Verrue plantaire : causes, traitements, prévention

Les verrues sont une affectation bénigne, causées par le "Human Papillomavirus" (HPV). Les verrues plantaires sont très fréquentes et n’entraînent jamais de complications graves. Le plus souvent, elles disparaissent d’elles-mêmes dans les deux ans. Mais si celles-ci persistent deviennent dérangeantes ou douloureuses, il existe des traitements pour s’en débarrasser facilement et des mesures de prévention pour éviter les récidives.

Définition

Les verrues sont une maladie de la peau bénigne, provoquée par le virus HPV (Human Papillomavirus). Elles n'entraînent jamais de complications importantes. « Il existe une centaine de virus HPV différents provoquant des verrues. En soi, ces virus sont bien plus fréquents que l’on ne le croit : 50% de la population en porte un. Mais certaines personnes vont développer des symptômes et d’autres non, on ne sait pas pourquoi  », explique le docteur Romain Troalen, médecin généraliste dans la région parisienne. Et d'ajouter : «  En réalité, on ne sait pas vraiment comment ce virus fonctionne, pourquoi certaines personnes ont des verrues à répétitions et d’autres n’en auront jamais ». 

Les verrues peuvent prendre des aspects différents en fonction de l’endroit où elles se déclarent. On en distingue ainsi quatre grandes sortes : vulgaires, plantaires, filiformes et planes. Pour les verrues plantaires spécifiquement, on en distingue deux familles : les verrues myrmécies, la ‘verrue typique’, en forme de bosse ronde, et les verrues mosaïques, plus plates.

« Les verrues se déclarent surtout chez les enfants, mais pour autant, elles ne sont pas rares chez les adultes », précise le médecin généraliste. « Si elles ont la réputation d’être extrêmement contagieuses, elles ne le sont pas tant que ça : toucher directement les lésions favorise la contagion, mais cela ne garantit pas que l’on aura une verrue à son tour », précise-t-il.

Photo : jeunes verrues plantaires

Photo : jeunes verrues plantaires© Creative Commons

Crédit : RaffiKojian — Travail personnel © CC - Licence : https://creativecommons.org/licenses/by-sa/3.0/

Chiffres

Environ 50% de la population est touchée par le HPV, mais seule la moitié environ développe des verrues. Cette prévalence est beaucoup plus importante chez les enfants, dont environ 50 à 70% auraient un jour eu une ou des verrues, dont 30% des verrues plantaires. « Néanmoins, il n’est pas indispensable de les traiter : les deux tiers environ des verrues disparaissent spontanément dans les deux ans », précise le médecin généraliste.

Symptômes

L’aspect de la verrue est différent selon son type. Chez les verrues plantaires, on en distingue deux types :

  • La verrue myrmécie, qui est la verrue ‘typique’. « Elle a un aspect rond, avec une papule en sorte de bosse ronde avec des petits points noirs (des spicules) ainsi que de tous petits pics qui la rendent rugueuse. Elle est le plus souvent unique et peut être parfois douloureuse à la marche », explique le médecin.
  • La verrue mosaïque, que l’on peut trouver au niveau des mains et des ongles en plus des pieds. « Visuellement, cela ressemble à des plaques de peaux épaissies, comme de la corne, avec de nombreuses petites légions superficielles et non douloureuses par-dessus », décrit le docteur.

Causes

Les verrues sont causées par les Papillomavirus cutanés, dont il existe plusieurs types : les HPV-1, 2, 3, 4, 5, 7, 8, 10, 27, 57, 60 et d’autres encore.

Les verrues plantaires surviennent après plusieurs mois d’incubation, ce qui fait que l’on peut avoir le virus en nous sans déclarer de symptômes, ou pas tout de suite.

À savoir : certains types de papillomavirus humain ne sont pas cutanés, mais muqueux (HPV-16, 17, 18…), et sont alors responsables de condylomes (ou verrues génitales), et peuvent entraîner le cancer du col de l’utérus chez la femme. Attention : le HPV cutané, lui n’entraîne pas de risque de cancer.

Photo : le  HPV vu au microscope électronique

Photo : le HPV vu au microscope électronique© Creative Commons

Crédit : Author: Unknown photographer/artist Source: Laboratory of Tumor Virus Biology — NIH-Visuals Online# AV-8610-3067 © CC/Domaine public - Licence : https://commons.wikimedia.org/wiki/File:Papilloma_Virus_(HPV)_EM.jpg

Facteurs de risques

  • L’apparition du virus est favorisée par le fait d’avoir la peau sèche, mordillée, ou abîmée, par exemple chez les travailleurs manuels.
  • Les milieux humides favorisent également la transmission, comme la piscine ou la transpiration des pieds pour les verrues plantaires.
  • Le contact répété avec le virus augmente aussi considérablement les chances de l’avoir, c’est pourquoi elles sont fréquentes dans les membres d’une même famille.
  • « On sait aussi qu’elles sont plus fréquentes dans le milieu rural et dans certaines professions, particulièrement celles qui travaillent avec de la viande de manière générale (dans un élevage, etc...) Pourtant, c’est un virus de l’humain, on ne sait donc pas pourquoi ce genre de professionnels sont plus touchés », relève le médecin.

