Valsartan : une autre substance cancérigène décelée dans ce médicament

Après avoir fait l’objet de plusieurs rappels en Europe, le valsartan est désormais controversé aux Etats-Unis. Une nouvelle substance cancérigène vient d’être décelée dans plusieurs lots de ce médicament.

Le valsartan n’a pas fini de faire parler de lui. Cette molécule présente dans plusieurs médicaments contre l’insuffisance cardiaque et l’hypertension a fait l’objet de dizaines de rappels dans l’hexagone, depuis l’été 2018. En cause, la présence de substances cancérigènes dans certains de ces traitements.

L’histoire n’est pas finie. Si nous ne sommes pas à l’abri de nouveaux rappels de médicaments à base de valsartan en France, c’est maintenant aux Etats-Unis que la substance est controversée. La pharmacie en ligne Valisure a déclaré avoir découvert une autre substance potentiellement cancérigène dans des lots du médicament.

Une pharmacie américaine alerte contre une substance cancérigène présente dans des lots de valsartan

Valisure affirme tester tous les traitements vendus de manière indépendante, ce qui lui a permis de découvrir le problème. Dans une pétition citoyenne envoyée à la Food and Drugs Administration - l’Agence de santé américaine - la pharmacie explique avoir découvert des niveaux élevés de N-diméthylformamide (DMF) dans des lots spécifiques de médicaments à base de valsartan.

Le DMF est un solvant utilisé dans la fabrication de produits pharmaceutiques, et classé comme cancérigène probable pour l’homme par l’Organisation mondiale de la santé. Dans sa pétition, Valisure demande à la FDA de rappeler ces lots de valsartan. Une requête rejetée par l’agence de santé, qui considère que “les quantités de DMF rapportées sont plus de cent fois inférieures à celles déterminées par les normes internationales”.

Les tests de la pharmacie ont révélé des niveaux de DMF allant de 100 nanogrammes à plus de 80 000 nanogrammes par comprimé, alors que le niveau actuel autorisé est de 8,8 milligrammes par jour. Valisure demande également à la FDA de réduire ce seuil acceptable, de manière à s’aligner sur d’autres substances cancérigènes qui, elles, avaient fait l’objet d’un rappel.

En Europe, ce médicament pourrait faire grimper les taux de cancers

L’été dernier, l’Agence européenne du médicament (EMA) a déclaré dans un communiqué que le valsartan risquait d’augmenter le taux de cancers en Europe. Cette annonce faisait suite au rappel de plusieurs lots, à cause de la présence de N-nitrosodiméthylamine (NDMA) - substance également cancérogène.

Dès les premiers rappels, l’Agence nationale de sécurité du médicament (ANSM) a lancé une investigation pour connaître l’impact de cette impureté. Et les résultats sont inquiétants. L’EMA estime ainsi “qu’il pourrait y avoir un cas supplémentaire de cancer sur 5 000 patients prenant les médicaments touchés à la plus haute dose de valsartan (320 mg) chaque jour pendant sept ans”.

En revanche, il n’existe pas de risque immédiat pour les patients. Ces derniers ne doivent donc en aucun cas arrêter leur traitement sans avis médical, sous peine de mettre leur santé en danger. En cas de doute, n’hésitez pas à consulter votre médecin, qui pourra éventuellement vous prescrire un autre médicament. Pour plus d’informations, vous pouvez aussi appeler le numéro mis en place par l’ANSM : 0 800 97 14 03 (numéro vert).

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Source(s):

Another Carcinogen Found in Popular BP Meds, WebMD, 19 juin 2019.