BPCO : prendre des benzodiazépines augmenterait le risque de suicide

Une récente étude révèle un lien entre l'usage à long terme des benzodiazépines et un risque accru de suicide chez les patients souffrant de bronchopneumopathie chronique obstructive (BPCO) associée à un trouble de stress post-traumatique (TPST).

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© IstockEn France, on estime qu'1,7 millions de personnes seraient atteintes d'une bronchopneumopathie chronique obstructive (BPCO), une maladie inflammatoire des bronches entraînée dans 80% des cas par le tabac. Parce que les symptômes sont gênants et difficiles à vivre au quotidien (dyspnée ou essoufflement, toux, expectorations), il n'est pas rare que les patients développent de l'anxiété. Un lien qui ne serait pas à négliger, car selon des chercheurs américains, la prise de benzodiazépines sur le long terme pour lutter contre les états anxieux chez les patients souffrant de BPCO et de trouble de stress post-traumatique (TSPT) augmenterait leurs risques de suicide.

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BPCO et benzodiazépines : un risque de suicide doublé

L'étude a été publiée le 12 octobre 2018 dans la revue Annals of the American Thoracic Society. Elle a porté sur 44 555 personnes souffrant de BPCO et de TSPT et ayant reçu des soins de santé entre 2010 et 2012. Parmi elles, 23,6% ont reçu un traitement à base de benzodiazépines sur le long terme (plus de 90 jours) pour calmer leur état anxieux. Une prescription relativement fréquente dans ce contexte, la BPCO entraînant essoufflement, insomnie et donc anxiété. Mais après avoir analysé leur profil (antécédents médicaux et psychiatriques, usage des médicaments, etc.), les chercheurs ont observé que l'usage à long terme des benzodiazépines chez cette population doublait quasiment leurs risques de mort par suicide.

Benzodiazépines : un rapport bénéfice/risque controversé

A noter que l'usage des benzodiazépines est déjà controversé car ils exacerberaient les symptômes de la BPCO, favoriseraient les comportements autodestructeurs et augmenteraient les risques de démence. Le Dr Donovan, directeur de l'étude, explique en ce sens que "l'usage des benzodiazépines chez les patients qui ont un risque accru de comorbidités est un éternel dilème pour les patients et les cliniciens. Comprendre les risques des benzodiazépines est difficile car les symptômes qui entraînent leur utilisation, notamment l'anxiété et l'essoufflement, sont eux-mêmes liés à de pauvres résultats."

Des observations qui sont donc à interpréter avec prudence. Le Dr Donovan note toutefois que "bien que l'usage sur le long terme de benzodiazépine chez les patients souffrant de BPCO et de TSPT ne soit pas lié à la mortalité globale, le lien avec le suicide est préoccupant. Plus de recherches sont nécessaires pour mieux comprendre ce lien avec le suicide, mais pour le moment nous conseillons aux cliniciens de reconsidérer la prescription des benzodiazépines aux patients qui présentent déjà un risque accru d'autodestruction."

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