Personnes à risque

Les enfants sont plus à risques de développer des verrues, sans que l’on ne sache précisément pourquoi. Les verrues sont également plus fréquentes chez les sujets immunodéprimés, « c’est-à-dire les personnes séropositives, atteintes du VIH, les personnes en traitement de chimiothérapie, mais aussi les personnes ayant subi une greffe du rein en raison des traitements immunosuppresseurs nécessaires à la greffe », explique le docteur.

Lorsqu’un patient dont aucune immunodépression n’est connue est atteint de multiples verrues, de symptômes qui ne guérissent pas ou à l’aspect étrange, un bilan immunitaire comportant la numération des globules blancs ou leucocytes et une sérologie VIH peuvent être prescrits.

Durée

On estime qu'environ 30 à 40% des verrues guérissent spontanément en six mois, et que 60 à 70% disparaissent en moins de deux ans. « C’est pourquoi, si la verrue n’est pas particulièrement gênante ou douloureuse, il est parfois plus simple d’attendre de voir si elle disparaît d’elle-même », précise le médecin généraliste.

Contagion

« On a l’image des verrues très contagieuses, mais en fait, elles ne le sont pas tellement, explique le docteur. Moi, en tant que médecin, j’en ai déjà touché des centaines, mais je n’en ai jamais eu !

"Certaines choses favorisent la contagion du virus, comme toucher directement les lésions. Cela augmente les chances d’attraper le HPV si on fait partie des 50% de gens qui ne l’ont pas, mais ça ne veut pas dire que la verrue va apparaître, puisqu’on peut avoir le virus sans les symptômes », rappelle-t-il.

Qui, quand consulter ?

Lorsque l’on a une verrue qui nous dérange, par exemple une verrue plantaire qui est douloureuse lors de la marche, il faut toujours consulter en priorité son médecin traitant. « Avant, comme tous les généralistes n’ont pas de l’azote liquide chez eux, on envoyait souvent les patients directement chez le dermatologue pour traiter une verrue. Mais maintenant que les kératolytiques (traitements qui décollent et éliminent la couche de kératine de la peau) sont arrivés, on peut proposer ce traitement aux patients sans avoir besoin de les envoyer chez les dermatologues », explique le docteur Romain Troalen. « Si la verrue récidive, qu’elle est particulièrement grosse, gênante ou douloureuse, alors pourra décider d’adresser tout de même le patient à un dermatologue ».

Complications

« Pour limiter les risques de surinfections, il ne faut pas toucher, gratter ou brûler soi-même la verrue », insiste le docteur Troalen. Bien évidemment, une hygiène rigoureuse est indispensable, pour éviter que la verrue se multiplie ou s’infecte : il faut se laver minutieusement les parties du corps soignées et les mains après avoir traité des lésions. Précision : le Papillomavirus cutané, donc responsable des verrues plantaires et vulgaires, n’entraîne pas de risque de cancer.

Diagnostic et analyses

Le diagnostic est, dans la très grande majorité des cas, clinique : le médecin va reconnaître la verrue. « Mais lorsque la verrue a un aspect étrange, qui pourrait faire penser à une verrue, mais sans que l’on soit sûr que s’en est une (par exemple si elle est très grosse ou saigne), il faut être plus attentif et éventuellement faire une biopsie », précise le médecin.

En effet, dans des cas très rares, certains cancers pourraient faire penser à une verrue, le médecin doit alors être attentif à certains détails . « Même si, attention, les verrues plantaires ou vulgaires ne deviennent jamais cancéreuses ! », rappelle-t-il.

Photo : nombreuses verrues plantaires

Photo : nombreuses verrues plantaires© Creative Commons

Crédit : Marionette — Travail personnel © CC - Licence : https://creativecommons.org/licenses/by-sa/3.0/

Traitements

« Le plus souvent, on n’a pas besoin de traiter : en quelques mois, les verrues plantaires guérissent toutes seules, sans rien faire », rappelle le docteur.

