Une pénurie de corticoïdes en France ?

Publié le 24 Mai 2019 par Pauline Capmas-Delarue, journaliste santé
Depuis le début du mois, le doute plane quant à un possible risque de pénurie de cortisone dans l’hexagone. L’ANSM se montre néanmoins rassurante.
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Dans un point d’information publié le 7 mai, l’Agence nationale de sécurité du médicament alertait sur un risque de pénurie de corticoïdes en France. Les laboratoires commercialisant des traitements à base de prednisone (Cortancyl®) et de prednisolone (Solupred®) l’ont avertie qu’ils rencontraient des problèmes d’approvisionnement, qui seraient dus à des retards de production.

La semaine suivante, l’Agence expliquait dans un communiqué qu’elle avait rencontré les industriels, afin de trouver des solutions à ce problème. Ces derniers “se sont engagés à procéder dans les meilleurs délais à des importations de spécialités équivalentes à base de prednisone, afin d’éviter toute rupture de stock”.

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En attendant que ces mesures soient mises en place, l’ANSM a émis quelques recommandations. A savoir, “limiter l’utilisation de ces spécialités aux situations où elles sont médicalement indispensables et sans alternatives”, et faire remonter les éventuelles difficultés rencontrées, relatives aux stocks de cortisone.

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Les médecins rhumatologues expriment leur mécontentement

Ce mardi, le Syndicat national des médecins rhumatologues exprimait son mécontentement dans un communiqué. “Le 31 juillet 2019, avec l’accord de l’Agence Nationale de Sécurité du Médicament, le laboratoire BMS retirera le Kénacort® 40 mg et 80 mg du commerce. Cette nouvelle consternante survient alors que le Diprostène®, commercialisé par le laboratoire MSD, est en rupture de stock et « serait » au mieux à nouveau distribué en juillet, voire en début d’année 2020…”

"Les corticoïdes, ce sont des médicaments qui ne coûtent rien”, souligne le Pr. Francis Berenbaum, chef du service de rhumatologie de l’Hôpital Saint-Antoine (Paris), au micro de France Info. “Les laboratoires qui les commercialisent n’ont pas un grand intérêt à investir pour qu’il y ait un suivi et un réapprovisionnement rapide de ces spécialités".

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L’ANSM promet un retour à la normale très rapide

L’ANSM a finalement réagi ce matin par le biais d’un nouveau point d’information. “Au vu des dernières informations transmises par les fabricants pour l’année 2019, le risque de pénurie est écarté”, précise-t-elle. Les laboratoires auraient, en effet, mobilisé un stock suffisamment important pour couvrir le besoin des patients.

“Il peut être encore difficile pour certains patients ou professionnels de santé de se procurer facilement des corticoïdes par voie orale ou injectable, le retour à une disponibilité normale de ces médicaments dans les pharmacies d’officine ou hospitalières est attendu d’ici la fin du mois de juin”.

L’Agence retire donc ses restrictions d’usage concernant les traitements à base de prednisone et de prednisolone. Elle précise que le Celestene® injectable est à nouveau disponible, et peut remplacer le Diprostene, qui n’est plus en stock depuis février.

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Un tableau de disponibilité des différents corticoïdes est disponible sur le site de l’ANSM. En attendant, elle assure qu’elle veille au grain, et rappelle aux fabricants leurs engagements… en espérant qu’ils les tiennent.

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