Rappel d’un lot de fentanyl pour risque de surdosage

Dans un communiqué du 23 janvier 2019, l’Agence nationale de sécurité du médicament (ANSM) annonce le rappel d’un lot de médicaments Fentanyl (Pecfent® 400) en pulvérisation nasale pour risque de surdosage.
Istock

L'agence nationale de sécurité du médicament (ANSM) a rappelé mercredi 23 janvier 2019 un lot de médicament, Pecfent® 400 pour pulvérisation nasale contenant du fentanyl, un puissant opiacé. Ce rappel a été effectué en France et dans plusieurs pays de l’union européenne pour cause d’un défaut de fermeture des flacons. Ce problème technique entrainerait des risques de surdosage, il est donc très important de prendre toutes les précautions nécessaires avant son utilisation.

Une détresse respiratoire allant jusqu'au décès

Le Pecfent 400® est indiqué pour traiter des accès de douleurs chroniques d’origines cancéreuses chez des patients adultes recevant déjà un traitement pour ce type de douleurs.

L’ANSM recommande aux patients de ne plus utiliser les médicaments Pecfent 400® microgrammes appartenant au lot 5430717 et de les rapporter à leur pharmacie pour échange. Selon le laboratoire Kyowa-Kirin, "ce défaut ne concerne, en France, que quelques-unes des 19 000 boîtes du lot 5430717 distribuées entre juillet 2018 et janvier 2019".

De plus l’ANSM, explique que "cette mesure de précaution est due au fait que le fentanyl, substance active du médicament est puissant analgésique, pouvant entraîner, en cas de surdosage, une toxicité importante et immédiate après la prise, dont l’effet majeur le plus grave est la dépression respiratoire". Même si aucun cas n’a été répertorié pour le moment, une détresse respiratoire pourrait potentiellement aller jusqu’à l’arrêt respiratoire et donc le décès du patient.

Opiacés : première cause de décès par overdose en France

Devenue la première cause de décès par overdose en France, les opiacés sont des médicaments permettant de lutter contre des douleurs plus ou moins intenses. Contenant des dérivés d’opium, aujourd’hui selon les chiffres révélés par le quotidien, "c’est plus de 500 décès chaque année et les traitements opiacés tuent davantage que l’héroïne et la méthadone réunies". Des résultats déjà édifiants en France mais qui restent loin derrière les Etats-Unis qui ont compté en 2017 près de 48 000 patients décédés à la suite de surdose d’antalgiques.

Après un entretien avec Médisite, Lisa Marsch, spécialiste des opiacés à la faculté de médecine de Dartmouth, dans le New Hampshire (Etats-Unis), pense qu'il s’agit d’une crise majeure des opiacés. D’après ses propos, "cette crise a cela d'original qu'elle est née, pour beaucoup, des bonnes intentions des médecins qui essayaient de mieux gérer la douleur. Au niveau national aussi, la conversation tournait beaucoup autour du traitement de la douleur et des opiacés comme solution-clé pour la maîtriser et les laboratoires pharmaceutiques se sont mis à inonder le marché de toute une variété d'opiacés. La situation actuelle est une réaction à la forte demande nationale que nous avons créée pour les opiacés.

Cet article vous a intéressé ?

Recevez encore plus d'infos santé, en vous abonnant à la quotidienne de Medisite.

Votre adresse mail est collectée par Medisite.fr pour vous permettre de recevoir nos actualités. En savoir plus.

Vidéo : 5 anti douleurs à bannir

Source(s):

Pecfent 400 microgrammes/pulvérisation, solution pour pulvérisation nasale - Laboratoires Kyowa Kirin Pharma - Rappel de lot, ANSM, 23 janvier 2019