Un premier cœur vivant transplanté au CHU de Lille

Pour la première fois en France, un cœur est transplanté en train de battre. Une technique, qui provient des Etats-Unis, et qui permet un gain de temps précieux, voire crucial, pour la vie des patients.
Un premier cœur vivant transplanté au CHU de LilleIstock

Une prouesse médicale réalisée au Centre hospitalier régional de Lille (CHRU). Les équipes du professeur André Vincentelli ont implanté des cœurs qui n’ont jamais cessé de battre à deux patients, rapporte le journal 20 Minutes.

Cette technique de transplantation avait déjà porté ses fruits aux USA et au Kazakhstan. "Nous avons utilisé une machine qui perfuse en sang oxygéné le cœur battant du donneur au cours de tout son transport", témoigne le professeur Vincentelli, chirurgien cardiaque. L’organe continue alors de travailler comme s’il appartenait toujours à une personne en vie.

Un gain de temps de 2 heures pour le transport

"Avec le mode de transport traditionnel en glacière, la limite théorique, en termes de temps de transport, était de 4 heures", précise le chirurgien. Mais en le transportant vivant, le cœur peut tenir plus de 6 heures.

Un gain de temps précieux pour les équipes médicales, qui sont ainsi en mesure de chercher des organes plus loin géographiquement parlant. "C’est pour cette raison que cette technique est utilisée dans des pays comme l’Australie ou encore les Etats-Unis. Les distances sont plus grandes", ajoute le professeur.

En disposant de plus de temps, les médecins peuvent envisager des transplantations avec des cœurs issus de tout le continent.

Un moyen de sauver de nombreuses vies en plus

En moyenne, en France, on compte deux receveurs pour un donneur. Utiliser cette nouvelle technique de transplantation pourrait considérablement changer la donne. "L’Angleterre a pu augmenter son nombre de transplantations cardiaques de 30 %", déclare le chirurgien.

Les médecins ont donc pu sauver un bon nombre de vies en plus. En outre, avec cette innovation, il est désormais possible de prélever des donneurs dont le cœur s’est arrêté de battre. Seul bémol : son coût exorbitant.

Cette machine nécessaire au transport du cœur est fabriquée aux USA et estimée à 30 000 € par trajet. Un montant auquel vous pouvez ajouter le déplacement en avion de l’équipe médicale chargée du prélèvement de l’organe.

Pour les deux patients Lillois transplantés, l’addition est revenue au budget innovation du CHRU. Hélas, avec une moyenne de 30 transplantations annuelles, tous les patients ne pourront pas en profiter.

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