Vos yeux pourraient révéler si vous avez la maladie de Parkinson ou non

Une récente étude a démontré qu'une rétine particulièrement fine serait un signe précoce de la maladie de Parkinson. Une découverte qui permettrait d'améliorer le diagnostic et la prise en charge de la maladie.

Publicité

© IstockSi l'on dit que le regard en dit long car il reflète les émotions, il pourrait également être l'indicateur d'une bonne ou d'une mauvaise santé. Dans une étude publiée le 15 août 2018 dans la revue Neurology®, des chercheurs de l'université de Séoul ont établi un lien entre l'épaisseur de la rétine (membrane interne de l'oeil) et la maladie de Parkinson : plus celle-ci est fine, plus il y a de risques de contracter la maladie de Parkinson à un stade sévère.

Affinement de la rétine : un symptôme précoce de la maladie de Parkinson et de sa gravité

Pour arriver à cette conclusion, les scientifiques ont comparé deux groupes : le premier était composé 49 personnes, âgées de 69 ans en moyenne, atteintes de la maladie de Parkinson mais n'ayant pas commencé de traitement. Le deuxième était constitué de 54 individus du même âge, non porteurs de la maladie. Les deux groupes se sont soumis à des examens oculaires complets ainsi qu'à un scanner oculaire haute résolution qui utilise des ondes lumineuses pour photographier chaque couche de la rétine. Parmi les participants malades, 28 ont également fait une tomographie par émission de positrons (méthode d'imagerie médicale) pour mesurer la densité des cellules cérébrales qui produisent la dopamine(neurotransmetteur). Or, on sait que chez les personnes souffrant de la maladie de Parkinson, ces cellules, qui aident à contrôler les mouvements, se détruisent petit à petit.

Publicité
Publicité

Le résultat fut sans appel : un affinement de la rétine pouvait incontestablement être observé chez les personnes malades. De plus, cet affinement correspondait à la perte de cellules cérébrales produisant la dopamine mais était également un indicateur de la gravité de la maladie. En effet, sur une échelle de 1 à 5 représentant le niveau d'handicap lié à la maladie, les personnes dont la rétine était la plus fine avaient un score moyen d'environ 2, tandis que celui des individus avec une rétine plus épaisse était d'environ 1,5.

Vers un meilleur diagnostic de la maladie de Parkinson ?

"Notre étude est la première à établir un lien entre l'affinement de la rétine et un signe connu de la progression de la maladie : la perte de cellules cérébrales qui produisent de la dopamine, explique Jee-Young Lee, l'un des auteurs de l'étude. Nous avons également observé que plus la rétine est fine, plus la maladie est sévère. Ces découvertes pourraient amener les neurologistes à faire un simple scanner oculaire pour détecter la maladie de Parkinson à un stade précoce, avant que les problèmes de mouvements ne commencent." Aujourd'hui, le diagnostic de la maladie repose sur l'administration d'un traitement dopaminergique quand les symptômes classiques sont déjà présents : si les symptômes du patient s’atténuent avec celui-ci, c'est qu'il s'agit bien d'une maladie de Parkinson.

Si les chercheurs semblent optimistes, ils concèdent tout de même que "de plus vastes études sont nécessaires pour confirmer nos résultats et déterminer pourquoi l'affinement de la rétine et la perte de cellules produisant de la dopamine sont liées. Si cela est confirmé, un scanner de la rétine pourrait non seulement permettre de traiter la maladie de Parkinson plus tôt mais également de surveiller plus précisément les traitements qui pourraient ralentir la progression de la maladie."

Qu'est-ce que la maladie de Parkinson ?

Selon l'Institut du Cerveau et de la Moelle épinière (ICM), la maladie de Parkinson toucherait plus de 150 000 personnes en France. Elle correspond à une affection neurodégénérative chronique qui entraine la mort d'un certain type de neurones. Elle se caractérise principalement par des troubles moteurs notamment une akinésie (lenteur des mouvements) et des tremblements, une fatigue intense, des troubles du sommeil ainsi que des troubles digestifs. Si l'on ne peut guérir de la maladie de Parkinson, des traitements existent pour freiner son évolution, qu'ils soient médicamenteux ou qu'ils constituent des prises en charge alternatives (kinésithérapie, orthophonie, ergothérapie, etc.).

 
La rédaction a sélectionné pour vous sur Amazon :

Recevez toute l'actualité chaque jour GRATUITEMENT !

X