Froid, pluie : le mauvais temps augmenterait le risque de crise cardiaque

Publié le 31 Octobre 2018 par Claire Ménage, journaliste santé
Une étude britannique montre que le froid et la pluie augmenteraient les risques de crises cardiaques.
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© Adobe StockLe mauvais temps serait à l’origine de l’augmentation de crises cardiaques. C’est ce que rapporte le journal britannique The Guardian, le 24 octobre 2018. L’Université de Lund (Suède) a suivi près de 274 000 Suédois ayant subi une attaque cardiaque entre 1998 et 2003 et étudié les données météorologiques disponibles. "L'incidence des crises cardiaques augmentait avec la température de l'air plus basse, la pression atmosphérique moins élevée, la vitesse du vent plus élevée et la durée d'ensoleillement plus courte. L'association la plus prononcée a été observée pour la température de l'air" ont expliqué les auteurs de l'étude. Pour le Professeur de cardiologie et responsable de l'étude, David Erlinge, s’il est possible de connaître ce qui déclenche les crises cardiaques, il sera possible de mieux s'en protéger.

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Des risques plus élevés quand les températures sont négatives

Les incidents cardiaques étaient plus élevés lorsque la température de l’air été en dessous de zéro. Dès que les températures sont montées à 3 et 4 degrés, les risques étaient largement moins importants. La cause viendrait d’un blocage au niveau d’une artère coronaire principale (vaisseau sanguin qui alimente le cœur). D’après les chercheurs de l’étude, "le temps froid pourrait provoquer un rétrécissement des artères et exercer une pression supplémentaire sur le cœur. Le temps froid et venteux entraîne une contraction des vaisseaux sanguins dans la peau afin de conserver l'énergie et la température. Cela augmente la charge de travail du cœur et le risque de crise cardiaque".

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Plusieurs autres explications entrent également dans ce résultat comme le comportement des personnes lorsqu’il fait froid : si elles changent d’alimentation, de rythme sportif ; ou bien les risques d’infections respiratoires plus présentent telles que la grippe par exemple. Pour le Dr Erlinge, il est primordial de prendre en compte les données nationales sur la pollution de l’air qui a eu un impact conséquent sur la structure cardiaque. "Nous avons examiné les données sur la pollution de l'air dans les trois grandes villes suédoises chaque jour pendant les 16 ans", a-t-il précisé.

Rester attentif aux changements climatiques

"Au Royaume-Uni, il y a plus de 100 000 crises cardiaques par an. Les crises cardiaques représentent donc un fardeau majeur pour la santé publique et la population. Tout ce qui peut être fait pour y remédier doit être bon", explique dans un entretien pour The Guardian, Chris Gale, professeur de médecine cardiovasculaire à l'Université de Leeds (Royaume-Uni). Il est persuadé que si notre corps n’est pas prêt à subir des températures basses, l’impact pourrait être grave sur la santé cardiaque. Il conseille d’être attentif sur les changements de températures qui vont être de plus en plus extrêmes et donc de bien se couvrir. D’autres études menées sur le sujet ont permis de confirmer qu’en hiver les risques de crises cardiaques étaient plus élevés. De nouvelles données de scientifiques, publiées dans le journal Jama Cardiology montrent qu’il est nécessaire de poursuivre les recherches afin de "déterminer si la réduction de l'exposition au froid due au fait de rester à l'intérieur et/ou de porter des vêtements chauds pourrait réduire le risque de crise cardiaque".

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