Ces médicaments ont fait 10 300 morts depuis 2016

Publié le 11 Avril 2019 par Pauline Capmas-Delarue, journaliste santé
Le cap des 10 000 décès a été franchi au Canada. En cause : des overdoses liées à la prise d’opiacés, qui font des ravages depuis début 2016.
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Les autorités canadiennes tirent la sonnette d’alarme. En effet, plus de 10 300 morts ont été enregistrées dans le pays entre l’éclatement de la “crise des opiacés”, début 2016, et septembre 2018. Un taux de mortalité plus élevé que celui des accidents de la route.

“93 % de ces décès étaient non-intentionnels”

Les opiacés sont des drogues utilisées sous forme de médicaments analgésiques, tels que le fentanyl, la morphine ou encore l’héroïne thérapeutique, afin de soulager la douleur. Ils peuvent aussi provoquer une sensation d’euphorie, et entraînent souvent une forte dépendance. Depuis 2016, une crise associée à la surconsommation de ces antidouleurs sévit en Amérique du Nord.

Entre janvier et septembre 2018, “3 286 Canadiens ont perdu la vie à la suite de surdoses d’opioïdes présumées”, selon l’Agence de santé publique du Canada. 93 % de ces décès étaient non-intentionnels. Cent fois plus puissants que la morphine, “le fentanyl et des substances analogues sont encore largement responsables de cette crise”, précise la santé publique canadienne. Ils seraient à l’origine de 73 % des décès accidentels de 2018.

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Le gouvernement canadien tente d’enrayer la crise

Les personnes les plus touchées seraient les hommes, qui représentent trois-quart des victimes, principalement de jeunes adultes ou d’âge moyen. Et si cette épidémie d’overdoses a fait “des ravages partout dans le pays”, elle a particulièrement impacté l’Ouest canadien. On recense en effet 30 décès par 100 000 habitants en Colombie-Britannique, 19 en Alberta et 9,6 en Ontario.

Ces “nouvelles données [...] sont un rappel brutal de l'importance de poursuivre et d'amplifier nos efforts pour enrayer l'épidémie de surdoses d'opioïdes au Canada», a déclaré le Dr Theresa Tam, administratrice de la santé publique du pays. Le gouvernement canadien a déjà débloqué 350 millions de dollars depuis 2017, afin d’enrayer la crise, et propose d’investir 30,5 millions de dollars supplémentaires sur cinq ans.

Le fentanyl est arrivé en France en 2018

Aux Etats-Unis, le fentanyl avait déjà détrôné l’héroïne, en tant que drogue la plus meurtrière, avec 18 000 décès enregistrés rien qu’en 2016. Celle-ci avait notamment causé la mort des chanteurs Michael Jackson et Prince. Ce médicament est pourtant arrivé en France en 2018, vendu en pharmacie sur prescription médicale. Depuis, les opiacés sont devenus la première cause de décès par overdose dans l'hexagone. Le détournement de l'utilisation du fentanyl inquiète donc les autorités sanitaires et la police française, d’autant plus que la moindre erreur de dosage - au milligramme près - peut s’avérer fatale.

En janvier, Christophe Descoms, chef de la brigade des stupéfiants expliquait que deux types de publics étaient particulièrement vulnérables face à cette drogue. “Vous avez le consommateur qui a une addiction à la drogue et en particulier aux opiacés comme l'héroïne et qui, parce que ça coûte moins cher et que l'effet est beaucoup plus important, passe au fentanyl. La deuxième catégorie, ce sont des gens qui ont souffert de maladies provoquant des douleurs fortes, qui ont eu accès à de la morphine ou à des dérivés morphiniques et qui deviennent addicts à ce type de produits." Les autorités françaises restent donc sur le qui-vive.

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