Atopie : définition terrain atopique, causes, traitements

Certifié par nos experts médicaux MedisiteL’atopie (ou terrain allergique) définit la prédisposition héréditaire qu’ont certaines personnes à développer une allergie. Symptômes, causes, prévention et traitements. Explications avec le Dr Anne-Christine Della Valle.
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Qu'est-ce que l'atopie ?

L’atopie ou terrain allergique définit la prédisposition héréditaire qu’ont certaines personnes à développer une allergie, laquelle correspond à une réaction excessive de l’organisme contre des substances étrangères, présentes dans l’environnement, dénommées allergènes.

Le mot "atopie" vient du grec, "a" sans et "topos" lieu : de quoi décrire une affection difficile à comprendre.

La réaction allergique n’apparaît pas immédiatement, mais après un ou plusieurs contacts avec l’allergène (sensibilisation). Elle se traduit par une fabrication en quantités anormales d’anticorps (immunoglobulines E) dirigés contre l’allergène.

La rencontre entre ces anticorps et les allergènes provoque la libération des substances aux effets inflammatoires comme l’histamine responsable des symptômes.

Photo : Eczéma

Qu'est-ce que l'atopie ?© Creative Commons

@ CC - Jambula - Licence : https://creativecommons.org/licenses/by-sa/3.0/

Est-ce une allergie fréquente ?

Le risque de voir se développer ces maladies est d’autant plus important que cette maladie apparaît brusquement et persiste dans le temps :

  • 40 % des enfants atteints de dermatite atopique (DA) développeront une allergie alimentaire ;
  • Les enfants souffrant d’une zém présentent un risque 6 fois plus élevé de développer une allergie alimentaire par rapport aux enfants dont la peau est intacte ;
  • 70 % des personnes ayant une DA sévère et 20 à 30 % des personnes ayant une DA légère développeront un asthme ;
  • Le risque d’asthme est plus de 2 fois supérieur chez les enfants souffrant de DA ;
  • 45 % des enfants ayant une DA développeront une rhinite allergique avant l’âge de 7 ans.

Quels sont les symptômes de l'atopie ?

Les manifestations allergiques sont très diverses : asthme, rhinite, conjonctivite, eczéma, urticaire, problèmes digestifs, œdème de Quincke

Les allergènes sont également très variés : poils d’animaux, venins d’insectes, acariens, moisissures, aliments. Une personne atopique l'est dans 70 % des cas contre plusieurs d’entre eux…

Pour en confirmer l’existence, un interrogatoire "policier" ne suffit cependant pas. Il faut démontrer que la personne est sensibilisée à l’allergène et, surtout, fait essentiel relier les signes cliniques avec cette sensibilisation. Des tests cutanés effectués chez un allergologue sont indispensables pour confirmer et identifier une allergie.

Photo : tests Cutanés 

 Photo : tests Cutanés© Creative Commons

Crédit : Wolfgang Ihloff — Travail personnel Licence : https://creativecommons.org/licenses/by-sa/4.0/

Quelles sont les causes ?

L’apparition d’une allergie est toujours la conséquence d’une interaction entre prédisposition génétique (atopie) et environnement.

Les travaux récents laissent penser qu’il pourrait exister, chez les sujets atopiques, un déséquilibre en faveur de certaines cellules de l’immunité intervenant dans la production d’anticorps de classe E, aux dépens d’autres cellules immunitaires aux effets anti-inflammatoires et anti-allergiques.

Ce déséquilibre immunitaire pourrait être favorisé par les meilleures conditions d’hygiène actuelles (nous sommes moins en contact avec les microbes), ce qui pourrait expliquer l’importante augmentation récente de fréquence de l’allergie dans les pays développés.

Quels sont les facteurs de risques ?

Les facteurs de risques sont multiples et de façon générale, les allergologues concordent à souligner le caractère à la fois héréditaire et environnemental du développement de syndromes atopiques.

Qui sont les personnes à risque ?

Entre 50 et 70 % des individus atteints ont un parent au premier degré qui l’est aussi. Si les deux parents sont atteints, le risque pour l’enfant de développer un eczéma allergique atteint 80 %.

Quelle est la durée de la réaction ?

L'affection apparaît généralement après l'âge de trois mois (parfois plus tôt) et peut durer, selon les enfants, de quelques mois à plusieurs années

Sans traitement approprié, le cercle vicieux du grattage s'installe : la barrière cutanée s'altère davantage, elle laisse ainsi pénétrer plus d'allergènes et agents irritants, provocant à leur tour de nouvelles démangeaisons.

Est-ce une maladie contagieuse ?

La dermatite atopique n’est pas contagieuse, mais le caractère héréditaire de la maladie a été révélée. Un terrain atopique peut être évoqué s'il existe des antécédents familiaux d’allergie, sous diverses formes. On peut avoir un terrain atopique, sans pour autant déclencher une allergie, il ne s’agit que d’une prédisposition.

Une allergie pourra être suspectée devant la répétition de symptômes : rhinite, réaction cutanée… se reproduisant dans les mêmes circonstances, présence de pollens, exposition à des produits professionnels…

Qui, quand consulter ?

Dès lors que des lésions cutanées d'eczéma apparaissent sur le visage et/ou les membres de votre nourrisson ou de votre enfant, il faut prendre rendez-vous chez son pédiatre ou son médecin traitant.

Quelles sont les complications ?

Les complications les plus répandues des dermatites atopiques sont les colonisations des lésions cutanées par le staphylocoque doré ou le virus de l’herpès.

