Protections pour incontinence : l’Anses alerte sur les dangers

L’incontinence urinaire est un fléau qui concerne 3 millions de Français et qui s’accentue avec l’âge. Il se manifeste par des fuites urinaires pendant la journée ou la nuit. Les protections pour incontinence constituent à ce jour le principal recours. Comme les couches pour bébés, ces protections destinées aux adultes ont pour objectif d’absorber et de retenir les urines. Dans un rapport publié le 23 juin dernier, l’Anses met en garde contre les substances chimiques détectées au sein de ses protections.
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Les protections pour incontinence sont des dispositifs médicaux qui consistent à absorber et retenir les urines. Elles sont destinées aux personnes sujettes à l’incontinence urinaire. Les causes de ce phénomène sont multiples. Les changements hormonaux liés à la ménopause et la prise de poids favorisent les fuites urinaires dues à l’affaiblissement des muscles du plancher pelvien. Mais c’est aussi le cas pour la grossesse et l’accouchement.

En somme, 3 millions de Français souffrent d’incontinence urinaire et les deux tiers ont plus de 60 ans. La prévalence des troubles urinaire augmente en effet avec l'âge : environ 20 % des aînés de 80 ans et plus souffrent d'incontinence, contre 9 % au sein de la population générale. Et contrairement aux idées reçues, ce désagrément peut aussi concerner les hommes.

L'incontinence urinaire peut aussi résulter d'un dysfonctionnement musculaire : lésion du sphincter et/ou des autres muscles du périnée ou d'une anomalie neurologique affectant le sphincter et/ou la vessie.

Dernièrement, l’Anses (Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail) a publié un rapport mettant en garde contre les risques liés aux substances chimiques présentes dans les protections pour incontinence.

Protections pour incontinence : les experts ont identifié les dioxines, furanes et PCB-DL ainsi que le formaldéhyde

"Dans son expertise, l’Agence identifie des dépassements de seuils sanitaires pour plusieurs substances chimiques pour les personnes présentant des lésions de la peau et devant porter, sur le long terme, de telles protections", indique le rapport.

L’Anses a été saisi en 2018 par la DGCCRF (Direction générale de la santé et la Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes) afin d’évaluer les dangers potentiels des protections urinaires : risques d’allergie, d’infection ou d’intolérance et risques chimiques par contact cutané ou avec les muqueuses.

"Des essais menés sur quatre références commercialisées en 2017-2018 de protections pour incontinence lourde ont mis en évidence la présence de différentes substances chimiques dangereuses", relaye l’Anses.

Leurs experts ont identifié les dioxines, furanes et PCB-DL ainsi que le formaldéhyde. "Ces substances peuvent notamment migrer dans l’urine et entrer en contact prolongé avec la peau", déplore l’Agence.

"Au vu du dépassement des seuils sanitaires pour certaines des substances, l’expertise montre que le port de ces protections sur le long terme - durée de port continue supérieure à 1 an - peut entraîner un risque sanitaire pour les populations, âgées ou jeunes, souffrant de lésions de la peau au niveau du siège. Or, lorsque le port est prolongé ou quasiment continu, le risque d’apparition de telles lésions est accru".

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