Plus de doute, Androcur® et ses génériques favorisent la tumeur cérébrale

Publié le 13 Juin 2019 par Emmanuelle Jung, journaliste santé
L’Ansm vient de le confirmer dans un communiqué : Androcur®, traitement hormonal, et ses génériques sont bien associés à un risque de méningiome. Une fiche d’informations devra être remise par les prescripteurs à leurs patients.
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Plus de doute, Androcur® et ses génériques favorisent la tumeur cérébrale© Istock

Depuis les années 80, Androcur®, mis au point par le Laboratoire Bayer, était prescrit à des patients victimes d’hyperpilosité, dacné ou encore pour atténuer les effets secondaires du cancer de la prostate. Sur la sellette depuis fin 2018, l’acétate de cyprotérone, commercialisé sous le nom Androcur®, a de quoi inquiéter : ce traitement hormonal multiplierait le risque de méningiomes, tumeurs cérébrales.

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Depuis cette découverte l’Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé (Ansm) poursuit ses actions pour renforcer la prise de conscience des patients et de l’ensemble de la population. "Des courriers d’informations sont actuellement adressés aux professionnels de santé et aux patients ayant respectivement prescrit et reçu Androcur® ou ses génériques au cours des derniers 24 mois, afin de les inciter à se rencontrer pour échanger sur le risque et les suites à donner à leur traitement", détaille l’Ansm.

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Une attestation obligatoire signée par le patient et son médecin

Face au risque important de méningiomes, la délivrance de ces médicaments en pharmacie devra obligatoirement impliquer la présentation d’une attestation d’informations signée par le patient et le médecin prescripteur à compter du 1er juillet prochain. L’Ansm et l’Assurance Maladie incitent par ailleurs, les professionnels de santé à réévaluer constamment le bien-fondé de la prescription et à respecter les modalités de surveillance de leurs patients sur le plan clinique.

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Les patients traités à l’Androcur® peuvent bénéficier d’un examen clinique

"Ainsi, dès le 1er juillet 2019, pour tout patient qui débute un traitement, ou avant le 1er janvier 2020 pour tout patient en cours de traitement, le médecin devra obligatoirement informer du risque de méningiome et évaluer le bien-fondé de la prescription", poursuit l’Ansm. En outre, le généraliste devra systématiquement prescrire une IRM cérébrale aux patients qui débutent ou qui se trouvent en cours de traitement.

"Les patients qui ont été traités par le passé et qui ne le sont plus actuellement peuvent consulter un médecin afin qu’il réalise un examen clinique et juge de l’opportunité de leur prescrire une IRM", rassure l’Agence. Actuellement, cette dernière poursuit les investigations.

Méningiome : les signes révélateurs

Le méningiome est une tumeur bénigne du cerveau. Celle-ci se développe à partir des cellules méningothéliales de l’arachnoïde, soit les membranes qui enveloppent le cerveau et la moelle épinière. La Fédération Française de Neurologie la décrit comme une lésion non cancéreuse, qui survient au sein de la boite crânienne. Si leur évolution est lente, les méningiomes peuvent être particulièrement agressifs.

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On distingue trois symptômes distincts : les céphalées (maux de tête) qui sont liées à la pression à l’intérieur de la boite crânienne, les crises d’épilepsie, liées à une irritation du cerveau par la tumeur et enfin, une altération du fonctionnement des neurones. Elle va se traduire par une paralysie, troubles de la parole, de l’équilibre ou encore de la vue. Ces signes doivent amener à consulter son médecin traitant.

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