Adénome de la prostate : des traitements permettent de préserver la sexualité

Au vu de sa fréquence, l'hypertrophie bénigne de la prostate (ou adénome) et ses symptômes parfois gênants poussent les urologues à mettre en place de nouveaux traitements qui altèrent moins la qualité de vie des patients et notamment leur sexualité. Lors de la conférence de presse organisée le 21 novembre 2018 à Paris dans le cadre du 112ème congrès français d'urologie et à laquelle Medisite a assisté, l'Association française d'urologie (AFU) a tenu à faire le point sur ces nouvelles pratiques qui visent à préserver l'éjaculation.
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Parce qu'elle affecte 2 millions de Français et que ses traitements dits classiques peuvent altérer grandement la qualité de vie et notamment la sexualité, l'hypertrophie bénigne de la prostate (aussi connue sous le nom d'adénome) incite les urologues à penser de nouvelles pratiques pour permettre une prise en charge individualisée avec un but précis : préserver l'éjaculation. C'est le point sur lequel a insisté l'Association française d'urologie (AFU), lors d'une conférence de presse donnée le 21 novembre 2018 à Paris dans le cadre du 112ème congrès français d'urologie.

Adénome de la prostate : "La perte d'éjaculation après chirurgie ne doit plus être considérée comme inévitable"

Cette pathologie qui correspond à l'augmentation du volume et à la perte de souplesse de la prostate est une évolution naturelle qui peut en effet s'avérer gênante chez certains individus de par les symptômes qu'elle entraîne (troubles urinaires). Si la prise de médicaments et la chirurgie sont considérées comme les traitements de référence, leurs conséquences sur la libido, l'érection, l'orgasme et plus particulièrement l'éjaculation sont réelles : "la sexualité de chaque patient doit impérativement faire partie de cette prise en charge personnalisée, indique l'AFU. La perte de l'éjaculation après chirurgie ne doit plus être considérée comme inévitable."

Des traitements mini-invasifs pour préserver l'éjaculation...

Car celle-ci "était quasi systématique avant", assurent les professeurs Alexandre de la Taille, Aurélien Descazeaud et Grégoire Robert, en charge du rapport 2018 de l'AFU intitulé "L'hypertrophie bénigne de la prostate : vers une prise en charge personnalisée". "Mais maintenant, des solutions existent pour la garder." Ces solutions consistent en des traitements mini-invasifs et moins délétères sur les fonctions sexuelles que la chirurgie endoscopique classique (résection endoscopique de la prostate). Parmi elles, on trouve :

  • l'Urolift, qui consiste en la pose d'un implant intra-prostatique ;
  • la thermothérapie par Rezum, qui "consiste à échauffer une partie de la glande au moyen d'aiguilles plantées dans la prostate", explique l'AFU. L'intervention est pratiquée en ambulatoire et dure une dizaine de minutes ;
  • l'aquablation (AquaBeam), qui est une "technique robot-assistée" réalisée sous anesthésie générale, visant à "détruire le tissu prostatique avec un microjet d'eau à haute pression". Elle est actuellement en cours d'évaluation ;
  • l'embolisation des artères prostatiques, qui consiste à injecter des microbilles pour boucher les artères de la prostate et ainsi faire diminuer son volume. Cette technique est également en train d'être évaluée.

... mais les résultats ne sont que temporaires

C'est dès le diagnostic et en fonction de la sévérité de la condition du patient que les praticiens personnalisent la prise en charge et tranchent sur le traitement qui sera le plus approprié. Mais ces pratiques récentes ont leurs limites car leurs résultats s'avèrent temporaires : "si elles soulagent efficacement les symptômes, il faudra néanmoins prévoir 5, 10 ou 15 ans plus tard, une nouvelle opération pour réduire le volume de la prostate", assure l'AFU. Il n'en reste pas moins que le traitement contraignant qu'est la chirurgie "régresse", concluent les professeurs : seulement un patient sur dix devra y recourir.

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Source : "Hypertrophie bénigne de la prostate : vers un traitement personnalisé". Conférence de presse donnée par les Prs Alexandre de la Taille, Aurélien Descazeaud et Grégoire Robert dans le cadre du 112ème congrès français d'urologie, qui s'est déroulé à Paris du 21 au 24 novembre 2018 et organisé par l'Association française d'urologie (AFU).
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