Cancer de la peau : l’ANSM suspend la mise sur le marché du gel Picato

Ce gel prescrit pour traiter la kératose actinique, une maladie de la peau résultant d’une trop grande exposition aux rayons UV, augmenterait le risque de développer un cancer cutané.

Le Picato gel, couramment prescrit pour traiter la kératose actinique, est désormais interdit à la vente.

Un risque de cancer sur la zone où il a été appliqué

Le vendredi 17 janvier, l’Agence nationale du médicament et des produits de santé (ANSM) a annoncé que la Commission européenne suspendait "par mesure de précaution" l’autorisation de mise sur le marché du gel Picato.

Cette mesure radicale fait suite à la réévaluation du rapport bénéfice/risque de ce médicament, engagée au mois de septembre 2019.

Ce traitement contient en effet du mébutate d’ingénol, qui "fait l’objet d’une surveillance particulière sur un éventuel sur-risque de certains cancers cutanés, en particulier de carcinomes épidermoïdes, dans la zone traitée", alerte l’agence sanitaire.



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Dans l’attente des conclusions sur la réévaluation du Picato, l’ANSM souhaite donc mettre en garde la population : elle rappelle que la kératose actinique nécessite un contrôle dermatologique régulier.

Les kératoses - ces zones rugueuses de la peau que l’on observe chez les personnes qui ont été fortement exposées au soleil - peuvent en effet être elles-mêmes à l’origine de cancer cutané : elles évoluent lentement et sont sans gravité à condition d’être dépistées et traitées tôt grâce à une surveillance régulière.

Les résultats de plusieurs études confirment ce risque de cancer, en particulier de carcinomes épidermoïdes, chez les patients traités par mébutate d’ingénol. Les patients ayant des antécédents de cancers cutanés sont encore plus touchés.

Un carcinome épidermoïde en image :

Un carcinome épidermoïde en image :© Creative Commons

Auteur : Photographe/artiste inconnu. L'image est tombée dans le domaine public. Source : https://visualsonline.cancer.gov/details.cfm?imageid=2165. CC - Licence : https://commons.wikimedia.org/wiki/File:Squamous_Cell_Carcinoma.jpg.

Par mesure de précaution, l’ANSM demande aux médecins de ne plus prescrire ce traitement, aux pharmaciens de ne plus le délivrer et aux patients de ne plus l’utiliser.

En cas d’apparition de nouvelles lésions cutanées, d’excroissance ou de symptômes inhabituels, l’organisme recommande aux patients de consulter leur médecin.

Pas de conséquence à l’arrêt du traitement

Selon Alban Dhanani, directeur des médicaments en dermatologie à l’ANSM, l’arrêt du traitement n’a pas de conséquences. "Il s’agit d’un traitement court, de deux à trois jours, et l’arrêter n’a pas de conséquence. Il existe d’autres traitements locaux à mettre sur la peau (le 5-FU et l’imiquinod)", a-t-il expliqué à l’AFP.

Ceux qui l’ont utilisé dans le passé n’ont également pas à s’inquiéter, selon lui. Ces lésions nécessitent de consulter régulièrement son dermatologue ou son généraliste une fois par an.

La kératose actinique : qu’est-ce que c’est ?

La kératose actinique se traduit par une lésion rouge et croûteuse, rugueuse au toucher et située principalement dans une zone exposée au soleil. Elle est parfois plus palpable que visible. Elle peut être unique ou au contraire multiple.

En France, il s'agit d'une des premières causes de consultation chez le dermatologue. Son incidence double tous les 10 ans proportionnellement au vieillissement de la population.

Pour la soigner, il est fondamental de mettre en place une photoprotection efficace.

Celle-ci repose sur une protection efficace contre les rayonnements solaires par le port d'un chapeau, de vêtements adaptés (manches longues, pantalons, tissus anti-ultraviolets) et par l'utilisation de crèmes solaires bien appliquées.

La découverte de lésions de kératose actinique va être l'occasion de mettre en place un suivi régulier visant à dépister précocement un cancer cutané lié à l'excès d'ultraviolets.

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mots-clés : Lésions cutanées