Encoprésie chez l'enfant : définition, symptômes, traitements pour la soigner

Certifié par nos experts médicaux MedisiteL'encoprésie correspond à une émission de selles involontaire chez les enfants âgés de plus de 4 ans. Elle est due à un « trop plein » dans le rectum et survient généralement lorsque l’attention de l’enfant se relâche, au cours du jeu par exemple. Un traitement contre la constipation est presque systématiquement prescrit, associé à un suivi psychologique dans la plupart des cas. On fait le point avec le Docteur Cédrico Gomes, pédiatre.
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Définition : qu'est-ce que l'encoprésie ?

L’encoprésie, que l’on appelle aussi « souillage » se produit lorsqu’un enfant n’est pas en capacité de contrôler la défécation ou lorsque des pertes liquides sont associées à une constipation. L’émission de selles se produit dans les sous-vêtements ou à des endroits inhabituels (comme le sol de la maison). Ce trouble concerne les enfants âgés de plus de 4 ans.

On parle d’encoprésie uniquement si cette émission de selles involontaire se produit durant trois mois consécutifs, et s’observe en dehors de toute pathologie comme des diarrhées chroniques par exemple. "La situation la plus fréquemment rencontrée est la constipation avec incontinence par débordement. L'encoprésie par débordement, mais sans constipation, ni incontinence est plus rare", précise notre spécialiste.

Chiffres : l'encoprésie est-elle fréquente ?

L’encoprésie touche entre 1 et 4% des enfants de la population générale. Ce trouble est le plus souvent secondaire, c’est-à-dire qu’il survient après une période de continence fécale d'au moins un an. Sa fréquence est de l’ordre de 3% à 4 ans et 1,5% à 8 ans.

Encoprésie : quels sont ses symptômes ?

La constipation est un symptôme fréquemment associé à l’encoprésie. Le rythme des contractions intestinales est alors fortement perturbé, voire parfois inexistant. Une trop longue période de stagnation des selles peut entraîner la formation de fécalomes, une accumulation de matières fécales déshydratées et stagnante dans le rectum, qui constitue un obstacle supplémentaire à la défécation.

D’autres signes sont souvent présents :

  • Douleurs abdominales.
  • Ballonnements abdominaux.
  • Un léger déchirement de la muqueuse anale qui saigne parfois peut-être causé par les efforts d’exonération des selles.
  • Les exonérations normales faites aux toilettes sont rares, parfois moins d’une fois par mois.

Il n’est pas rare que l’encoprésie ait été précédée d’une constipation tenace pour laquelle divers traitements ont été prescrits. Enfin, ce trouble est la plupart du temps diurne.

Quelles sont les causes de l'encoprésie ?

Comme l’enfant se retient d’aller à la selle volontairement, son rectum se remplit de matières fécales et des fuites de selles se produisent par débordement involontaire. En cas d’encoprésie, l’évacuation est dite volontairement différée.

Au-delà d’un certain volume de selles dans le rectum, le sphincter anal va se décontracter de manière physiologique et c’est alors que les fuites fécales se produisent.

Les causes du souillage associent généralement une constipation et des facteurs psychologiques parmi lesquels on peut retrouver :

  • Une « socialisation » trop précoce de l’enfant. Ce dernier va d’autant plus retenir ses selles, à l’école par exemple. Une constipation fonctionnelle va se développer, elle-même à l’origine de l’encoprésie.
  • Des erreurs d’apprentissage de la propreté : mise au pot trop précoce, ou à l’inverse pas d’accompagnement dans cet apprentissage essentiel.
  • Carences affectives, difficultés dans le couple parental, traumatisme psychologique ou physique. Il faut bien noter que l’encoprésie est souvent une méthode de communication de l’enfant avec son entourage.
  • Des cas de fissure anale chez un enfant qui souffre de constipation passagère. Face à la douleur, il se retient d’aller à la selle jusqu’au débordement inopiné.
  • Dans de très rares cas, certaines maladies neurologiques ou spinales peuvent causer l’encoprésie : spina bifida (malformation liée à un défaut de fermeture du tube neural), certaines maladies inflammatoires, infection, malformations dans la région de l’anus, maladie de Hirschprung (anomalie de fonctionnement de la partie terminale de l’intestin)…

Tout l’enjeu ici est de rompre le cercle vicieux qui s’installe souvent autour de l’enfant encoprétique. En effet, ce trouble suscite généralement des sanctions familiales ou un rejet de l’entourage et des camarades d’école. Ce type de réactions peut aggraver le repli sur lui-même du sujet et aggraver par conséquent son trouble.

