Lexomil, Xanax, Stilnox… : gare à l’addiction !
Sommaire

Une réponse facile qui ne résout pas le problème

Lexomil, Xanax, Stilnox… : gare à l’addiction !© Istock

De la somnolence jusqu'au coma en cas de surdosage, les benzodiazépines doivent être consommés avec prudence. Leur association à diverses drogues ou à l’alcool aggrave la dangerosité respective de chacun de ces produits et induit des risques d'intoxication, de coma, voire même de décès par dépression respiratoire. "Ce sont les médicaments les plus impliqués dans les intoxications médicamenteuses volontaires et dans les tentatives de suicide en France", précise Maurice Dematteis.

Les benzodiazépines ne peuvent par ailleurs constituer un traitement à long terme en raison du phénomène d’accoutumance que génère leur usage chronique. "L'utilisation prolongée s'accompagne de phénomènes d'adaptation, d'habituation : c'est le phénomène de tolérance. Pour retrouver l'effet initial, cette tolérance incite l'usager à augmenter les doses et même à associer plusieurs benzodiazépines, ce qui, au final, aggrave la symptomatologie anxieuse et l'insomnie, et entraine la poursuite du traitement au long cours. Ces phénomènes contribuent au développement des conduites addictives. C'est le même processus avec les morphiniques ou l'alcool"», explique le chef de service.

Contre les troubles du sommeil, l’anxiété, le stress… les benzodiazépines sont une réponde facile, simple et rapide. "Ils permettant d'apaiser facilement une difficulté personnelle, professionnelle, pouvant donner l'impression qu'on peut se passer d'une prise en charge autre. Les bonnes règles d'hygiène de vie ou les approches psychothérapiques sont vécues comme plus contraignantes, moins disponibles, plus longues, plus chères, et nécessitant un engagement personnel…", commente le professionnel. Il est pourtant indispensable de traiter également les causes des symptômes car si les benzodiazépines diminuent l’anxiété, ils n’en traitent en aucun cas la cause.

Les médecins généralistes responsables ?

Lexomil, Xanax, Stilnox… : gare à l’addiction !© Istock

Selon les recommandations de la Haute autorité de santé, le traitement ne doit pas excéder douze semaines afin d’éviter ces phénomènes d’accoutumance, "pouvant conduire à des escalades de doses et à des conduites addictives avec perte du contrôle". Cette durée de douze semaines préconisée doit également permettre de travailler sur les causes des troubles et de se poser la question de la pertinence du traitement. "Il faut donc non seulement savoir prescrire les benzodiazépines mais aussi les déprescrire", tranche Maurice Dematteis.

Selon les chiffres de l’ANSM, près de 90 % des benzodiazépines sont prescrits par des médecins généralistes, en première ligne pour des motifs de consultation fréquents comme l'anxiété, les troubles du sommeil, les douleurs... "Face à ces tableaux cliniques d'une grande banalité, des temps de consultation courts et des patients en attente d'une réponse rapide, les benzodiazépines représentent une solution facile et peu chère. Mais un travail éducatif des soignants, des patients, et plus largement de la population est par contre indispensable". Le pharmacien a lui aussi un rôle important à jouer. "En voyant régulièrement le patient, il peut avoir un rôle de conseil et s'il suspecte une problématique addictive, il peut orienter les patients vers les dispositifs de prise en charge."

Pour Maurice Dematteis, il est important de peser les indications et d’établir un contrat thérapeutique avec le patient sur les objectifs du traitement, sa dose et sa durée. Le médecin doit aussi repérer les personnes à risque, susceptibles de développer une addiction, notamment en recherchant les antécédents personnels ou familiaux d'addiction ou de troubles psychiatriques. Ce n’est qu’en prenant toutes ces précautions, que ces médicaments pourront être consommés sans danger.

Aidez Unicef à venir en aide aux enfants démunis ! Découvrez le leg

mots-clés : Benzodiazépine
Cet article vous a intéressé ?

Recevez encore plus d'infos santé, en vous abonnant à la quotidienne de Medisite.

Votre adresse mail est collectée par Medisite.fr pour vous permettre de recevoir nos actualités. En savoir plus.