Certaines atopies peuvent être liées à des retards de croissance et des complications ophtalmologiques : kérato-conjonctivites fréquentes, cataracte, détachement rétinien.

Cette maladie peut avoir un retentissement psychologique important, source de troubles du sommeil, d’irritabilité voire de syndrome dépressif.

Atopie : Quels sont les examens ?

Les tests consistent à appliquer sur la peau (en général de l’avant-bras) une goutte des différents allergènes suspectés (acariens, poils d’animaux, pollens, moisissures, éventuellement aliments), puis on effectue une petite égratignure (non douloureuse) à travers chaque goutte.

Le résultat apparaît en 10 à 15 minutes, sous la forme d’une papule (qui ressemble à une piqure d’ortie). La réaction disparaît après une heure et ne provoque pas de symptômes généraux. Ces tests, praticables dès le plus jeune âge, donnent un diagnostic fiable dans la grande majorité des cas.

On peut aussi :

  • Utiliser des tests de dépistage contre plusieurs allergènes (Phadiatop®), il s’agit d’un dépistage qui ne donne pas de diagnostic précis ;
  • Doser les anticorps (immunoglobulines E) fabriqués spécifiquement contre l’allergène suspect ;
  • Dans certains cas difficiles (allergies alimentaires) réintroduire prudemment l’allergène mis en cause (test de provocation) pour voir s’il est réellement à l’origine des symptômes.

Quels sont les traitements de l'atopie ?

Il n’y a pas de "traitement" du terrain atopique, puisqu’il s’agit d’une prédisposition. Ainsi, la première chose à faire est un bilan allergologique chez un allergologue, qui mettra en place les mesures préventives et les traitements nécessaires.

Lorsqu’on se sait allergique, le mieux est d’éviter au maximum les contacts avec un allergène connu, ou tout au moins d’en limiter l’importance, ces mesures ne doivent pas empêcher de mener une vie normale, de faire du sport, d’avoir des activités.

Les traitements sont souvent à prendre pendant une longue période, il est important de ne pas se décourager et de rester rigoureux avec les traitements, beaucoup de crises sont déclenchées par l’abandon des traitements.

  • Les médicaments antihistaminiques sont très efficaces sur la plupart des symptômes, surtout contre la rhinite et la conjonctivite, ils bloquent l’action inflammatoire de l’histamine ;
  • Des traitements corticoïdes sont souvent utiles, par voie locale le plus souvent (en spray nasal par exemple), parfois ponctuellement par voie générale en cas de crise sévère ;
  • L’asthme est traité par des traitements en général inhalés, qui dilatent les bronches et traitent l’inflammation bronchique.

En cas d’allergie déclarée, une désensibilisation pourra être réalisée en administrant régulièrement de petites quantités de l’allergène, soit sous la peau, soit comme on le fait de plus en plus fréquemment aujourd’hui par gouttes sous la langue : acariens, pollens de graminées, de bouleau et d’ambroisie.

Dans certaines allergies alimentaires du jeune enfant, l’école devra être avertie du risque, un PAI (protocole d’accueil individualisé) doit être établi en accord avec le médecin scolaire, l’équipe enseignante, les parents, et le médecin traitant, afin que l’enfant allergique ou asthmatique puisse avoir accès à ses traitements d’urgence en cas de besoin et respecter un éventuel régime en cas d’allergie alimentaire.

Les cures thermales sont-elles efficaces ?

Réponse du Dr Anne Christine Della Valle :

"Les cures thermales à Avène les Bains ou La Roche Posay ont prouvé leur efficacité sur la dermatite atopique de l’enfant."

Quelle est l'évolution de l'atopie ?

En l’absence de désensibilisation, l’allergie demeure en règle toute la vie. Mais l’intensité des réactions allergiques peut, pour des raisons mystérieuses, fluctuer au fil du temps.

Certaines maladies infantiles à composante atopique peuvent disparaître. Il peut arriver qu'elles soient suivies d'autres affections allergiques. Après un eczéma, une rhinite allergique puis un asthme peuvent, par exemple, apparaître.

Beaucoup d’allergies sont bénignes, mais certaines allergies alimentaires, médicamenteuses, ou au venin de guêpe ou d'abeille peuvent être graves, car elles peuvent induire un choc anaphylactique potentiellement mortel, mais les patients à risque sont heureusement de plus en plus souvent en possession d’une trousse d’urgence contenant de l’adrénaline.

Prévention

Il peut être utile de prendre certaines mesures préventives systématiques :

  • Éviter les acariens en chassant la poussière ;
  • Utiliser des produits peu allergisants pour la peau ;
  • Ne pas abuser du contact avec les animaux, etc.
  • Éviter les irritants : en limitant le contact direct avec la laine, les tissus rugueux ou les synthétiques.
  • Privilégier l'utilisation de tissus à fibre fine, de vêtements en coton ou en lin, considérés comme moins irritants ;
  • Avoir une hygiène adaptée :
    • Douches pas trop chaudes et de durée limitée sont à privilégier, mais il n’est bien sûr pas interdit de se faire plaisir de temps en temps avec un bain prolongé. Il est tout à fait possible, et même recommandé, de prendre un bain ou une douche pendant les poussées.
    • L'usage de produits de toilette adaptés (pains surgras, syndets) est conseillé. Les savons trop détergents et parfumés, les bains moussants qui peuvent être irritants ou mal tolérés sont à éviter.
    • Veillez à couper régulièrement les ongles notamment chez les enfants pour éviter les lésions de grattage et la surinfection des lésions cutanées.

Sites d’informations et associations

INSERM

Société française de dermatologie