Photo : un apprentissage précoce de la propreté peut être à l'origine de l'encoprésie

Photo : un apprentissage précoce de la propreté peut être à l'origine de l'encoprésie© Istock

Encoprésie : quels sont ses facteurs de risque ?

Dans le cadre de l’encoprésie, les facteurs de risques peuvent être multiples :

  • Une alimentation pauvre en fibres ou une hydratation insuffisante qui favorisent la constipation.
  • Des troubles émotionnels, comportementaux ou psychologiques.
  • Un environnement insécurisant.
  • Certaines pathologies sous-jacentes dont la constipation est un des symptômes.

Encoprésie : quelles sont les personnes à risque ?

On note une prévalence chez les garçons entre l’âge de 6 et 10 ans.

Durée : combien de temps dure une encoprésie ?

La durée du trouble dépend généralement de son origine. L’encoprésie peut tout aussi bien se limiter à un épisode isolé, que durer plusieurs années notamment lorsqu’il est la conséquence de troubles psychologiques importants.

Contagion : l'encoprésie peut-elle s'attraper ?

Il n’existe aucun risque de contagion en cas d’encoprésie.

Encoprésie : qui, quand consulter ?

Le souillage est très souvent source de préoccupation pour les parents. Néanmoins, on ne parle d’encoprésie que si le phénomène se produit sur une période d’au moins trois mois consécutifs.

Dans ce cas, il est recommandé de consulter un pédiatre ou un médecin généraliste, notamment si votre enfant :

  • S ouille ses vêtements de manière persistante.
  • Commence à souiller ses vêtements après être devenu propre et avoir démontré qu’il était en capacité de contrôler ses intestins.

Encoprésie : quelles sont les complications ?

Le principal risque de complication d’une encoprésie mal traitée ou d’origine incomprise est qu’elle s’installe. Elle peut en effet être observée jusqu’à la puberté dans les cas les plus sévères.

Encoprésie : quels sont les examens et analyses nécessaires ?

Le plus souvent, le diagnostic est clinique. Une simple consultation permet d’éliminer les maladies graves et de poser le diagnostic de maladie fonctionnelle.

Lors de l’entretien, le médecin interrogera les parents sur la santé générale de l’enfant, sa place dans la fratrie, son environnement affectif et les conditions d’apprentissage de la propreté qui ont été les siennes.

En cas d’encoprésie, la consultation permet de poser un diagnostic, mais pas seulement. Elle a pour objectif d’éliminer tout autre cause d’incontinence qui pourraient nécessiter des traitements spécifiques.

Encoprésie : pourquoi un soutien psychologique peut-il est conseillé ?

Réponse du Docteur Cédrico Gomes :

"En cas d'encoprésie, un soutien psychologique peut être nécessaire pour aider l'enfant (et ses parents) à surmonter ce problème et ainsi faciliter la guérison".

Enfin, un examen de la région anale fait sur un enfant consentant permet d’éliminer toute malformation de la zone, ou d’observer une éventuelle fissure qui peut être cause d’encoprésie.

Quels sont les traitements de l'encoprésie ?

En première intention, le traitement de la constipation est indispensable. Il repose sur un régime alimentaire riche en fibres et une hydratation suffisante. Attention toutefois à ne pas proposer de régime trop strict à l’enfant, au risque de renforcer le conflit avec les parents.

Des laxatifs par voie orale sont presque systématiquement prescrits, parfois par doses importantes. "L'objectif ici est l'émission de selles régulières, sans douleur, et quotidiennement dans l'idéal ou tout du moins trois à quatre selles par semaine si la constipation était sévère" précise le Docteur Gomes. Il est essentiel de poursuivre le traitement sur plusieurs mois, voire, au-delà de la guérison car seule une prise en charge prolongée permet d’éviter significativement les rechutes. En revanche, les suppositoires et lavements sont évités, car ils peuvent être mal vécus par l’enfant, en particulier en présence de fécalomes.

Dans le même temps, on établit une routine en proposant régulièrement à l’enfant d’aller aux toilettes 5 minutes après chaque repas. Cela permet de rétablir progressivement le processus de défécation. Il est par ailleurs très important de réagir de façon positive lorsque l’enfant va à la selle.

Prévention : peut-on prévenir l'encoprésie ?

Au-delà des règles d’hygiène alimentaire, le comportement de l’entourage de l’enfant encoprétique est déterminant. L’enfant doit se sentir soutenu, encouragé pour que son anxiété baisse le cas échéant.

Humiliation et colère ne sont pas de bons moyens de prévenir le souillage. Punir l’enfant est une erreur fréquente qui n’aura finalement que des conséquences négatives sur le comportement du petit patient.

Sites d'informations et associations

Société Nationale Française de Colo-Proctologie

Association Réseau Réeducation en Pelvipérinéologie

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