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Anti-inflammatoires (ibuprofène, diclofénac) : à utiliser ponctuellement

Une étude publiée dans le British Medical Journal en juin 2005 suggère que la prise régulière d’anti-inflammatoires non-stéroïdiens (AINS), tels que l'ibuprofène ou le diclofénac, pourrait augmenter le risque d’infarctus de 24 %. Depuis, l’Agence de santé américaine a demandé l’ajout d’une mention des risques cardiovasculaires sur les médicaments de cette classe, à titre préventif.

A la même période, le Groupe européen de pharmacovigilance a engagé une évaluation des AINS. Néanmoins, celle-ci n’a pas pu mettre en évidence un sur-risque de maladies cardiaques dues à ces médicaments. L’Europe n’a donc pas modifié leurs autorisations de mise sur le marché.

Le Dr. Gérald Roul, cardiologue et professeur au CHU Strasbourg, membre de la Société Française de Cardiologie et de l’Alliance du Coeur, rappelle que l’étude de 2005 était d’ordre observationnelle. “Le problème avec ces études d’observation, c’est qu’on ne maîtrise pas tout, et elles ne permettent pas d’établir un lien de cause à effet”. Les auteurs de ces travaux reconnaissent eux-mêmes de possibles “biais méthodologiques”.

“Néanmoins, l’utilisation des anti-inflammatoires doit être encadrée”, souligne le professeur Roul, qui déplore leur accès en vente libre. "Le lien entre ces médicaments et le risque d’infarctus est possible, en particulier chez les patients les plus fragiles. Il faudrait le vérifie r par le biais d’une étude clinique spécifique. Aucun laboratoire ne voudra investir des millions dans des recherches qui pourraient générer un retour sur investissement nul, voire surtout négatif", ajoute-t-il.

Le cardiologue rappelle que “ces médicaments sont déjà interdits à l’emploi chez les insuffisants cardiaques”. Selon lui, “il faudrait supprimer la vente sans ordonnance des anti-inflammatoires, car ils sont dangereux”. Et mieux encadrer leur usage, avec “une utilisation très limitée dans le temps et en termes de dosage - ne serait-ce que pour ne pas abîmer ses reins”.

Une recommandation qui rejoint celle de l’Agence nationale de sécurité du médicament (ANSM), qui souligne que “le traitement doit être administré à la posologie minimale efficace, sur la durée la plus courte possible” et “tenir compte des risques liés à [son] utilisation, notamment digestif”. En 2018, une nouvelle étude britannique, plus spécifiquement axée sur le diclofénac, montre que cette molécule augmente l’incidence des événements cardiaques majeurs de 50 %...

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Sources

AINS et risque cardiovasculaire, ANSM, 15 juin 2005.

Protelos® : nouvelles restrictions d’indication et recommandations concernant la surveillance du traitement, ANSM, 24 mars 2014.

Increased Mortality after Dronedarone Therapy for Severe Heart Failure, NEJM, 19 juin 2008.

Viagra® : rappel du respect des contre indications et des précautions d’emploi, ANSM, 14 septembre 2001.

ZYBAN® : sevrage tabagique et sécurité d’emploi, ANSM, 18 janvier 2002. 

Merci au Dr Gérald Roul, cardiologue et professeur au CHU Strasbourg. 

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