Un homme finit amputé des jambes et des doigts après un simple examen de la prostate

Un homme de 57 ans a perdu ses jambes et ses doigts à la suite d’un simple contrôle de la prostate, raconte Nice-Matin, le 24 janvier 2019. Voici son histoire.

Publicité

Arrivé à la clinique Saint-Antoine à Nice, le 21 novembre 2016 pour un simple examen de la prostate, Sassi Ayeb 57 ans n’avait encore aucune idée du cauchemar qui l’attendait, relate Nice-Matin, jeudi 24 janvier 2019. Trois jours après son contrôle, le niçois est victime d’une terrible fièvre. En décembre, le conducteur de travaux décide d’aller dans un autre établissement médical, à l’hôpital de l’Archet 2 de Nice. Le constat est sans appel pour les médecins, le patient a contracté une bactérie : klebsiella pneumoniae, multi résistante aux antibiotiques et à l’origine de maladies nosocomiales (infection contractée dans un établissement de santé).

Publicité
Publicité

Résultat : en juillet 2017, il se fait amputer des jambes et des doigts. Après des mois de rééducation, il a réappris à marcher avec des prothèses. Mais n’a pas réappris à vivre.

"On se joue de nous c’est inhumain !"

L’affaire qui n’a pas encore été jugée sur le fond, a tout de même condamnée la clinique Saint-Antoine en octobre 2018 à payer immédiatement au patient la somme de 57 000 euros. Interrogé par Nice-Matin, l’établissement médical se défend et indique détenir "une certification A par la haute autorité de santé et un score Icalin de 100 % [qui] évalue les moyens mis en œuvre pour prévenir les infections nosocomiales".

Aujourd’hui s emploi, sans ressources, sans toit, sa souffrance ne s’arrête pas déclare-t-il au journal niçois : "Chaque minute, chaque seconde, je sens mes pieds comme s’ils étaient toujours là et puis je me souviens que je ne les ai plus. Je ne dors plus, je ne respire presque plus…"

Son avocat, Maître Pierre Chami est en colère contre la clinique qui refuse de signer les papiers nécessaires afin de dédommager son client : "On se joue de nous c’est inhumain ! Ils ne se rendent pas compte de l’urgence. Chaque jour compte : il faut que mon client mange, il faut aussi qu’il puisse payer un expert pour la suite de la procédure. Sans délai !"

La clinique de son côté, a communiqué à Nice-Matin être touchée par "la situation dramatique de M. Ayeb" et comprend que "le juge lui ait alloué une provision de 57 000 euros car lui-même a été ému par son cas. Cette somme est sur le point de lui être réglée, bien évidemment ! Nous ne faisons rien pour retarder le processus. Le jugement ayant été signifié le 16 janvier 2019, nous sommes encore dans des délais raisonnables !"

Peut-on éviter une maladie nosocomiale ?

D’après des travaux de Santé Publique France, un patient hospitalisé sur vingt (5 %) contracte une infection dans l’établissement où il est soigné. Ce chiffre représente 750 000 infections par an ; 4 000 décès leur sont attribués chaque année en France.

Les infections urinaires sont les plus fréquentes (30 %), suivies des pneumonies (16,7 %). Trois bactéries sont à l’origine de plus de la moitié des cas d’infections nosocomiales : Escherichia coli, Staphylococcus aureus et Pseudomonas aeruginosa.

Le service de réanimation, où de nombreux gestes invasifs sont effectués (intubations, sondes urinaires…), est le plus touché avec une prévalence moyenne de 23 % de patients infectés.

A contrario, le service le moins touché est l’obstétrique (0,8 %).

Il existe aussi des facteurs de prédisposition personnels : immunodépression, âge, chimiothérapie…

Recevez toute l'actualité chaque jour GRATUITEMENT !

X