L’antispasmodique urinaire Betmiga® augmenterait le risque de maladies cardiovasculaires

Publié le 14 Mai 2019 par Pauline Capmas-Delarue, journaliste santé
Le mirabegron, indiqué dans le traitement de l’hyperactivité de la vessie, pourrait accélérer l’athérosclérose et favoriser l’apparition de maladies cardiovasculaires, selon une étude.
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Les antispasmodiques urinaires à base de mirabegron, commercialisés en France sous l’appellation Betmiga®, pourraient augmenter le risque de maladies cardiovasculaires, selon une étude suédoise publiée dans la revue Proceedings of the National Academy of Sciences (PNAS).

L’athérosclérose est une cause fréquente de crise cardiaque et d’AVC

Le miragrebon est une molécule utilisée pour traiter l’hyperactivité vésicale. Son action consiste à détendre les muscles de la vessie, par une stimulation du système nerveux. Les chercheurs du Karolinska Institutet ont observé une accélération de l’athérosclérose chez les souris avec ce médicament. Plus encore, leurs résultats suggèrent qu’il pourrait augmenter le risque de maladies cardiovasculaires et d’accident vasculaire cérébral chez l’homme.

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Le traitement a été administré à des souris dépourvues de certaines molécules servant à transporter le cholestérol dans le sang, et pouvant donc servir de modèle pour l’athérosclérose. Cette maladie se caractérise par un rétrécissement des artères, dû à l'apparition de plaques riches en graisses sur ses parois, et elle est une cause fréquente de crise cardiaque et d’AVC.

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Une croissance de la plaque d’athérosclérose et une hausse du mauvais cholestérol suite au traitement

Résultat : la prise de mirabegron a accéléré la croissance de la plaque d'athérosclérose, et diminué sa stabilité. En activant la graisse brune des cobayes (par un processus de lipolyse et de thermogénèse), ce médicament a aussi augmenté leur taux de lipoprotéines LDL, aussi appelées “mauvais cholestérol”.

“Nous associons ce médicament, via le mécanisme d’activation de la graisse brune, à l’athérosclérose et, par conséquent, au risque potentiellement plus élevé de maladie cardiovasculaire ou d’affections telles que les AVC qui affectent la circulation du sang dans le cerveau”, déclare le Pr. Yihai Cao, directeur de l’étude.

Des résultats transférables à l’homme ?

Bien sûr, ces résultats ont été observés sur des souris. Il est donc encore trop tôt pour affirmer qu’ils sont aussi vrais pour l’homme. Mais une récente étude a montré que le mirabegron pouvait aussi activer la graisse brune chez les humains. Les chercheurs estiment donc que les risques cardiovasculaires pourraient nous concerner aussi, et invitent à la prudence.

“Les patients atteints de maladie cardiovasculaire ou d’athérosclérose doivent être prudents lors de l’utilisation de ce médicament, car il pourrait accélérer la croissance de la plaque et la rendre moins stable”, prévient le Pr. Yihai Cao. “Les personnes qui présentent des mutations empêchant le corps de se débarrasser des LDL peuvent y être particulièrement sensibles, dans la mesure où ce médicament augmente le taux de LDL dans le sang”. Cette hypothèse doit toutefois être validée par des études cliniques réalisées sur l’homme.

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