Mal de dos chronique : un risque de décès accru chez les femmes ?

Une récente étude américaine a démontré que les femmes de plus de 65 ans souffrant de douleurs lombaires récurrentes avaient un risque augmenté de 24% de mourir précocément. Des chiffres qui s'expliqueraient par le handicap qu'entraînent ces maux de dos au quotidien.

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© IstockSelon l'Assurance Maladie, "quatre personnes sur cinq auront mal au dos au moins une fois au cours de leur vie". Aiguë ou chronique, la lombalgie peut s'avérer handicapante au quotidien et limiter considérablement nos mouvements. Mais les conséquences seraient d'autant plus préoccupantes chez les femmes âgées, puisque celles souffrant de douleurs de dos récurrentes auraient un risque accru de mourir précocément. C'est ce que révèle une étude américaine publiée le 22 octobre 2018 dans la revue Journal of General Internal Medicine.

Mal de dos chronique : un risque de décès précoce accru de 24% chez les femmes âgées

Pour arriver à cette conclusion, les chercheurs ont suivi pendant environ 14 ans 8321 femmes âgées de 65 ans et plus. Elles ont été classées en quatre groupes selon le niveau de douleur : aucune douleur de dos, des douleurs de dos non persistantes, des douleurs de dos persistantes occasionnelles ou des douleurs de dos persistantes fréquentes. Leur niveau de handicap les limitant dans la réalisation de leurs tâches quotidiennes a également été évalué.

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Au final, au cours de l'étude, 4975 femmes (soit 56% des participantes) sont décédées et ce nombre inclut plus de femmes qui avaient déclaré qu'elles souffraient de douleurs de dos persistantes fréquentes (65,8%) que celles qui avaient indiqué n'avoir jamais eu mal (53,5%). Les chercheurs ont donc calculé que les femmes qui signalaient avoir un mal de dos chronique voyaient leur risque de mourir précocément de toutes causes confondues augmenté de 24%. Par ailleurs, elles avaient également plus de chance de mourir d'un événement cardiovasculaire (34%) mais également d'un cancer (33%).

Mal de dos et mortalité : la sédentarité en cause dans la moitié des cas

Les chercheurs expliquent ces résultats par le fait que le mal de dos chronique limite de façon importante les activités quotidiennes des personnes qui en souffrent et particulièrement les personnes âgées, ce qui a des répercussions directes sur leur santé. En effet, la difficulté à préparer un repas ou à marcher sur une courte distance compterait pour 47% des effets des douleurs de dos persistantes et fréquentes sur la mortalité. Une sédentarité d'autant plus destructrice lorsqu'elle est vue comme un moyen de soulager le mal, comme l'explique Eric Roseen, auteur de l'étude : "Les douleurs de dos peuvent directement empêcher les activités quotidiennes, mais les seniors pourraient éviter ces dernières de façon inappropriée par peur de se refaire mal ou de faire empirer les symptômes. Le fait d'éviter ou de ne pas réussir à réaliser une activité quotidienne pourrait mener à la prise de poids, le développement ou la progression d'autres maladies chroniques et au final avancer le moment du décès."

Mal de dos : pour ne plus avoir mal, il faut bouger !

"Nos résultats soulèvent la question de savoir si une meilleure gestion des douleurs de dos tout au long de la vie ne pourrait pas permettre de prévenir l'infirmité, améliorer la qualité de vie et à terme augmenter l'espérance de vie", ajoute Eric Roseen. Et cette gestion de la douleur passe notamment par le mouvement : en effet, comme l'explique l'Assurance Maladie, "en l’absence d’activité, les muscles se relâchent et ne sont pas assez forts pour jouer leur rôle. [...] En cas de mal de dos, il est essentiel de maintenir ou reprendre rapidement une activité physique pour renforcer ses muscles et éviter que d’autres lombalgies ne surviennent" ou ne persistent. Sachant que "toute augmentation de l’activité physique, même minime, est bénéfique pour la santé et pour entretenir la musculature du dos".

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