En effet, environ les deux tiers des verrues disparaissent toutes seules en deux ans, et un tiers environ en six mois. « Les traitements consistent à détruire symptomatiquement la verrue, et non à supprimer définitivement le virus : il sera encore présent ailleurs sur la peau », précise le médecin.

Il n’existe aucune recommandation de traitement, aucune technique n’a été prouvée comme meilleure qu’une autre.

Les méthodes physiques

  • Parmi les méthodes le plus pratiquées, on la cryothérapie, qui consiste à brûler la verrue à l’azote liquide. « On utilise soit un petit spray ou un bout de coton-tige et on le met sur la verrue, explique le docteur. Parfois, il faut recommencer plusieurs fois ». Cette méthode est très utilisée, car elle n’est pas dangereuse, peu coûteuse et très simple.
  • Le laser au gaz carbonique consiste à détruire la verrue grâce à un rayon laser. Mais cette technique étant assez chère et laissant des cicatrices une fois sur deux, elle est peu utilisée, souvent pour les verrues plantaires.
  • Le traitement chirurgical se fait sous anesthésie locale. On l’utilise uniquement pour les lésions pédiculées, « c’est-à-dire qui font comme des champignons. Heureusement, ces verrues se trouvent rarement sur les pieds », précise le médecin.
  • L’électrocoagulation consiste à utiliser un scalpel relié à l’électricité, « qui brûle en même temps que ça coupe la verrue. C’est la méthode la plus ancienne, mais presque plus personne ne n’utilise, car ça laisse des cicatrices et c’est douloureux », ajoute-t-il.

La kératolytique

La kératolytique, une préparation à base d'acide salicylique, est aujourd’hui recommandé par l’OMS. Elle s'applique quotidiennement sous un pansement occlusif, imperméable à l'eau et l'air. Il s’agit d’une méthode de guérison chimique, il faut donc la répéter plusieurs fois avant que le résultat soit optimal, ce qui peut prendre une dizaine de jours. « C'est depuis longtemps un traitement de référence, car tout se passe bien dans la très grande majorité des cas. Idéalement, on fait le traitement puis on retourne voir son médecin ou son dermatologue un moins plus tard pour vérifier que tout s’est bien passé », ajoute le docteur.

Les pistes de recherche

Il y a actuellement des pistes de recherches pour de nouveaux traitements contre les verrues : les immunomodulateurs par exemple. « Ce sont des traitements qui vont essayer de forcer le système immunitaire à se défendre donc le Papillomavirus, mais la recherche est difficile et présente des risques, explique le médecin. On pourrait aussi à faire un vaccin, mais est-ce vraiment utile contre une maladie bénigne ? » interroge le spécialiste.

Homéopathie, magnétismes : soignent-ils les verrues ?

Réponse du docteur Romain Troalen :

Je vois beaucoup de patients qui prennent de l’homéopathie ou qui vont chez un magnétiseur pour guérir une verrue, et m’assurent que cela a marché sur eux. On peut donc envisager ce type de traitement contre les verrues. Pour autant, il faut savoir qu’aucune étude n’a prouvé l’efficacité de ces techniques par rapport aux autres méthodes médicamenteuses : l’homéopathie, les magnétiseurs ou autres médecines alternatives n’ont jamais fait leurs preuves scientifiquement. Mais étant donné que presque la moitié des verrues disparaissent en six mois, et que ce virus n’est pas dangereux pour qui que ce soit, les patients peuvent utiliser la méthode de leur choix pour les traiter, puisqu’il n’y a de toute façon pas de danger. Simplement, ils doivent bien être informés que ces méthodes sont considérées comme alternatives.

Prévention

Il n’y a pas vraiment de méthodes pour éviter d’avoir des verrues, puisque certaines personnes y sont plus sujettes que d’autres sans que l’on sache pourquoi. Il y a simplement quelques gestes à connaître : les verrues étant favorisées par les peaux sèches, les peaux mortes et grignotées (par exemple chez les personnes qui se mordent la peau des doigts au niveau des ongles), il faut bien prendre soin de sa peau lorsqu’on est sujet aux verrues. Comme elles sont également favorisées par l’humidité, il faut penser à bien se sécher les pieds en sortant de la piscine, du bain ou de la douche. « Enfin, quand on a une verrue, il ne faut surtout pas la gratter ou de tenter de l’arracher soi-même, car cela peut créer des surinfections », insiste le docteur.

Sites d’informations et associations

Site de l'assurance maladie : https://www.ameli.fr/assure/sante/themes/verrues/consultation-traitements-verrues

Source(s):

Le site de l'assurance maladie sur la prévention des verrues : https://www.ameli.fr/assure/sante/themes/verrues/prevention (consulté le 22/11/19)

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