 330.

L’assainissement “défaillant” des eaux rejetées en mer aurait transmis ce virus humain aux huîtres, qui ont absorbé l’eau contaminée.

Philippe Le Gal, président du CRC, confirme ces propos : “Les rejets ne sont pas toujours bien traités par les stations d’épuration et le virus se retrouve en milieu maritime, et ce, d’autant plus avec les pluies que nous avons eues”, explique-t-il.

Outre le problème écologique et les dégâts humains liés aux intoxications par les coquillages, les conséquences économiques seraient aussi dramatiques.

Renan Henry, un ostréiculteur du Morbihan, déplore cette perte financière à nos collègues de France info.

"Pour nous, ça se chiffre à plus de 150 000 euros de perte de chiffre d'affaires pour cette période. Et depuis le 31 décembre, c'est zéro chiffre d'affaires entré dans les caisses", déplore-t-il.

Vers une indemnisation des ostréiculteurs ?

Dans une pétition lancée le 1er janvier, “l’Alliance ostréicole” du Morbihan réclame une “indemnisation substantielle de tous les ostréiculteurs”, mettant en cause l’État, qu’elle accuse d’être “incapable de protéger le littoral”, mais aussi les collectivités.

“Les élus du Morbihan se gargarisent d’accueillir toujours plus d’habitants et de touristes, signant des permis de construire à tour de bras tout en oubliant de veiller à la gestion des rejets humains et de l’assainissement”, critiquent les ostréiculteurs.

Mais Patrice Faure, préfet du Morbihan, se veut rassurant. Il a assuré qu’il s’agit d’une “crise passagère” et qu’une rencontre est prévue au ministère de l'Agriculture afin de régler ce problème au plus vite.

L’objectif de cette réunion sera notamment de trouver un processus de décontamination rapide des huîtres et d’étudier les possibilités d’indemnisation des ostréiculteurs.

Un stockage des coquillages est également à l’étude pour permettre aux ostréiculteurs concernés par le virus de poursuivre leur activité en cas de crise.

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