Santé : 4 trucs à faire avant la retraite !

Examens médicaux, mutuelle, bilans sanguins, complémentaire santé… Vous partez bientôt à la retraite et ne savez pas comment l’anticiper d’un point de vue santé ? Medisite fait le point en compagnie du Dr Xavier Ballongue, médecin généraliste.
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Avoir un médecin traitant pour être mieux remboursé

Bien que cela paraisse évident, avoir un médecin traitant est très important, qui plus est lorsqu'on est à la retraite.

“Si l’on n’a pas de médecin traitant, on est moins bien remboursé”, prévient le Dr Ballongue.

En effet, un assuré a le droit de ne pas déclarer de médecin traitant mais lorsqu’il consulte un médecin, il est alors considéré comme étant hors du parcours de soins coordonnés, ce qui impacte ses remboursements de santé par l’Assurance maladie.

Concrètement, le taux de remboursement de la Sécurité sociale (BRSS) passe de 70 % à 30 % lorsque le patient est hors parcours de soins. Ce dernier est donc moins bien remboursé et peut avoir un reste à charge important.

Par ailleurs, “avoir un médecin traitant est important car il suivra de près votre santé et pourra donc effectuer des examens adaptés, en fonction de vos antécédents, de votre forme…”, ajoute le généraliste. À la clé, vous aurez donc des conseils personnalisés.

Pratiquer des examens réguliers

Chez le cardiologue

Avec l'âge, le cœur peut commencer à souffrir, mais sans se manifester. D'où l'intérêt de faire un bilan cardiaque.

"À partir de 50 ans, vous devez effectuer un bilan chez un cardiologue afin de vérifier que votre système cardiovasculaire est en bonne santé”, affirme le Dr Ballongue.

Un "test d’effort" pourra donc être réalisé chez le cardiologue. Il mesurera l'activité électrique du cœur pendant un exercice physique. Si cette activité présente des irrégularités, un dysfonctionnement du coeur peut en être à l'origine. La tension et le rythme sont également mesurés pendant tout l'exercice.

À la suite de cet examen - si vous n’avez pas d’antécédents familiaux, de facteurs de risque cardiovasculaires (tabac, alcool…) et/ou de problèmes particuliers - un examen cardiaque complet pourra être effectué tous les 5 ans.

Chez l’ophtalmo

Le risque de DMLA, première cause de malvoyance, augmente à la soixantaine, âge où débute aussi la cataracte, qui est une opacification partielle ou totale du cristallin entraînant une baisse de la vue.

Il faut également prévenir le risque de glaucome et de rétinopathie diabétique (liée au diabète et majorée par l’hypertension), deux causes potentielles de cécité chez les seniors.

Toutefois, “si vous n'avez pas de problème oculaire spécifique, je recommande d’aller chez l’ophtalmo une fois tous les 3 ans pour pratiquer un examen de routine”, conseille l’expert.

Chez le dentiste

L’état des dents impacte la santé globale. Or, des caries ou des gencives mal soignées sont sources d’infections et augmentent le risque cardiaque, ce qui devient problématique à l’âge de 60 ans.

Des dents manquantes peuvent aussi entraîner des douleurs articulaires, des migraines, de la dénutrition et même des chutes.

“C’est pourquoi il est important d’aller chez le dentiste au moins une fois par an”, souligne le médecin généraliste.

Chez le gynécologue

À l’approche de la retraite, il ne faut pas délaisser les visites chez le gynécologue. Celui-ci pourra réaliser un frottis (prélèvement indolore de cellules du col utérin qui sert à dépister les lésions précancéreuses), ou encore vous aider à aborder un problème sexuel, une incontinence urinaire…

“Pour toutes ces raisons, vous devez vous rendre chez votre gynécologue au moins une fois par an pour un examen de routine”, recommande le spécialiste avant d’ajouter “qu’une mammographie doit être effectuée tous les deux ans, tout comme le frottis”.

Chez le cancérologue

Bien que le cancer peut toucher un sujet à n’importe quel âge, certaines tumeurs cancéreuses se développent plus facilement à partir de la retraite.

Selon l’Institut national du cancer, chez l'homme, les cancers qui se développent le plus après 65 ans sont ceux de la prostate (34 060 nouveaux cas estimés en 2013), du poumon (20 214 nouveaux cas estimés en 2017) et du côlon-rectum (17 366 nouveaux cas estimés en 2017).

Chez la femme, les cancers les plus fréquents concernent celui du sein (50% des cancers du sein sont diagnostiqués entre 50 et 69 ans), du côlon- rectum (15 376 cas estimés en 2017) ou encore du poumon (9 328 cas estimés en 2017).

Pour prévenir ces cancers, il est intéressant d’effectuer des examens de dépistage.

Pour les hommes, dès l’âge de 50 ans et jusqu'à 74 ans, vous pouvez bénéficier d'un test de dépistage du cancer colorectalgratuit dans le cadre du programme national de dépistage organisé.

“Ce dépistage consiste à réaliser chez soi, tous les 2 ans, un test de recherche de sang caché dans les selles”, explique le Dr Ballongue.

Chez les femmes, se faire dépister est également gratuit dans le cadre du cancer du sein, si vous avez entre 50 et 74 ans.

Tous les 2 ans, vous recevrez un courrier d'invitation pour effectuer une mammographie de dépistage, accompagné d'un bon de prise en charge et de la liste des radiologues de votre département agréés dans le cadre du programme de prévention national.

Lors de la consultation, présentez le bon de prise en charge avec votre courrier d’invitation et votre carte Vitale. Vous n’aurez rien à payer, l’Assurance Maladie règlera directement le radiologue.

Faire un bilan sanguin

“A partir de 55-60 ans, vous devez pratiquer un bilan sanguintous les 3 ans”, préconise le généraliste.

Celui-ci permettra de poser ou de confirmer le diagnostic d’une maladie. Il peut ainsi mettre en lumière directement la cause d’une infection : virus et bactéries, parasites, champignons…

Les plus fréquemment pratiqués sont le bilan rénal, la numération formule sanguine (pour mesurer le taux de globules rouges, globules blancs, plaquettes...), le bilan hépatique (pour déterminer une affection du foie) et le bilan des graisses.

Le dosage du fer dans le sang est souvent demandé en cas d’anémie et les dosages hormonaux ne sont généralement pratiqués que si d’autres causes possibles - qui déterminent une pathologie - ont été écartées.

Retraite : comment choisir sa complémentaire santé ?

La mutuelle santé ou complémentaire santé vient compléter le remboursement de la sécurité sociale. Il est donc important d'en prendre une afin de minimiser les coûts engendrés par divers problèmes de santé.

Au travail, les salariés qui partent en retraite peuvent demander le maintien de leur couverture santé. Ainsi, ils peuvent continuent à bénéficier de la complémentaire santé collective. Toutefois, ils perdent la part prise en charge par l’employeur et subissent en même temps une majoration tarifaire.

C’est pourquoi le départ à la retraite est l'occasion de faire une analyse de ses besoins avec un professionnel et peut-être, de se tourner vers une mutuelle santé retraité individuelle.

Pour ce faire, certains organismes assureurs proposent des formules de mutuelles santé dédiées aux retraités. Ces offres peuvent comprendre des prestations de prévention ou d’assistance spécifiquement conçues pour les retraités. Par ailleurs, les organismes assureurs doivent accepter l’adhésion quelle que soit les conditions physiques des particuliers.

Le futur retraité doit donc se renseigner auprès de professionnels pour choisir la mutuelle santé présentant le meilleur rapport qualité-prix à la souscription mais également sur la durée.

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