Don de moelle osseuse : qui, quoi, comment, quels risques ?

Publié le 16 Mars 2018 par Laurène Levy, journaliste santé
Qui peut donner, comment se passe le prélèvement, est-ce que ça fait mal, quels sont les risques pour le donneur ? Le don de moelle osseuse souffre de nombreuses idées reçues. Il est pourtant simple à réaliser, comporte peu de risques et permet de sauver des vies. Voici ce qu’il faut savoir sur la greffe de moelle osseuse. 
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Don de moelle osseuse : qui, quoi, comment, quels risques ?© Adobe StockLe don du sang, le don d’organes, c’est assez clair. Mais le don de moelle osseuse, en quoi ça consiste vraiment ? Première confusion à éliminer : qui dit moelle osseuse ne dit pas moelle épinière. Oubliez donc tout de suite l’image d’une grande aiguille qui viendrait s’insérer dans votre colonne vertébrale, le don de moelle osseuse est le plus souvent indolore et se fait soit par un prélèvement sanguin, soit par un prélèvement dans l’os du bassin.

Trois conditions pour pouvoir donner sa moelle osseuse

Avant toute chose, pour faire don de votre moelle osseuse, vous devez remplir trois critères : avoir plus de 18 ans et moins de 51 ans au moment de l’inscription (mais vous pouvez donner votre moelle jusqu’à 60 ans), être en parfaite santé (pas de problème cardiaque ou respiratoire, pas d’hypertension, pas d’antécédents de cancers, pas de diabète, pas de surpoids important, pas de troubles circulatoires, pas de comportements sexuels à risque…) et accepter de répondre à un questionnaire de santé et de faire une prise de sang.

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Outre ces conditions, le don de moelle osseuse est régi par trois principes : l’anonymat du donneur et du receveur, le consentement à faire valider auprès du Tribunal de Grande Instance de son domicile et la gratuité (prise en charge de tous les frais médicaux et indemnisation de la perte de rémunération subie par le donneur pendant la période du don). Au 31 décembre 2017, le registre français des donneurs de moelle osseuse comptait 278 125 inscrits, répartis inégalement entre 35% d’hommes et 65% de femmes. L’objectif 2018 annoncé par l’Agence de la Biomédecine, qui régit les dons en France, est de recruter 20 000 nouveaux donneurs.

Une chance sur un million de trouver deux personnes compatibles entre elles

Une fois inscrit sur la liste des donneurs, vous serez contacté par un centre donneur lorsqu’un patient compatible avec vous aura besoin d’une greffe. Cela peut prendre du temps, car la probabilité de trouver deux individus compatibles entre eux (en dehors des frères et sœurs) n’est que d’une chance sur un million. Le prélèvement sera fixé un à trois mois plus tard et, trois semaines avant le don, vous passez un examen médical et des examens sanguins pour s’assurer de l’absence de contre-indications.

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Quand vous donnez votre moelle osseuse, vous donnez en réalité des cellules appelées cellules souches hématopoïétiques : ces cellules vont elles-mêmes produire les cellules sanguines à savoir les globules rouges, les globules blancs et les plaquettes, mais aussi les lymphocytes, des globules blancs particuliers qui jouent un rôle dans le système immunitaire. Les cellules souches hématopoïétiques sont présentes en grande quantité dans les os plats comme les os du bassin.

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Prise de sang ou prélèvement dans l’os du bassin

C’est pourquoi une des deux méthodes possibles de prélèvement est le prélèvement par ponction dans les os postérieurs du bassin. Cette action nécessite 48 heures d’hospitalisation : le donneur est placé sous anesthésie générale, et le prélèvement a lieu dans un bloc opératoire. Le second prélèvement est appelé prélèvement par aphérèse. Dans ce cas, le donneur reçoit quelques jours avant le don un médicament par injection qui va stimuler la production de cellules souches hématopoïétiques et les faire passer des os vers le sang. Le prélèvement aura alors lieu par voie sanguine, en une ou deux prises de quatre heures environ. A noter : ce n’est pas le donneur qui décide de la méthode de prélèvement, mais le médecin greffeur, selon les conditions exigées par l’état de santé du malade receveur.

Aucun risque de paralysie

Pendant le prélèvement, il n’existe pas de risque particulier pour le donneur en dehors des risques liés à toute anesthésie générale dans le cas de la méthode par ponction. En aucun cas le donneur court un risque de paralysie car la colonne vertébrale n’est jamais touchée et la santé du donneur n’est pas mise en danger car les cellules de la moelle osseuse se reconstituent rapidement. Certains donneurs comparent la sensation qui suit le prélèvement par ponction à un "gros bleu" et la sensation liée à la technique par aphérèse à des symptômes grippaux, mais ils ne sont pas systématiques.

Leucémie, anémie, aplasie médullaire… Le don de moelle osseuse sauve des vies

Une fois le prélèvement effectué, qui va recevoir ce don ? La moelle osseuse ne se conserve pas longtemps, elle est donc transférée du donneur au receveur dans un délai de 12 à 36 heures. La moelle osseuse contenant les cellules capables de se différencier en cellules sanguines, elle est d’un grand recours pour toutes les personnes souffrant d’une maladie du sang ou du système lymphatique. Un don de moelle osseuse pourra ainsi sauver la vie de patients atteints de leucémie (ou cancer du sang), d’aplasie médullaire (un arrêt du fonctionnement de la moelle osseuse), d’anémie de Fanconi (une maladie génétique entraînant une défaillance sévère de la moelle osseuse), de déficits immunitaires (par exemple les enfants-bulles), de drépanocytose (anomalie héréditaire des globules rouges) ou encore de bêta-thalassémie (déficience héréditaire de la fabrication de l’hémoglobine). Ainsi, en France, 193 donneurs ont été prélevés en 2017 et 999 patients ont déjà reçu une greffe de moelle osseuse grâce à un don anonyme.

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Et après ? Une fois le don de moelle osseuse effectué, vous aurez trois questionnaires à remplir : le jour du prélèvement, un mois après et un an plus tard. Le don est généralement unique, il n’existe que deux situations dans lesquelles vous pourrez donner votre moelle osseuse plusieurs fois : si l’état du malade nécessite un second don ou si un membre de votre famille avait besoin d’une greffe de moelle osseuse, sous réserve bien sûr que vous soyez compatibles.

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